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L'extrême-droite britannique au Parlement européen

le 08 juin 2009 à 08h36, mis à jour le 08 juin 2009 à 09:21

Deux représentants du British National Party ont été élus dimanche soir au Parlement européen, une première dans l'histoire politique britannique. L'extrême-droite a d'ailleurs fait une percée dans plusieurs pays européens, sauf en France.

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Nick Griffin BNPNick Griffin, leader du British national party (extrême-droite), célèbre son élection au Parlement européen, le 7 juin 2009. © Reuters

Pour la première fois de son Histoire, l'extrême-droite britannique fait son entrée au Parlement européen. Le British National Party (BNP) a remporté ses premiers sièges au Parlement de Strasbourg. Andrew Brons, le candidat du BNP dans la région du Yorkshire et Humber (Nord de l'Angleterre), est arrivé en 5e position avec 10% des voix (+2%). Le leader de la formation, Nick Griffin, a quant à lui remporté un siège dans la circonscription du nord-ouest, où se trouve la ville industrielle de Manchester, recueillant 8% des suffrages.

"Je considère ceci comme un premier pas vers la libération du Royaume-Uni et du peuple britannique de la dictature européenne", a commenté Andrew Brons après son élection. Nick Griffin a quant à lui réaffirmé dimanche que le Royaume-Uni était "un pays chrétien et l'islam n'y est pas le bienvenu, parce que l'islam et le christianisme, l'islam et la démocratie, l'islam et les droits des femmes ne vont pas ensemble". "C'est un fait et les élites européennes vont devoir s'en rendre compte et y remédier dans les années à venir", a-t-il ajouté avant d'assurer : "Nous ne sommes pas un parti raciste". Le leader du BNP a été la cible de manifestants à son arrivée à la mairie de Manchester en début de soirée. Les protestataires ont pris d'assaut le convoi à bord duquel il se trouvait, l'obligeant à repartir sans pouvoir sortir de son véhicule.

Andy Burnham, le ministre de la Santé au sein du gouvernement travailliste, a immédiatement regretté un "triste épisode pour la politique britannique". "Le BNP est l'ultime vote protestataire", a-t-il ajouté. "C'est une façon de faire un doigt d'honneur à l'establishment". Le travailliste Ken Livingstone, ancien maire de Londres et président de le l'Union contre le fascisme, a quant à lui qualifié le BNP de "nazis du XXIe siècle".

Coup dur pour Gordon Brown

Lors de sa campagne pour les européennes, le BNP avait, outre ses chevaux de bataille habituels, profité de la vague de mécontentement des Britanniques envers leurs élus après le scandale des notes de frais abusives des députés et ministres qui touchent surtout les trois grands partis. Le BNP, qui promet notamment "des emplois britanniques pour des travailleurs britanniques", avait déjà remporté ses trois premiers sièges dans un conseil régional lors des élections locales qui se sont tenues jeudi, en même temps que le scrutin européen. Lors du dernier scrutin européen en 2004, le BNP, souvent considéré comme un parti xénophobe, hostile notamment à l'immigration massive et à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, avait obtenu 4,9% des voix au niveau national.

L'élection d'un député européen d'extrême droite représente un coup dur supplémentaire pour le Premier ministre Gordon Brown, dont le parti travailliste semblait s'acheminer vers une nouvelle débâcle selon les premiers résultats publiés dimanche soir. De nombreux députés du Labour devraient considérer que cette victoire de l'extrême droite est en partie due à l'effondrement de l'électorat travailliste, ce qui pourrait relancer les appels à un renouvellement de la direction du parti et à la démission de Gordon Brown dès lundi.
  

Percée des partis extrémistes et europhobes

Lors de ce scrutin, eurosceptiques et extrême-droite ont réalisé des percées dans plusieurs pays. Au Royaume-Uni, le parti europhobe Ukip a recueilli 17% des voix. Un score à rapprocher de celui de l'eurosceptique Hans-Peter Martin (17,87%) en Autriche. Un pays où l'extrême-droite (le FPÖ de Hans-Christian Strache et le le BZÖ) totalise 17,74% des voix. En Hongrie, le parti d'extrême droite Jobbik peut prétendre à un ou deux sièges. En Slovaquie, les ultranationalistes du SNS devraient obtenir leur premier siège. En Roumanie, le Parti de la Grande Roumanie (PRM, extrême-droite) obtiendrait deux sièges. Le parti islamophobe de Geert Wilders aux Pays-Bas avait aussi remporté dès jeudi 17% des voix et quatre sièges.

En revanche, en France, le Front National plafonne à 6,34% des voix (trois élus), contre 9,8 % en 2004. Avec 6,74% des voix, le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers (6,7% en 2004), désormais allié au CPNT (Chasse, pêche, nature et tradition) de Frédéric Nihous, sous la bannière Libertas, n'enverra que Philippe de Villiers à Strasbourg. Selon les analystes, l'électorat de ces deux formations s'est tourné vers l'UMP de Nicolas Sarkozy.

D'après agence
 

le 08 juin 2009 à 08:36
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