Angela Merkel © ReutersLa droite, déjà majoritaire dans le Parlement européen sortant, a confirmé ses positions lors des élections qui se sont déroulées entre jeudi et dimanche. En règle générale, les différents partis la représentant dans les 27 pays membres de l'Union européenne ont en effet remporté le scrutin, parfois avec une large avance en voix face aux socialistes et aux sociaux-démocrates.
Selon des estimations publiées par le Parlement européen un peu après 1h du matin GMT, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) devraient remporter 267 sièges sur un total de 736, contre 288 élus sur 785 dans l'hémicycle sortant. Ce qui représente une très légère baisse en pourcentage (36,28% contre 36,69%).
Sans compter les conservateurs britanniques et tchèques qui ont annoncé qu'ils faisaient sécession, le PPE arrive malgré tout loin devant les socialistes (159). Ces derniers pourraient cependant regagner un peu de terrain grâce à la vingtaine d'élus du Parti démocrate italien qui devraient rejoindre le groupe. Derrière conservateurs et socialistes viennent les libéraux, quasi stables avec 81 élus, et les Verts qui font une percée avec 51 élus, contre 43 dans l'hémicycle sortant.
Autre phénomène marquant, le nouveau record pour l'abstention : elle atteint 56,45%, contre 54,6% en 2004, selon un chiffre provisoire annoncé par le Parlement vers 23h30 GMT.
Allemagne : la CDU en force mais... en recul
En Allemagne, pays qui envoie le plus gros contingent au Parlement, soit 99 eurodéputés sur 736, les conservateurs (CDU) de la chancelière allemande Angela Merkel et leurs alliés sont largement en tête avec 37,9% des suffrages, devant les sociaux-démocrates qui essuient une défaite historique (20,8%). Néanmoins, par rapport à 2004, la CDU est en recul de six points et devrait donc envoyer moins de députés dans le nouveau Parlement européen. Paradoxalement, les troupes du Parti populaire européen seront donc moins "germaniques" que dans la précédente législature.
En Italie, Silvio Berlusconi, un an après sa victoire aux législatives, reste en tête. Mais les critiques et ses affaires de moeurs lui ont coûté plusieurs points. Son parti, le Peuple de la Liberté, obtient 35,6%, très loin de l'objectif fixé à 40% par le Premier ministre lui-même.
Brown et le Labour étrillés au Royaume-Uni
Dans plusieurs pays, l'opposition de droite donne une leçon à la gauche au pouvoir. La plus éclatante est au Royaume-Uni. Impopulaire, plombé par le scandale des notes de frais, Gordon Brown, le Premier ministre, a été laminé par les Tories (29%). Le Labour, sa formation, est à son plus bas historique (15%) et n'arrive même qu'en 3e position, derrière l'UKIP, le parti europhobe (17%) !
En Espagne, le Parti populaire, obtiendrait le score de 43%, contre 40,5% au Parti socialiste du Premier ministre José Luis Zapatero. En Hongrie, le Fidesz, la grande formation de de droite, réalise le score le plus impressionnant : 67%, contre à peine 19% aux socialistes du MSZP, au pouvoir. Même résultat en Slovénie : le SDS recueille 26,4%, contre 18,2% au parti social-démocrate SD du Premier ministre Borut Pahor. En Bulgarie, le parti de droite GERB du maire de Sofia Boïko Borissov devance les socialistes du Premier ministre Serguei Stanichev : 26% contre 20%. Au Portugal, défaite également du Premier ministre José Socrates. A Chypre, même situation : l'opposition de droite l'emporte.
Aux Pays-Bas, qui a voté jeudi, les résultats étaient déjà connus depuis vendredi : le parti chrétien-démocrate (CDA) du Premier ministre Jan-Peter Balkenende s'est imposé avec 19,9%. L'extrême-droite, emmenée par le PVV de Geert Wilders, a relégué les socialistes en 3e position (17% contre 12,1%). En Finlande, les populistes "Vrais Finlandais" enregistrent aussi une percée, tandis que les deux formations de droite cumulent plus de 40%.
Boulevard pour Barroso ?
Quelques consolations pour la gauche : en Grèce, l'opposition socialiste du Pasok y devance largement le parti conservateur de la Nouvelle Démocratie (ND) du Premier ministre Costas Caramanlis. Même situation au Danemark : les sociaux-démocrates, dans l'opposition, sont en tête. En Roumanie, la gauche sociale-démocrate (PSD) et la droite démocrate-libérale (PDL), qui forment la coalition au pouvoir, sont quant à elle à égalité, avec entre 30% et 31% des voix.
Les résultats des autres pays étaient attendus sous peu. S'ils confirment la victoire des partis de droite, José Manuel Barroso devrait être reconduit sans problème à la tête de la Commission européenne.
Extrême-droite en hausse
Plusieurs formations extrêmes ont progressé lors de ce scrutin. Pour la première fois, le Royaume-Uni a élu deux eurodéputés issus d'un parti d'extrême droite, le BNP. En Hongrie, le parti d'extrême droite Jobbik peut prétendre à un ou deux sièges. En Slovaquie, les ultranationalistes du SNS devraient obtenir leur premier siège. En Roumanie, le Parti de la Grande Roumanie (PRM, extrême-droite) obtiendrait deux sièges.
Le parti islamophobe de Geert Wilders aux Pays-Bas avait aussi remporté dès jeudi 17% des voix et quatre sièges. Même si cela ne devrait pas chambouler l'équilibre politique de l'hémicyle strasbourgeois, selon les analystes, ces petits partis pourront désormais donner plus facilement de la voix dans l'hémicycle strasbourgeois.
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