Vanne de gaz © TF1/LCILa perspective d'une réouverture immédiate des vannes de gaz russe, espérée par l'Europe, a paru s'éloigner dimanche, la Russie invoquant des problèmes de procédure retardant le déploiement des observateurs chargés de surveiller le transit gazier, avant de réclamer une nouvelle rédaction de l'accord obtenu par la présidence tchèque de l'Union européenne. Tout paraissait pourtant bien engagé après la signature, arrachée de haute lutte par le représentant européen, d'un compromis pour le déploiement d'observateurs chargés de surveiller le transit gazier en Ukraine, condition essentielle à la reprise des livraisons de gaz russe à l'Europe.
Dans la nuit de samedi à dimanche le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce, Martin Riman, avait ainsi estimé que les livraisons de gaz vers l'Europe pourraient "reprendre dimanche si tout le monde travaille à 100%". Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, avait renchéri quelques heures plus tard en insistant sur l'urgence de "voir ce gaz circuler immédiatement vers l'UE". Mais aucun responsable russe ne s'était engagé sur la moindre date. Pire, le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov avait bientôt douché les espoirs en déclarant à la télévision russe que le travail des observateurs était "retardé", car la Russie n'a pas reçu "par les canaux officiels l'accord signé par toutes les parties".
800 millions de dollars de manque à gagner pour Gazprom ?
Vladimir Poutine n'a pas contribué à détendre l'atmosphère dimanche après-midi en chiffrant le manque à gagner pour Gazprom de l'arrêt des livraisons de gaz à l'Europe via l'Ukraine à environ 800 millions de dollars. Mais le regain de tension est venu de la déclaration de Dmitri Medvedev : le président russe a ordonné dimanche soir au gouvernement de ne pas appliquer l'accord pour le déploiement des observateurs chargés de vérifier que le transit du gaz se passe correctement. Motif : des contradictions relevées au sein du document par la Russie. "Nous sommes dans l'obligation de dire que le document signé n'est pas valable (...) et que nous ne l'appliquerons pas avant que ces clauses soient retirées ou annulées par l'Ukraine", a asséné le président Medvedev. Ce qui a été chose fait un peu plus tard dans la soirée, Kiev renonçant à l'ajout contesté par Moscou.
Trois observateurs européens, dont des représentants des groupes énergétiques français GDF-Suez et allemand E.ON Ruhrgas, sont arrivés entretemps depuis Kiev à la station de contrôle de Soudja, dans l'ouest de la Russie. Mais ils n'ont pu commencer leur travail immédiatement et ont fait état d'une certaine confusion sur place. D'autres équipes ont également été dépêchées depuis la capitale ukrainienne vers d'autres stations de contrôle, notamment à l'est et au sud de l'Ukraine. A ces retards s'ajoute le fait qu'une fois les vannes rouvertes, le gaz russe devrait mettre environ trois jours à parvenir jusqu'aux clients européens.
D'après agence
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