© Reuters/H. NewAu 2e jour des débats, Josef Fritzl a été confronté ce mardi pour la première fois à sa fille. Mais Elisabeth n'était pas présente dans la salle d'audience du tribunal de Sankt-Pölten. Elle participait en effet au procès de son père incestueux, qui l'a violée et séquestrée dans sa cave pendant 24 ans, par vidéo interposée. La déposition, longue de 11 heures, a été diffusée à huis-clos. Selon les termes de la Procureure, la victime y retrace le "martyre inimaginable" infligé par son père qui se servait d'elle "comme d'un jouet".
Le porte-parole de la Cour d'assises a refusé de révéler le moindre détail sur l'attitude de Josef Fritzl lors de ce visionnage ou les éventuelles questions sur ce témoignage. Son avocat, Rudolf Mayer, avait simplement peu avant l'ouverture de l'audience : "Josef Fritzl a déjà tout dit". Il a revanche été photographié de face, sans le classeur qu'il utilisait lundi pour masquer son visage.
Un seul autre témoignage
Outre la vidéo de la déposition d'Elisabeth, le Tribunal a également visionné une heure de témoignage de l'un de ses frères, Harald. Les jurés devront se contenter de ces vidéos, aucun autre témoignage de victimes ou de proches de Josef Fritzl n'étant prévu. Tous les autres membres de la famille, y compris l'épouse de l'accusé, et les six enfants de l'inceste, ont refusé de témoigner, comme le Code pénal autrichien les y autorise.
Mercredi, lors d'une audience à nouveau publique, l'experte psychiatrique, Adelheid Kastner, témoignera sur la personnalité de l'accusé. Dans son rapport, dont des extraits ont filtré dans la presse, elle a conclu à la responsabilité pénale de l'accusé tout en soulignant qu'il souffrait de troubles de la personnalité. Ses conclusions pourraient jouer un rôle-clé dans le verdict final.
"S'il vous plaît, respirez-en l'odeur"
Lundi, l'accusé a raconté son "enfance difficile" auprès de sa mère célibataire. Elle avait 42 ans quand il est né le 9 avril 1935. "Elle ne voulait pas de moi. Elle me battait", a-t-il confié en regrettant l'absence de "relations un tant soit plus proches" avec elle. Pour que les jurés se rendent mieux compte de "l'atmosphère morbide" du cachot de 40 mètres carrés sans fenêtres ni ventilation, "où Fritzl a disposé de sa fille comme d'un objet en sa propriété", la procureure a exhibé des objets provenant de la cave d'Amstetten. "S'il vous plaît, respirez-en l'odeur", a-t-elle demandé : "alors vous saurez quelle odeur régnait dans le réduit pendant 24 ans". De son côté, l'avocat de l'accusé s'est efforcé une nouvelle fois de démontrer que son client "n'est pas un monstre. "Un monstre aurait tué tout le monde et après c'était fini. Il aurait vécu une retraite paisible", a-t-il fait remarquer.
Josef Fritzl, qui a plaidé coupable d'inceste, de viols et séquestration mais a récusé les chefs d'accusation de meurtre et esclavage lors de l'ouverture lundi du procès, devrait connaître le verdict jeudi.
D'après agence
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