Gordon Brown, le 20 mai 2009 © ReutersLa grande lessive. Bien obligé par des démissions en cascade, le Premier ministre britannique Gordon Brown va procéder vendredi à un remaniement ministériel. Selon plusieurs médias, l'actuel ministre de la Santé Alan Johnson, considéré comme un successeur potentiel de Gordon Brown, serait nommé à l'Intérieur, en remplacement de Jacqui Smith, éclaboussée par le scandale des notes de frais. Le ministre des Finances Alistair Darling et son homologue de la Justice Jack Straw devraient quant à eux conserver leurs postes. Ce remaniement intervient au lendemain de la démission spectaculaire d'un cinquième membre du gouvernement de Brown, James Purnell, ministre du Travail et des Retraites. M. Purnell a ouvertement défié M. Brown de quitter son poste pour le bien du Labour, fragilisant un peu plus l'autorité du Premier ministre. Il s'agit de la cinquième démission d'un membre du gouvernement en trois jours, mais aucun d'eux n'avait jusqu'à présent appelé ouvertement au départ de Gordon Brown.
Et selon les médias britanniques, le ministre britannique de la Défense John Hutton a démissionné, devenant le 6e membre du gouvernement de Gordon Brown à quitter son poste. Il aurait décidé de quitter le gouvernement pour des "raisons familiales", selon la BBC, Sky News et l'agence britannique Press association. Il pourrait être remplacé à la Défense, poste-clé alors que des milliers de soldats britanniques sont encore déployés en Irak et en Afghanistan, par l'actuel ministre pour l'Irlande du Nord Shaun Woodward.
Croquettes pour chien remboursées par le contribuable
L'annonce de la nouvelle équipe gouvernementale survient en outre alors que le Labour au pouvoir s'attend à une déroute lors d'élections locales organisées jeudi et dont les résultats sont attendus vendredi après-midi. Les premiers résultats montrent que le Parti travailliste semble en difficulté. Sur les trois premiers conseils locaux dépouillés, le Labour a déjà perdu 23 sièges de conseillers, alors que l'opposition conservatrice en gagnait 18.
Les Britanniques étaient appelés à élire 72 députés européens et 2.318 représentants dans une trentaine de collectivités locales d'Angleterre, ainsi que trois maires. Ces élections, les premières depuis le retentissant scandale des notes de frais, représentent un dernier test avant des élections législatives attendues au plus tard en juin 2010. Depuis près d'un mois, la presse égrène les abus de députés de tous bords, parfois également ministres, qui se sont fait rembourser boîtes d'allumettes, croquettes pour chien ou île pour canards aux frais du contribuable. Le scandale éclabousse l'ensemble de la classe politique mais c'est le Labour qui en a le plus pâti, allant jusqu'à faire naître une rébellion au sein même du parti. Selon la presse, des députés travaillistes ont commencé à diffuser une pétition par courriel appelant au départ du Premier ministre. La fronde viserait à réunir plus de 70 députés, soit le niveau suffisant pour déclencher l'élection d'un nouveau leader au sein du Labour.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




