Gordon Brown au sommet du G20 (2 avril 2009) © TF1/LCIGordon Brown, qui espère étouffer une rébellion au sein du Parti travailliste britannique pour éviter la chute de son gouvernement, a affirmé samedi qu'il poursuivrait sa politique alors que le Labour se préparait à une déroute probable aux élections européennes. "Il est important de reconnaître qu'en cette période sans précédent on doit passer par des hauts et des bas en politique", a déclaré le Premier ministre au lendemain d'un remaniement qui visait à lui assurer la fidélité de ses ministres après les démissions en cascade qui ont affecté son cabinet. "On est voué aux difficultés parce que le public attend de voir les résultats, mais il faut poursuivre l'action politique et veiller à ce qu'elle aboutisse", a-t-il dit aux journalistes après une cérémonie oecuménique à la cathédrale de Bayeux pour le 65e anniversaire du débarquement allié en Normandie.
Dernier signal d'alarme avant les européennes, des élections locales ont confirmé cette semaine la déroute prédite au Labour. Selon des chiffres définitifs, le parti travailliste a dû céder à l'opposition conservatrice l'ensemble des conseils locaux qu'il contrôlait encore en Angleterre, seule région concernée par le scrutin organisé jeudi en même temps que les élections européennes.
La "révolte des paysans"
C'est une véritable vague bleue, la couleur des Tories, qui a submergé la campagne anglaise, dans ce qui est qualifié comme le pire score du Labour à des élections locales "depuis la Seconde Guerre mondiale", reconnaît le Guardian, proche des travaillistes. Le mécontentement de la population, après le retentissant scandale des notes de frais abusives qui éclabousse les députés depuis un mois, a par ailleurs permis au BNP (extrême droite) de remporter ses premiers élus locaux.
Face à l'ampleur de la débâcle, la presse estimait samedi que le remaniement annoncé par Brown vendredi ne lui offrait qu'un court répit. "Il a survécu. Pour le moment", titrait le Daily Telegraph. "Gordon Brown est encore debout, à peine", estimait le Financial Times. Limité, le remaniement de vendredi a été perçu comme un cautère sur une jambe de bois. Il ne fait que colmater les brèches laissées béantes par la démission en cascade de dix membres du gouvernement en quatre jours mais sans faire taire les appels à la démission de Brown.
"Gordon Brown est un mort vivant", écrit ainsi le Sun. Et une autre "humiliation" l'attend quand arriveront, dimanche soir, les résultats des élections européennes, avertit le Financial Times. Une nouvelle déroute ne manquerait pas d'alimenter la "révolte des paysans", nom donné par la presse à la fronde des députés travaillistes qui font circuler une pétition réclamant le départ de Gordon Brown. Ces députés rebelles promettent "70 à 80" signatures, soit suffisamment pour déclencher l'élection d'un nouveau leader au sein du Labour.
D'après agence
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