Silvio Berlusconi, le 8 avril 2009 © TF1/LCI "Nous fermons les portes et nous ne les entrouvrons que pour ceux qui viennent pour travailler et s'intégrer". Silvio Berlusconi, le Premier ministre, a été clair jeudi après l'adoption de la loi sur la "sécurité intérieure et l'immigration" par les députés -les sénateurs devraient suivre dans les semaines à venir : le texte a pour objectif clair et net de lutter contre l'immigration clandestine.
Inspiré par l'extrême-droite, la loi crée notamment un délit "d'immigration et de séjour" clandestins, puni d'une amende de 5 à 10.000 euros et rend possible la dénonciation à la justice de tout immigrant en situation irrégulière. Elle porte de deux à six mois la durée de rétention des immigrants dans les centres d'identification et d'accueil. Le fait de louer un logement à un immigrant clandestin ou de l'héberger pourra être puni de peines allant jusqu'à trois ans de prison.
En matière de sécurité intérieure, la mesure la plus emblématique, adoptée sous la pression du parti anti-immigrés de la Ligue du nord, est la possibilité pour des "associations de citoyens" d'effectuer des rondes pour signaler aux forces de l'ordre des atteintes à l'ordre public. La loi prévoit aussi l'enregistrement des sans domicile fixe.
L'UE valide, la gauche se scandalise
Dans ce domaine de lutte contre l'immigration, Silvio Berlusconi, dont la politique a été confortée par toutes les élections locales depuis son retour au pouvoir au printemps 2008, se sait largement en phase par la population. 76% des Italiens soutiennent en effet sa position. La Commission européenne juge quant à elle la loi conforme à la législation des 27. "Les Italiens ont visiblement consulté à Bruxelles et sont allés jusqu'aux limites dans le sens restrictif, sans toutefois dépasser les bornes", explique un responsable européen.
Même s'il a dû faire des concessions par rapport à une première version encore plus drastique, le Premier ministre balaye donc d'un revers de la main les accusations de la gauche et les associations de défense des immigrés. Celles-ci parlent de mesures "liberticides" et même de "retour à la logique des lois raciales de l'époque de Mussolini". La Conférence des évêques italiens s'est aussi émue en estimant que la nouvelle loi allait rendre plus difficile "l'objectif d'intégration" des immigrés dans la société italienne.
Accord avec la Libye
Toutes ces mesures ont pour but d'accélérer la comparution des immigrants en situation irrégulière devant les tribunaux pour permettre leur expulsion immédiate. Jusqu'à présent, l'Italie ne renvoyait vers leurs pays d'origine que quelques centaines d'immigrants "économiques" par an.
Il y a une semaine, l'Italie a pour la première fois procédé à des refoulements directs de clandestins secourus ou interceptés en mer. En l'occurrence, il s'agissait de la Libye, d'où arrive une majorité des migrants. Rome a remis également jeudi à Tripoli un premier lot de trois vedettes qui patrouilleront au large des côtes pour empêcher le départ des clandestins.
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