© AFPUn maire qui souhaite que les postiers ne distribuent plus de brochures en français dans les boîtes aux lettres de sa commune. Un autre qui interdit aux partis politiques francophones de coller des affiches en français sur les panneaux électoraux de sa ville. Des rixes entre militants francophones et néerlandophones. Un ministre contraint de démissionner après que la presse a révélé qu'il était également rémunéré comme lobbyiste. Un vice-ministre qui traite un parti de sa coalition "d'infréquentable".
Voilà, c'est reparti : le climat nauséabond est de retour en Belgique. Sur fond de campagne électorale européenne et régionale, Wallons et Flamands d'un côté, socialistes et libéraux de l'autre, se déchirent de nouveau avec des moyens qui font peu honneur à une vieille démocratie. Le conflit se cristallise sur les "communes à facilités", ces six villes situées en territoire flamand, proches de Bruxelles, mais dont la majorité de la population est francophone. Les Flamands veulent y interdire toute expression en français, aussi bien dans les écoles, les magasins, les prospectus, panneaux signalétiques et bien sûr sur les documents électoraux. Voulant défendre leurs droits, les Francophones cumulent depuis quelques jours les recours en justice en s'appuyant sur la législation européenne.
Ampleur
Le phénomène s'étend désormais à d'autres communes flamandes où la population francophone s'accroît. Hal, par exemple. 20.000 habitants, et une municipalité codirigée par les nationalistes flamands. L'année dernière, le collège communal avait déjà fait enlever tous les panneaux indicateurs bilingues. Il y a quelques jours, il a mis le feu aux poudres en interdisant aux partis francophones d'utiliser les panneaux électoraux. Face à cette violation flagrante et manifeste des droits de la population francophone, même le ministre flamand de l'Intérieur a dû se désolidariser de l'initiative.
Pendant ce temps, au niveau fédéral, le Premier ministre, un Flamand social-chrétien modéré, tente tant bien que mal de tenir sa coalition, où siègent quasiment tous les partis politiques du pays, tant francophones que flamands. D'interminables et complexes négociations ont ainsi repris pour accoucher d'une énième réforme de l'Etat. L'idée principale est de transférer encore plus de pouvoirs de l'Etat fédéral vers les Régions.
Dans ce contexte, plus personne ne parle des vrais sujets : les enjeux de ces élections européennes sont passées par pertes et profits, la crise économique oubliée... Et même les Flamands déplorent que la Belgique donne là une bien terne image d'elle-même.
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Belgique : première plainte contre les discriminations d'achat au logement

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