© Reuters/L. NicholsonDepuis le 20 janvier, Barack Obama n'a quitté les Etats-Unis qu'à une seule reprise, pour un voyage express au Canada voisin en février. Sa tournée européenne d'une semaine verra donc sa grande arrivée sur la scène internationale. Paradoxalement, elle se déroule sur un continent qui ne l'avait pas marqué lors de sa première visite au début des années 90. "Je suis un Occidental qui n'est pas totalement chez lui en Occident (...). Ce n'est pas que l'Europe n'était pas belle (...). C'est juste qe ce n'était pas moi. J'avais l'impression de me retrouver dans l'histoire d'amour de quelqu'un d'autre", écrivait-il dans Les Rêves de mon père, son premier livre publié en 1995.
Quoi qu'il en soit, cette première visite comme président américain se déroule dans un contexte difficile et son menu est chargé. L'économie mondiale avec le G20 jeudi, la sécurité internationale avec l'Otan vendredi et samedi puis la prolifération nucléaire avec le sommet UE/Etats-Unis dimanche et enfin les relations avec le monde musulman en Turquie : le président américain est attendu sur plusieurs sujets clés qui vont façonner à la fois la place des Etats-Unis dans le monde et plus globalement le monde de demain.
Le G20 accouchera-t-il d'une souris ?
Le locataire de la Maison-Blanche, accompagné de sa femme Michelle, atterrira près de Londres en fin d'après-midi. Ses premières heures sur le sol européen seront en fait allégées puisqu'il ne fera que s'installer à la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis. Mercredi, après un petit-déjeuner avec son hôte, le Premier ministre britannique Gordon Brown, Barack Obama aura deux entretiens importants avec ses homologues chinois, Hu Jintao, et russe, Dmitri Medvedev. A cette occasion, les Etats-Unis et la Russie devraient annoncer le renouvellement du traité de réduction de leur armement stratégique. Le couple Obama sera également reçu à Buckingham Palace pour une rencontre privée avec la reine Elizabeth II. Les époux retrouveront la souveraine dans la soirée pour le dîner du G20, en présence de tous les dirigeants présents et de leurs époux et épouses.
Jeudi, ce sera donc la grande réunion du G20 à Londres, que les altermondialistes espèrent bien perturber. Objectif : élaborer une régulation du système financier international pour tenter d'apporter une réponse coordonnée à la crise qui touche l'économie mondiale. Problème : Barack Obama milite pour des plans de relance coûteux, contrairement aux Européens qui veulent maîtriser également les déficits. Il juge ainsi l'Europe trop frileuse. La montagne pourrait-elle alors accoucher d'une souris ? Pas forcément puisque le président américain se veut optimiste et se dit prêt à des compromis.
Première rencontre avec Sarkozy
Vendredi matin, Barack Obama prendra la direction de Strasbourg où il retrouvera une partie des participants du G20 à l'occasion du sommet de l'Otan, co-organisé par la France et l'Allemagne. A son arrivée dans la capitale alsacienne, placée sous haute sécurité -comme à Londres, les altermondialistes organisent leur contre-sommet, il rencontrera Nicolas Sarkozy. Il s'agira du premier tête-à-tête entre les deux hommes depuis le 20 janvier. La frontière franchie -Kehl et Baden-Baden seront les villes allemandes hôtes-, c'est Angela Merkel qui aura aussi droit à son entretien en marge du dîner de travail. Une séance de questions-réponses avec des étudiants doit également avoir lieu.
Lors des débats proprement dits, samedi, l'Otan essaiera de se projeter sur la sécurité internationale des années à venir, avec la question de sa transformation et de ses relations avec la Russie. Mais le principal sujet concernera l'Afghanistan. Barack Obama a présenté sa nouvelle stratégie pour vaincre les talibans la semaine dernière et a annoncé l'envoi de nouvelles troupes américaines (cliquez ici pour lire notre article : "Obama, nouvelle stratégie, nouveaux renforts"). Ce calendrier n'est évidemment pas un hasard : il espère obtenir de ses alliés la confirmation de la mise en disposition de nouveaux renforts, mal perçus par les opinions publiques, notamment en Allemagne et en France -pour Paris et Nicolas Sarkozy, ce sommet sera marqué par le retour entier dans l'organisation avec la réintégration dans le commandement militaire.
Monde musulman et Occident
Samedi en fin après-midi, Barack Obama s'envolera pour Prague. Dimanche, il assistera au sommet UE/Etats-Unis, avec, là encore, plusieurs acteurs rencontrés au G20 et à l'Otan. Dans un pays symbole du basculement à l'ouest des anciens satellites soviétiques, il abordera la question du bouclier anti-missiles qui déplaît tant à Moscou et surtout la prolifération nucléaire. Son discours sera axé sur cette question. Le problème du réchauffement climatique est aussi au programme.
Dernière étape de ce marathon d'une semaine : la Turquie, où il arrivera dimanche soir. Lundi, il rencontrera à Ankara, la capitale, le président Abdullah Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan pour leur assurer de l'importance de leur pays dans l'Otan. Enfin, mardi, à l'occasion du forum de l'"Alliance des civilisations" à Istanbul, il conclura son périple avec une nouvelle rencontre avec des étudiants sur le thème des relations entre l'Occident et le monde musulman. Là encore, son objectif est de montrer qu'une nouvelle Amérique est en marche, proche et surtout à l'écoute des autres et que le temps de l'unilatéralisme et du rapport de forces est bien révolu.
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