Angela Merkel © REUTERS/Jerry LampenLes partis de la coalition gouvernementale allemande CDU et SPD ont officiellement adopté un plan de relance historique de 50 milliards d'euros sur deux ans. Ce plan de relance économique, le plus important dans l'Histoire de l'Allemagne d'Après-guerre, comprendra des baisses d'impôt de 18 milliards d'euros pour les particuliers et pour les entreprises. Il vise à donner un coup de fouet à l'économie de la première puissance exportatrice mondiale menacée d'une grave récession alors que se profilent le élections législatives du 27 septembre. Les revenus les moins élevés vont voir leur taux d'imposition allégé de 15% à 14%, comme l'avait proposé le SPD, pourtant initialement farouchement opposé à toute baisse d'impôts. Une prime exceptionnelle de 100 euros par enfant va également être versée tandis que le taux de cotisation pour l'assurance maladie va diminuer de 0,6 point à 14,9%.
Ce plan prévoit également "un grand pacte pour l'investissement" de 17 à 18 milliards d'euros dans lequel seront impliqués l'Etat fédéral, les Etats régionaux et les communes. Ces investissements seront ciblés sur l'éducation, la formation et le développement des infrastructures dans les communes. Des mesures favorisant les embauches temporaires doivent également figurer dans ce vaste plan. Des aides au secteur automobile, fleuron de l'industrie allemande, vont également voir le jour sous forme de "prime à la casse" pour encourager l'achat de voitures neuves.
Première enveloppe insuffisante
"Défendre l'emploi est ce qui nous guide", a déclaré Angela Merkel mardi. L'adoption de ce plan "rend compte à la fois de la dimension de la crise, et de la détermination du gouvernement", a dit la chancelière conservatrice. L'objectif des partenaires de la "grande coalition" est d'adopter ce plan dès la semaine prochaine en conseil des ministres pour qu'il soit soumis aux deux chambres du Parlement d'ici la fin du mois ou début février. La CDU et le SPD, qui affronteront les urnes dans neuf mois lors d'élections où Angela Merkel fait figure de grande favorite, étaient tombés d'accord le 5 janvier sur le montant de cette enveloppe, soit 50 milliards d'euros, la deuxième après une première de 31 milliards d'euros adoptée en novembre.
Mais ils se disputaient sur la nature des nouvelles mesures à adopter pour soutenir l'économie, notamment sur la nécessité ou non d'accorder des baisses d'impôts. Pour les deux partis, il y avait urgence à s'entendre: le chômage est en effet reparti à la hausse en Allemagne en décembre et les commandes industrielles de la première puissance exportatrice du monde s'effondrent. La première économie de la zone euro est en outre menacée cette année de la pire récession depuis la guerre pouvant aller jusqu'à -3%, selon le ministère de l'Economie. La première enveloppe de mesures hétéroclites de relance mises en place en fin d'année dernière est depuis longtemps considérée comme insuffisante, en Allemagne comme à l'extérieur.
D'après agence
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