Le Triomphant © Marine Nationale/J. Hary 
Une collision inédite sous les mers et du secret
Confirmant l'article publié ce lundi par le tabloïd britannique The Sun et nos informations de la fin de la matinée, le ministère de la Défense a admis en début d'après-midi que deux sous-marins lanceur d'engins (SNLE), à propulsion nucléaire, l'un britannique, le HMS Vanguard, l'autre français, le Triomphant, sont bien entrés en collision début février dans l'océan Atlantique.
Selon les termes utilisés par la Grande Muette dans son communiqué, il ne s'agit pas d'une collision mais d'un "contact". "Ils sont entrés en contact brièvement à très basse vitesse alors qu'ils étaient en plongée" lors de "patrouilles nationales de routine", souligne le ministère de la Défense. "Il n'y a eu aucun blessé. Ni leurs missions de dissuasion ni la sûreté nucléaire n'ont été affectées", conclut le communiqué. Le Service d'information et de relations publique de marine précise que l'incident "s'est produit par grand fond" et qu'il s'agit d'une première "sur plus de 400 patrouilles à notre actif".
Selon nos informations, des discussions entre la Royal Navy et la Marine française sont en cours sur les raisons de l'incident. Selon un expert, ces énormes machines feraient dans certains cas moins de bruit que la mer, ce qui les rendraient moins repérables par un détecteur de type sonar. Ce genre de collision rarissime est néanmoins prévu par les constructeurs. Par exemple, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) sont équipés de coques très renforcées. Dans ce cas, précisent les spécialistes, un tir de missile nucléaire est impossible .
"Objet immergé"
Vendredi 6 février, le ministère de la Défense français avait annoncé que le Triomphant avait heurté "en début de semaine" un "objet immergé" alors qu'il était en plongée, mais avait pu regagner par ses propres moyens la base de l'Ile-Longue, dans le Finistère. La marine nationale avait précisé que le bâtiment, dont le sonar avait été endommagé, avait heurté "probablement un conteneur" (lire notre article).
Selon The Sun, le HMS Vanguard britannique et le Triomphant français auraient tous deux été endommagés dans l'incident, mais il n'a pas été fait état d'avaries sur les installations nucléaires des bâtiments. Le sous-marin britannique aurait été remorqué vers Faslane, en Ecosse, pour des réparations.
"Permanence à la mer" assurée
Le ministère britannique de la Défense a refusé tout commentaire sur des opérations sous-marines, mais un porte-parole a assuré pouvoir "confirmer que la capacité de dissuasion britannique n'a été affectée à aucun moment et que la sûreté nucléaire n'a pas été mise en péril". Le HMS Vanguard est l'un des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de la Marine britannique.
Le 6 février, la Marine française avait de son côté assuré que la "permanence à la mer" de la composante sous-marine de la dissuasion nucléaire restait "assurée". Au moins un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), doté de l'arme nucléaire, est en permanence en mer. La France compte actuellement trois SNLE, en attendant l'entrée en service en 2010 du Terrible.
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