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> "Des milliers de sans-abris" |
Le cauchemar continue. Durant les 24 premières heures suivant la principale secousse tôt lundi, plus de 280 répliques ont été enregistrées dans la province des Abruzzes, région du centre de l'Italie ravagée lundi par un séisme. Mardi en milieu de journée, une réplique plus forte que les autres, d'une magnitude de 4,7 sur l'échelle de Richter, a touché L'Aquila, 60.000 habitants.
Plusieurs centaines de rescapés ont passé une deuxième nuit dans le froid et l'angoisse. Le bilan toujours provisoire est passé à 207 morts. Silvio Berlusconi l'a annoncé mardi en début d'après-midi. Il y a par ailleurs 1.500 blessés et 17.000 sans-abri. Une jeune touriste française figure parmi les victimes (Lire notre encadré). Le tremblement de terre, le plus meurtrier depuis 30 ans, a également fait 34 disparus. Quarante morts n'ont pas encore été identifiés.
"Personne ne s'occupe de nous"
Chez les rescapés, la colère monte. A San Cisto, sur un grand parking un peu à l'écart du centre de L'Aquila, où les tentes n'étaient pas encore arrivées lundi soir, des dizaines d'habitants ont passé la nuit dans leur voiture pour se protéger d'une température glaciale. "Nous n'avons eu qu'un café. Personne ne s'occupe de nous", s'énerve Giovanni. "J'ai eu très froid. C'est terrible", se plaint un autre sans-abri. Un jeune couple avec son bébé de trois mois a dormi pour la deuxième nuit dans sa voiture, préférant quitter sa maison dès que la terre l'a fait vaciller.
Petit miracle de cette tragédie, une quasi-centenaire, Maria D'Antuono, 98 ans, a été retrouvée vivante et a pu être dégagée des décombres 30 heures après le violent séisme. Plus de cent personnes ont été sorties vivantes des décombres au cours de la journée de lundi.
Beaucoup de quartiers de L'Aquila n'ont plus l'électricité, plus d'eau et les services de secours n'ont pas encore eu la possibilité d'installer partout des cantines mobiles ou des WC chimiques. Une dizaine de casernes, stades ou gymnases ont été aménagés en centres d'accueil et des tentes ont été montées pour les réfugiés.
Pas d'aide extérieure nécessaire dans l'immédiat
Beaucoup d'habitants de cette cité médiévale du XIIIe siècle, bourgeoise et commerçante, avaient cependant commencé à quitter les lieux dès lundi matin. Une valise à la main, une couverture sur les épaules pour se réfugier chez de la famille ou des amis. "C'était l'apocalypse, vingt secondes d'enfer, c'était très long. Ma maison est détruite", a raconté une habitante, Maria Francesco, peu après la secousse qui a frappé L'Aquila ainsi que plusieurs bourgs environnants. D'Onna, village martyr, il ne reste qu'un énorme tas de gravats et des maisons comme éventrées par un bombardement, une tragédie qui a fait 40 morts sur les 300 personnes qui y vivaient.
Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a décrété l'état d'urgence. 5.000 personnes participent aux secours. La protection civile a décompté plus de 10.000 maisons et édifices endommagés dans cette zone riche en monuments baroques. Selon une première estimation gouvernementale, 1,3 milliard d'euros seront nécessaires pour la reconstruction des bâtiments et des maisons particulières. Silvio Berlusconi a précisé que "35 pays au total" avaient offert leur aide à l'Italie mais que, "dans l'immédiat", celle-ci n'était "pas nécessaire". Avant celui de lundi, le séisme récent le plus meurtrier en Italie s'était produit le 23 novembre 1980 et avait fait 2.916 morts et 20.000 blessés dans la région de Naples.
Une jeune Française tuée |
Une jeune touriste française est morte dans le séisme, a annoncé mardi le porte-parole du quai d'Orsay. Il a également mentionné "deux blessés français dont la vie n'est pas en danger". Il a rappelé le numéro de téléphone - 01 45 55 80 00 - pour les familles de ressortissants français actuellement présents en Italie. |
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