Edouard Stern © TF1-LCIDu grand déballage en perspective. Cécile Brossard, une Française de 40 ans, est jugée depuis mercredi pour le meurtre, qu'elle avoué, de son amant, le banquier Edouard Stern, en 2005 à son pied-à-terre de Genève. Les débats ont commencé par l'audition à huis clos de deux des enfants de la victime, à leur demande. Après, l'accusée a expliqué devant la Cour "vouloir demander pardon" à la famille pour son geste "abominable"."La seule chose que je puisse faire, c'est d'essayer d'expliquer la vérité", a-t-elle poursuivi, en larmes.
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Publié le 26/02/2010
Ce 1er mars, la femme de ménage découvre le maître de la haute finance criblé de quatre balles, ligoté avec, en guise de vêtement, une combinaison en latex. Le couple vivait depuis cinq ans une liaison sulfureuse. Et ce procès devant les assises de Genève, devraient voir s'affronter deux versions.
Pour les avocats de la famille Stern, ce meurtre a été prémédité par une femme manipulatrice, rusée et cupide. Lors de l'instruction, Me Bonnant décrit Cécile Brossard comme une "cocotte" âpre au gain, qui "a attisé les fantasmes d'un homme de 50 ans", tombé dans la dépendance "d'une petite blonde de banlieue (...) à la sexualité déviante". La défense soutient, elle, la thèse du crime passionnel, Cécile Brossard ayant été victime d'une relation perverse. Me Maurer considère que sa cliente a été victime d'un harcèlement moral, d'une relation qui l'a conduite "jusqu'à l'anorexie, à sa dégradation morale et à sa dégradation physique". Désespérée, elle aurait tué l'homme qu'elle aimait mais qui la faisait trop souffrir. L'autre défenseur de Cécile Brossard, Me Reymond, cite un message laissé par le banquier à sa maîtresse peu avant sa mort : "Tu ne crois pas que je vais passer mon existence avec une merde comme toi. Je vomis sur toi. Je t'emmerde." Deux versions ou l'occasion de replonger dans les méandres d'une passion tourmentée, excessive et sadomasochiste.
"Un million, c'est cher payé pour une pute"
Les deux amants se rencontrent en 2001 lors d'un dîner à Paris. Divorcé et père de trois enfants, Edouard Stern est l'une des plus grandes fortunes de France. Cécile Brossard, ex-serveuse au Maxims et ancienne vendeuse en maroquinerie de luxe, est sculptrice. Une idylle débute. La jolie maîtresse confie être "dingue de ce mec". Parties de chasse en Tanzanie, week-end à New York... Les premiers mois coulent sans nuages mais la relation se dégrade. Les années suivantes sont une alternance de brouilles et de retrouvailles. Quand les mots du banquier, réputé séducteur, fascinant et tyrannique, sont trop durs, Cécile Brossard disparaît pour mieux revenir. Le couple s'aime et se déchire continuellement, excessivement. Des ultimatums, des séparations et autant de réconciliations sur l'oreiller.
En novembre 2004, Edouard Stern prend la plume et, sur papier rose, parle bague et bébé. Début 2005, un million de dollars est versé sur le compte de Cécile Brossard. Un gage de son amour ? Cet argent ajoute de l'huile sur le feu. Edouard Stern lui demande de le lui rendre. Enième dispute. Pour récupérer cette petite fortune, le prince de la finance invente une combine : la non-livraison par Cécile Brossard de huit Chagall. Le 28 février, la jeune femme sait que son compte est bloqué. Le soir, le couple se retrouve dans la garçonnière d'Edouard Stern. Elle veut parler, il a envie d'elle. Après l'acte, le banquier aurait dit à sa maîtresse : "Un million, c'est cher payé pour une pute". A ce moment-là, "j'ai pété un câble", confie la jeune femme. "Cette phrase est extrêmement humiliante et marque la fin de tous les espoirs qu'elle avait placés dans leur relation", explique à Reuters Me Reymond. Arrêtée après une cavale de deux semaines, elle reconnaît avoir tiré sur son amant.
La jeune femme est-elle coupable d'un crime crapuleux ou d'un crime d'amour ? La première accusation fait encourir à Cécile Brossard une peine de 20 ans de prison. La seconde l'expose à dix ans de détention. Charge aux douze jurés de démêler les fils sacrément entremêlés de cette relation ô combien complexe. Le verdict est attendu le 19 juin.
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