Obama à Londres pour le sommet du G20

Par , le 31 mars 2009 à 21h23 , mis à jour le 31 mars 2009 à 21h47

Le président américain a atterri mardi soir près de Londres pour son premier voyage sur le Vieux Continent depuis son entrée en fonctions.

[Expiré] [Expiré] L'arrivée à Londres de Barack Obama (31 mars 2009) © AFP - M. Ngan

Barack Obama a atterri mardi près de Londres, où il entame sa première tournée à l'étranger avec un sommet du G20 destiné à trouver des solutions à la crise économique mondiale. Le président américain et son épouse Michelle sont arrivés peu avant 20 heures, heure française, à l'aéroport de Stansted, où le couple présidentiel a été accueilli par le ministre britannique des Finances Alistair Darling avant de se rendre en hélicoptère à la résidence des ambassadeurs américains de Londres.

Depuis le 20 janvier, Barack Obama n'a quitté les Etats-Unis qu'à une seule reprise, pour un voyage express au Canada voisin en février. Sa tournée européenne d'une semaine verra donc sa grande arrivée sur la scène internationale. Paradoxalement, elle se déroule sur un continent qui ne l'avait pas marqué lors de sa première visite au début des années 90. "Je suis un Occidental qui n'est pas totalement chez lui en Occident (...). Ce n'est pas que l'Europe n'était pas belle (...). C'est juste qe ce n'était pas moi. J'avais l'impression de me retrouver dans l'histoire d'amour de quelqu'un d'autre", écrivait-il dans Les Rêves de mon père, son premier livre publié en 1995.

 

Quoi qu'il en soit, cette première visite comme président américain se déroule dans un contexte difficile et son menu est chargé. L'économie mondiale avec le G20 jeudi, la sécurité internationale avec l'Otan vendredi et samedi puis la prolifération nucléaire avec le sommet UE/Etats-Unis dimanche et enfin les relations avec le monde musulman en Turquie  : le président américain est attendu sur plusieurs sujets clés qui vont façonner à la fois la place des Etats-Unis dans le monde et plus globalement le monde de demain.

 

Le G20 accouchera-t-il d'une souris ?
 
Mercredi, après un petit-déjeuner avec son hôte, le Premier ministre britannique Gordon Brown, Barack Obama aura deux entretiens importants avec ses homologues chinois, Hu Jintao, et russe, Dmitri Medvedev. A cette occasion, les Etats-Unis et la Russie devraient annoncer le renouvellement du traité de réduction de leur armement stratégique. Le couple Obama sera également reçu à Buckingham Palace pour une rencontre privée avec la reine Elizabeth II. Les époux retrouveront la souveraine dans la soirée pour le dîner du G20, en présence de tous les dirigeants présents et de leurs époux et épouses.
 
Jeudi, ce sera donc la grande réunion du G20 à Londres, que les altermondialistes espèrent bien perturber. Objectif : élaborer une régulation du système financier international pour tenter d'apporter une réponse coordonnée à la crise qui touche l'économie mondiale. Problème : Barack Obama milite pour des plans de relance coûteux, contrairement aux Européens qui veulent maîtriser également les déficits. Il juge ainsi l'Europe trop frileuse. La montagne pourrait-elle alors accoucher d'une souris ? Pas forcément puisque le président américain se veut optimiste et se dit prêt à des compromis.

 

Première rencontre avec Sarkozy 


Vendredi matin, Barack Obama prendra la direction de Strasbourg où il retrouvera une partie des participants du G20 à l'occasion du sommet de l'Otan, co-organisé par la France et l'Allemagne. A son arrivée dans la capitale alsacienne, placée sous haute sécurité -comme à Londres, les altermondialistes organisent leur contre-sommet, il rencontrera Nicolas Sarkozy. Il s'agira du premier tête-à-tête entre les deux hommes depuis le 20 janvier. La frontière franchie -Kehl et Baden-Baden seront les villes allemandes hôtes-, c'est Angela Merkel qui aura aussi droit à son entretien en marge du dîner de travail. Une séance de questions-réponses avec des étudiants doit également avoir lieu.
 
