Premiers effets en France

Par D.H. (avec agence), le 06 janvier 2009 à 17h33 , mis à jour le 06 janvier 2009 à 22h49

Le bras de fer russo-ukrainien sur les prix du gaz frappe désormais la France. Les livraisons de gaz du Russe Gazprom ont baissé mardi "de plus de 70% en France", annonce GDF Suez.

[Expiré] Brûleur à gaz gazinière feu flamme cuisine © www.sxc.hu

L'Europe est désormais frappée de plein fouet par le bras de fer russo-ukrainien sur les prix du gaz. Pratiquement partout en Europe centrale, les livraisons de gaz russe via l'Ukraine ont chuté de manière draconienne. Parfois même, elles ont été totalement interrompues, comme en Hongrie. Quant à la France, qui disait n'être jusque là pas impactée, c'est chose faite. Le groupe énergétique GDF Suez a annoncé mardi dans l'après-midi que les livraisons de gaz naturel du géant gazier russe Gazprom avaient baissé "de plus de 70% en France" par rapport à la normale. Le gaz russe représente environ 15% de l'approvisionnement de GDF. "Toutes les mesures nécessaires sont prises pour assurer la continuité de fourniture de gaz naturel à l'ensemble des clients de GDF Suez en France et Europe", assure le groupe franco-belge.

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Le gestionnaire du réseau français de transport de gaz GRTgaz a assuré mardi soir que l'acheminement du gaz à destination des consommateurs était "normal", malgré cette baisse des livraisons russes. Pour rassurer encore, GDF Suez affirme avoir le "portefeuille d'approvisionnement le plus diversifié d'Europe avec neuf grandes sources", à savoir la Norvège, les Pays-Bas, l'Algérie, la Russie, l'Egypte, le Royaume-Uni, la Libye, le Nigeria, et Trinité-et-Tobago. GDF Suez reçoit en outre 20% de ses approvisionnements par bateau sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). Le groupe rappelle aussi avoir un "accès aux stockages" et "aux marchés de court terme", sans plus de précision. La France dispose de 6,4 milliards de m3 de stocks de gaz, selon l'Agence internationale de l'Energie. 

Réunion à Bruxelles jeudi
 
Sur le terrain des discussions, cela pourrait toutefois s'améliorer. La Russie va tenir des négociations avec ses partenaires européens sur le problème du gaz le 8 janvier à Bruxelles, a annoncé mardi soir le président du géant russe Gazprom, Alexeï Miller, lors d'une rencontre avec le Premier ministre russe, Vladimir Poutine. Et dans l'après-midi, Gazprom s'est déclaré prêt à reprendre les pourparlers avec l'Ukraine "à tout moment", selon le porte-parole du groupe contrôlé par l'Etat russe. Gazprom a réduit depuis le 1er janvier ses livraisons destinées aux consommateurs européens transitant par l'Ukraine en raison d'un différend avec Kiev. Les livraisons de gaz russe via l'Ukraine sont ainsi tombées mardi à seulement 10% environ des volumes prévus.

Les réductions "substantielles" de gaz livré à plusieurs pays d'Europe centrale, en pleine vague de froid, constituent une situation "complètement inacceptable", ont déclaré la présidence tchèque de l'Union Européenne et la Commission européenne. Les pays d'Europe centrale, les plus dépendants, sont les plus touchés. L'Autriche, qui dispose de l'une des trois plus importantes plate-formes gazières d'Europe continentale, a vu ses livraisons chuter de 90%. En Pologne, les livraisons ne sont plus qu'à 15% de leur niveau actuel, en Slovaquie à 30%.

Par D.H. (avec agence) le 06 janvier 2009 à 17:33
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