Dmitri Medvedev, sur TF1, le 26 août 2008 © TF1/LCILes deux dossiers sont entrés en collision ce vendredi. Sans être liés, ils montrent, malgré la détente entre Barack Obama et Dmitri Medvedev, le président russe, la fragilité des relations entre l'Otan et la Russie.
Le dossier géorgien est potentiellement le plus explosif, chaque camp renvoyant bien entendu la faute sur l'autre. La Russie n'apprécie pas en effet les exercices militaires que l'Otan va effectuer en Géorgie du 6 mai au 1er juin. "C'est une provocation grossière", martèle Dmitri Medvedev, affirmant que ces manoeuvres sont en contradiction avec l'accord de cessez-le-feu signé en août dernier après le conflit entre Tbilissi et l'Ossétie du Sud, la région séparatiste. Réponse de l'Alliance atlantique : ces opérations sont prévues depuis un an et Moscou a même été prévenu. Selon l'organisation, la Russie ne fait qu'attiser les tensions en les critiquant. "La réthorique russe est sans rapport avec la réalité", souligne l'Alliance.
La contre-réplique du Kremlin n'a cependant pas tardé : la Russie a signé ce jeudi deux accords lui donnant le contrôle des frontières de l'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, où son armée est de fait présente depuis août. Elle formera désormais les gardes-frontières abkhazes et sud-ossètes, leur fournira des équipements et, en attendant que ces forces soient autonomes, elle assurera la sécurité des frontières des deux territoires. Nouvelle réplique de l'Otan : ces accords "violent clairement" les accords de cessez-le-feu négociés avec l'UE en août et septembre derniers.
L'espion estonien condamné
Le deuxième dossier se situe, lui, dans les salons feutrés de Bruxelles, au siège de l'Otan. Deux diplomates russes auprès de l'organisation ont en effet été expulsés mercredi en représailles à une affaire d'espionnage. Herman Simm, un haut fonctionnaire du ministère estonien de la Défense, avait eu accès entre 1995 et 2006 à des documents ultraconfidentiel concernant notamment l'Alliance atlantique. Il a été condamné en février par son pays pour avoir remis plus de 2.000 pages d'informations au SVR, le service russe du renseignement extérieur.
Sans surprise, le ministère russe des Affaires étrangères a protesté en qualifiant l'expulsion de ses ressortissants de "grossière provocation". L'ambassadeur de Russie auprès de l'Otan a quant à lui promis une réponse "sévère et déterminée". Cette expulsion est intervenue mercredi, le jour même où l'Otan et la Russie reprenaient leurs contacts officiels, mis en sourdine depuis août dernier.
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