Lors des débats proprement dits, samedi, l'Otan essaiera de se projeter sur la sécurité internationale des années à venir, avec la question de sa transformation et de ses relations avec la Russie. Mais le principal sujet concernera l'Afghanistan. Barack Obama a présenté sa nouvelle stratégie pour vaincre les talibans la semaine dernière et a annoncé l'envoi de nouvelles troupes américaines (
cliquez ici pour lire notre article : "Obama, nouvelle stratégie, nouveaux renforts"). Ce calendrier n'est évidemment pas un hasard : il espère obtenir de ses alliés la confirmation de la mise en disposition de nouveaux renforts, mal perçus par les opinions publiques, notamment en Allemagne et en France -pour Paris et Nicolas Sarkozy, ce sommet sera marqué par le retour entier dans l'organisation avec la réintégration dans le commandement militaire.  


Monde musulman et Occident
 
Samedi en fin après-midi, Barack Obama s'envolera pour Prague. Dimanche, il assistera au sommet UE/Etats-Unis, avec, là encore, plusieurs acteurs rencontrés au G20 et à l'Otan. Dans un pays symbole du basculement à l'ouest des anciens satellites soviétiques, il abordera la question du bouclier anti-missiles qui déplaît tant à Moscou et surtout la prolifération nucléaire. Son discours sera axé sur cette question. Le problème du réchauffement climatique est aussi au programme.
 
Dernière étape de ce marathon d'une semaine : la Turquie, où il arrivera dimanche soir. Lundi, il rencontrera à Ankara, la capitale, le président Abdullah Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan pour leur assurer de l'importance de leur pays dans l'Otan. Enfin, mardi, à l'occasion du forum de "l'Alliance des civilisations" à Istanbul, il conclura son périple avec une nouvelle rencontre avec des étudiants sur le thème des relations entre l'Occident et le monde musulman. Là encore, son objectif est de montrer qu'une nouvelle Amérique est en marche, proche et surtout à l'écoute des autres et que le temps de l'unilatéralisme et du rapport de forces est bien révolu.

Par Fabrice Aubert le 31 mars 2009 à 21:23
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4 Commentaires

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  • Franci, le 01/04/2009 à 11h28

    J'oubliai, ce que j'ai écrit dans mon message précédent n'était pas un poisson d'avril!

  • Franci, le 01/04/2009 à 11h27

    Une solution à la crise j'en ai une : admettre l'échec du monde capitaliste donc changer le monde Partager les richesses équitablement, abolir la pauvreté..... Et on peut tous en trouver, à condition d'être prêt à accepter le principe d'égalité entre les hommes mais là est toute la question....

  • Uter, le 01/04/2009 à 10h05

    " vieille Europe " , " vieux Continent " , " vieille France " les médias n'ont que ça à la bouche quant il s'agit de citer notre Pays , notre Continent , notre Europe....il y a là un vrai problème " psychologique " de la part de tous ces intervenants qui ne s'explique pas ou plutôt si : une méconnaissance totale de l'histoire du monde, une inculture abyssale de son histoire politique et surtout une impasse inexcusable sur l'évolution des peuples sur nos 5 continents...d'ailleurs, je remarque également que certains politiques commettent ce non sens ...le quai d'Orsay devrait faire passer une petite note à tous en rappelant que : 1) la France a toujours été à l'avant garde des découvertes, 2) des régimes politiques 3) des arts et des lettres ....que notre Continent à le même âge que les autres continants ( revoir la géographie sur la formation des continants : classe de 5èm) ....que notre Europe est particulièrement jeune puisqu'elle fête ses 50 ans....alors, afin de recevoir Mister ¨Président dans les meilleures conditions , faites passer le message dans les médias, cela rendra les gens plus intélligents et les chefs d'états plus détendus...pour la difficile partie qui va s'ouvrir au G 20.....

  • DIDIER, le 31/03/2009 à 22h58

    Les intérêts sont communs et individuels. Il est donc bien difficile de prévoir ce qu'il ressortira de ce programme particulièrement chargé. Ensuite il sera tout aussi dificile de savoir ce qui, entre les intentions et les réalisations, se passera concrètement dans les mois et les deux années à venir. Celles ci seront cruciales et de nature à changer toutes les données mondiales. Faire des prévisions c'est prendre le risque, ou le pari, de se tromper une fois sur deux. Ceux qui le feront et auront eu de la chance ne manqueront pas de claironner leur capacité d'analyse. Ainsi va le monde compte tenu de sa complexité.

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