Argent, sexe et meurtre au menu du procès

Par , le 10 mai 2009 à 05h00 , mis à jour le 10 juin 2009 à 12h33

Cécile Brossard comparaît depuis mercredi devant les assises de Genève pour le meurtre de son amant, le banquier Edouard Stern. Crime crapuleux ou sulfureux ? Voilà le coeur du procès. Le couple entretenait depuis quatre ans une relation extrêmement chaotique.

Edouard SternEdouard Stern © TF1-LCI

Du grand déballage en perspective. Cécile Brossard, une Française de 40 ans, est jugée depuis mercredi pour le meurtre, qu'elle avoué, de son amant, le banquier Edouard Stern, en 2005 à son pied-à-terre de Genève. Les débats ont commencé par l'audition à huis clos de deux des enfants de la victime, à leur demande. Après, l'accusée a expliqué devant la Cour "vouloir demander pardon" à la famille pour son geste "abominable"."La seule chose que je puisse faire, c'est d'essayer d'expliquer la vérité", a-t-elle poursuivi, en larmes.

  • Le site Sex.com est à vendre

    Le nom de domaine "Sex.com", sex écrit à l'américaine, est à vendre sur le web. Il vaut une petite fortune car c'est le mot le plus recherché sur le web depuis la création d'internet.

    Publié le 26/02/2010 Le site Sex.com est à vendre
Plus d'infos

Ce 1er mars, la femme de ménage découvre le maître de la haute finance criblé de quatre balles, ligoté avec, en guise de vêtement, une combinaison en latex. Le couple vivait depuis cinq ans une liaison sulfureuse. Et ce procès devant les assises de Genève, devraient voir s'affronter deux versions.
 
Pour les avocats de la famille Stern, ce meurtre a été prémédité par une femme manipulatrice, rusée et cupide. Lors de l'instruction, Me Bonnant décrit Cécile Brossard comme une "cocotte" âpre au gain, qui "a attisé les fantasmes d'un homme de 50 ans", tombé dans la dépendance "d'une petite blonde de banlieue (...) à la sexualité déviante". La défense soutient, elle, la thèse du crime passionnel, Cécile Brossard ayant été victime d'une relation perverse. Me Maurer considère que sa cliente a été victime d'un harcèlement moral, d'une relation qui l'a conduite "jusqu'à l'anorexie, à sa dégradation morale et à sa dégradation physique". Désespérée, elle aurait tué l'homme qu'elle aimait mais qui la faisait trop souffrir. L'autre défenseur de Cécile Brossard, Me Reymond, cite un message laissé par le banquier à sa maîtresse peu avant sa mort : "Tu ne crois pas que je vais passer mon existence avec une merde comme toi. Je vomis sur toi. Je t'emmerde." Deux versions ou l'occasion de replonger dans les méandres d'une passion tourmentée, excessive et sadomasochiste.
 
"Un million, c'est cher payé pour une pute"
 
Les deux amants se rencontrent en 2001 lors d'un dîner à Paris. Divorcé et père de trois enfants, Edouard Stern est l'une des plus grandes fortunes de France. Cécile Brossard, ex-serveuse au Maxims et ancienne vendeuse en maroquinerie de luxe, est sculptrice. Une idylle débute. La jolie maîtresse confie être "dingue de ce mec". Parties de chasse en Tanzanie, week-end à New York... Les premiers mois coulent sans nuages mais la relation se dégrade. Les années suivantes sont une alternance de brouilles et de retrouvailles. Quand les mots du banquier, réputé séducteur, fascinant et tyrannique, sont trop durs, Cécile Brossard disparaît pour mieux revenir. Le couple s'aime et se déchire continuellement, excessivement. Des ultimatums, des séparations et autant de réconciliations sur l'oreiller.

En novembre 2004, Edouard Stern prend la plume et, sur papier rose, parle bague et bébé. Début 2005, un million de dollars est versé sur le compte de Cécile Brossard. Un gage de son amour ? Cet argent ajoute de l'huile sur le feu. Edouard Stern lui demande de le lui rendre. Enième dispute. Pour récupérer cette petite fortune, le prince de la finance invente une combine : la non-livraison par Cécile Brossard de huit Chagall. Le 28 février, la jeune femme sait que son compte est bloqué. Le soir, le couple se retrouve dans la garçonnière d'Edouard Stern. Elle veut parler, il a envie d'elle. Après l'acte, le banquier aurait dit à sa maîtresse : "Un million, c'est cher payé pour une pute". A ce moment-là, "j'ai pété un câble", confie la jeune femme. "Cette phrase est extrêmement humiliante et marque la fin de tous les espoirs qu'elle avait placés dans leur relation", explique à Reuters Me Reymond. Arrêtée après une cavale de deux semaines, elle reconnaît avoir tiré sur son amant.
 
La jeune femme est-elle coupable d'un crime crapuleux ou d'un crime d'amour ? La première accusation fait encourir à Cécile Brossard une peine de 20 ans de prison. La seconde l'expose à dix ans de détention. Charge aux douze jurés de démêler les fils sacrément entremêlés de cette relation ô combien complexe. Le verdict est attendu le 19 juin.

Par Amélie Gautier le 10 mai 2009 à 05:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

13 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Amber12, le 11/06/2009 à 18h02

    Probablement une personne fragile tombée entre les mains d'un manipulateur tout puissant.....et d'autant plus puissant que très fortuné (les propos qu'il a tenu à son égard sont sacrément violents et rabaissants!)

  • Eliot, le 10/06/2009 à 17h04

    Philippe de Fontenay/bois, vous me faites pitié...

  • Dom, le 10/06/2009 à 15h50

    Pourvu que cecile s'en sorte

  • Christophe, le 10/06/2009 à 15h31

    Qui a dit que les femmes n'etaient pas vénales...

  • Olivier, le 10/06/2009 à 15h05

    Ne pas confondre les choses Philippe!!!

  • Jean-luc, le 10/06/2009 à 14h37

    "tout ce qui est excessif est insignifiant" (talleyrand)

  • Didine, le 10/06/2009 à 14h24

    Philippe de Fontenay sous bois - je vois pas le rapport avec les elections !!! mais alors absolument rien -

  • Cathy, le 10/06/2009 à 14h08

    Pour Philippe de Fontenay. Etes-vous obligé de tout ramener à la politique ? C'est pénible à force !

  • Jean-luc, le 10/06/2009 à 13h57

    Tout être humain a le droit d'être défendu, quelle que soit son appartenance sociale ou ses moeurs, cela doit s appliquer à la "jet set " aussi, n en déplaise à certains.....il ne s agit pas de prendre une personne de la "haute" comme bouc émissaire ....c est peut être tentant en période de crise économique mais ce serait injuste..... Cela fait un peu penser à "lune de fiel" de roman polanski même si le scénario est différent.

  • Miss, le 10/06/2009 à 13h48

    Sans vouloir tomber dans le morbide, avouons que cette histoire hors du commun est digne d'un thriller hollywoodien!

Lire tous les commentaires

      logAudience