Le scandales des notes de frais des élus britanniques en Une du site du Daily Telegraph (12 mai 2009) © TF1/LCILe scandale des notes de frais des députés et ministres n'en finit pas de faire des vagues au Royaume-Uni. Il a déjà frappé de plein fouet le Labour. C'est désormais le cas de l'opposition conservatrice, qui doit faire face à une série de révélations gênantes. Les dernières en date ont été diffusées par le Daily Telegraph, qui accuse notamment des conservateurs de s'être fait rembourser des frais... de jardinage, ou de nettoyage de leur piscine.
Scandale des notes de frais: la prison pour un ancien député
David Chaytor, ex-député travailliste de 61 ans avait plaidé coupable d'avoir fourni de fausses factures pour un montant de 22.650 livres afin de se les faire rembourser sur sa note de frais parlementaire.
Publié le 07/01/2011
Brown plombé par un nouveau scandale autour des travaillistes
A quelques semaines des élections, trois anciens ministres socialistes ont vanté leur pouvoir d'influence, contre rétribution, auprès du gouvernement britannique face à un journaliste se faisant passer pour un lobbyiste.
Publié le 23/03/2010
Paradoxalement, ce sont souvent les demandes portant sur les plus petites sommes qui choquent le plus l'opinion, précisément à cause de leur côté mesquin ou déplacé. Ainsi, l'ancien porte-parole à la Défense des conservateurs Michael Ancram, qui possède trois propriétés d'une valeur estimée à 8 millions de livres, a réclamé 98 livres (109 euros) pour la réparation du système de réchauffement de sa piscine. Il a aussi présenté une facture de frais de jardinage de 1117 livres (1244 euros) dans sa résidence du comté du Wiltshire. L'un de ses collègues tories, James Arbuthnot, président de la commission parlementaire en charge des questions de Défense, a obtenu le remboursement de 1471 livres (1638 euros) de frais de jardinage et de piscine, et de 2433 livres (2710 euros) pour le paiement de sa femme de ménage, selon le journal.
Un système "au laxisme choquant"
Plus mesquin encore : Cheryl Gillan, élue du Pays de Galles, a sollicité le remboursement de... deux boîtes de nourriture pour chien, d'un montant de 39 pennies (0,5 euro) chacune. Le porte-parole des Tories pour les universités, David Willets, a réclamé quant à lui plus de 110 livres pour avoir fait remplacer par une société... 25 ampoules électriques dans sa maison londonienne. Mais à côté de ces petits avantages, plusieurs députés conservateurs, à l'instar de nombre de leurs homologues travaillistes, auraient par ailleurs profité d'un système "au laxisme choquant" pour désigner comme résidence secondaire - la seule qui soit indemnisée - plusieurs logements ou maisons successives, selon le journal.
Le Premier ministre Gordon Brown, dont la cote de popularité atteint des profondeurs historiques, a déjà été contraint à présenter de rares excuses "au nom de tous les partis" et de rappeler que les gens qui épousent la politique "le font pour servir l'intérêt général, et non leur propre intérêt". Pour l'instant, élus travaillistes comme conservateurs se sont défendus en affirmant qu'ils n'avaient rien fait d'illégal, même si certains ont cherché à profiter du système jusqu'au dernier penny. Tout en reconnaissant, Brown en tête, que ce système - jusqu'ici tenu soigneusement secret - devait être réformé.
"Cela doit changer"
David Cameron, donné comme le futur Premier ministre par tous les sondages, a appelé les élus de tous bords à faire leur mea culpa. "Il ne suffit pas de dire qu'on a respecté les règles, nous devons tous reconnaître que nous sommes désolés pour ce qui s'est passé et que cela doit changer", a-t-il plaidé lundi sur la BBC. Le président de la chambre des Communes, Michael Martin, a confirmé qu'un nouveau système d'audit indépendant pour contrôler les notes de frais serait mis en place prochainement.
A moins d'un mois des élections européennes et locales du 4 juin, Gordon Brown sait qu'il devra agir vite s'il veut limiter la déroute que lui prédisent tous les sondages. Plusieurs députés ont même suggéré au chef du gouvernement de dissoudre purement et simplement une chambre des Communes selon eux discréditée, et de convoquer des élections législatives anticipées sans attendre l'échéance de juin 2010.
D'après agence
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