Capture d'écran du site L'espresso sur les conversations entre Silvio Berlusconi et une hôtesse © http://espresso.repubblica.itAprès une courte trêve, le scandale des relations de Silvio Berlusconi avec les femmes a repris ce lundi. Le quotidien La Repubblica et l'hebdomadaire L'Espresso, deux journaux de gauche appartenant au même groupe, ont en effet diffusé sur leur site internet des enregistrements de présumées conversations entre le chef du gouvernement et Patrizia D'Addario.
Cette hôtesse affirme notamment qu'elle et d'autres femmes ont été payées pour se rendre à des fêtes au domicile romain du Premier ministre et assure avoir couché avec lui. Patrizia d'Addario, âgée de 42 ans, explique avoir enregistré les documents sur son portable pendant ses visites chez Silvio Berlusconi lors de conversations téléphoniques puis les avoir transmis aux magistrats qui enquêtent sur Tarantini.
Le président du Conseil n'a pas démenti que cette femme soit venue chez lui mais a expliqué ne pas avoir su qu'elle se prostituait. Ses avocats ont souligné le mois dernier qu'il ne pouvait pas contrôler l'identité des invitées avec lesquelles ses hôtes masculins venaient à ses soirées. Il n'est pas mis en cause dans cette affaire.
"Le lit de Poutine"
Dans cette conversation qui aurait été enregistrée à l'automne dernier, on entend une voix masculine, attribuée à Silvio Berlusconi, s'adresser à une femme : "Moi aussi, je vais prendre une douche... et puis, tu m'attends dans le grand lit si tu finis en premier ?". "Quel grand lit... celui de Poutine ?", demande une voix féminine, censée être celle de Patrizia D'Addario. "Celui de Poutine", répond la voix masculine, ce à quoi la femme répond : "Ah comme c'est chou... celui avec les rideaux". Selon Patrizia D'Addario, Silvio Berlusconi a un lit à baldaquin que lui a offert le Premier ministre russe. Une autre conversation rapportée ce lundi implique Patrizia d'Addario et Giampaolo Tarantini, un homme d'affaires soupçonné de corruption et de liens avec la prostitution.
Ecoutez un extrait de l'enregistrement dans le reportage ci-dessous :
Sans surprise, la droite balaye les accusations. Le porte-parole du Parti de la liberté du peuple, la formation du "Cavaliere", juge "affligeante" la diffusion des enregistrements. Le ministre de la Mise en oeuvre du Programme, Gianfranco Rotondi, accuse pour sa part les médias de chercher à "intimider" le gouvernement en "violant toute éthique" du journalisme. Mais pour les deux journaux, en pointe dans la dénonciation du scandale, les enregistrements prouvent que "ce que Patricia D'Addario a dit sur le président du Conseil est vrai". Or Silvio Berlusconi avait qualifié les informations sur les soirées passées en compagnie d'escort girls comme "des foutaises et des ordures".
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