Entre Londres et Paris, c'est l'amour tendre

le 06 juillet 2009 à 07h16 , mis à jour le 06 juillet 2009 à 16h23

A Evian, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown comptent faire la démonstration de l'accord sans nuage entre leurs deux pays. Ils ont ainsi parlé d'une même voix sur les paradis fiscaux.

Nicolas Sarkozy et Gordon Brown à Evian (6 juillet 2009)Nicolas Sarkozy et Gordon Brown à Evian (6 juillet 2009) © TF1/LCI

C'est une "entente formidable" qui règne entre la France et le Royaume-Uni. Le mot est de Gordon Brown ; il a été approuvé à 100% par l'Elysée, où l'on a évoqué une relation "d'une intensité et d'une convergence sans précédent" ; et sur les bords du Lac Léman, les dirigeants français et anglais font une nouvelle fois ce lundi, sous un ciel dégagé de tout nuage, la démonstration de cette lune de miel. Sont présents côté français, en rangs serrés derrière Nicolas Sarkozy : Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Bernard Kouchner (Affaires étrangères), Jean-Louis Borloo (Ecologie), Hervé Morin (Défense), Eric Besson (Immigration) et Pierre Lellouche (Affaires européennes).

L'un des premiers points sur lesquels s'est exprimée cette entente plus que cordiale a été, à l'occasion d'une conférence de presse commune entre Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, celui des paradis fiscaux. "Quand les paradis fiscaux ne se conforment pas aux normes internationales de transparence, il devrait y avoir une réponse globale robuste et coordonnée", a ainsi lancé le Premier ministre britannique. "Donc, nous demandons aujourd'hui qu'une date-butoir soit fixée en mars 2010 pour l'instauration de sanctions contre les paradis fiscaux, des sanctions qui pourraient inclure une révision des politiques d'investissement, l'instauration de taxes sur des fonds basés dans des paradis fiscaux ou le retrait de l'aide". Nicolas Sarkozy a lui aussi lancé un avertissement aux paradis fiscaux, rappelant que plus rien ne serait désormais comme avant la crise : "Gordon Brown et moi, nous pensons que ceux qui imaginent qu'après la crise ils pourront recommencer leurs petites affaires comme avant, on se mettra en travers".

Appel aux idées pour réguler le prix du brut

A deux jours du sommet italien du G8, et dans un contexte économique morose où la reprise se fait attendre, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy ont aussi fait part de leur inquiétude face à la volatilité des cours du brut, qui se sont appréciés de plus de 40% au second semestre. Le Premier ministre britannique a ainsi estimé qu'il fallait discuter des prix du pétrole avec les pays producteurs, pour réduire la volatilité des cours. C'est aussi la position de la France, qui discute de propositions en ce sens avec ses partenaires. "Dans quelques jours, nous publierons une contribution ensemble sur ce sujet", a déclaré Nicolas Sarkozy. Paris et Londres devraient aussi afficher leur position commune sur la mise en oeuvre du "paquet-climat" européen contre le réchauffement de la Terre. Alors que le français EDF a pris la tête de la course à la rénovation du parc nucléaire britannique, les deux responsables doivent en profiter pour lancer un appel en faveur de "la relance du nucléaire" en Europe.

Sur le plan bilatéral, la signature de textes qualifiés "d'ambitieux" sur l'immigration, pour renforcer les patrouilles et les moyens sur les deux rives de la Manche, et la défense doivent parachever la démonstration. Sur ce dernier front, Paris s'est ainsi voulu rassurant sur la solidité de l'engagement britannique dans le programme emblématique mais mal en point d'avion de transport militaire européen Airbus A400M. "Est-ce que les Britanniques veulent sortir du programme ? La réponse telle que nous la connaissons, c'est non", assure-t-on à l'Elysée.

Quant à l'éventuelle chute de Gordon Brown au profit de son adversaire conservateur David Cameron, elle ne semble pas non plus devoir affecter la lune de miel franco-britannique. "Le président a avec David Cameron des divergences qui sont connues sur la construction européenne", concède-t-on à Paris, "mais ça n'empêchera pas les deux parties de travailler ensemble".

D'après agence

le 06 juillet 2009 à 07:16
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

7 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Beber, le 06/07/2009 à 17h49

    L'angleterre a 2 visages ! 1/ oui au subvention de l'europe et au aide 2/ a l'interrieur du pays c'est " L'europe on n' en veux pas" alors Mr Sarkosy il faut leur mettre la pression au britanique exemple : l'euro dans 2 ans autrement on coupe les subventions.

  • Loucky, le 06/07/2009 à 16h49

    Le jour ou les anglais rouleront a droite et utiliseront l'euro..on pourra dire qu'ils font parti de l'europe..

  • Blunt, le 06/07/2009 à 15h55

    Donc brown va s'auto-senctionner puisque londre est l'un des plus grand paradis fiscal du monde!

  • Philou, le 06/07/2009 à 11h41

    On cherche les meilleures idées pour le nucléaire et le pétrole ! :( Et le reste ?

  • Phil, le 06/07/2009 à 10h13

    Mais une coallition au detriment du couple franco allemand ? attention de ne pas courir 2 lievres a la fois , l Allemagne a beaucoup plus de convergence avec les interets de la France ,

  • Phil, le 06/07/2009 à 10h09

    Francais et anglais main dans la main , j aurais vu ca avant de mourir.. c est vrai que ces 2 dernieres decennies nos peuples n ont jamais été aussi proches , le tunnel sous la manche y est pour quelque chose .

  • Ricardo, le 06/07/2009 à 08h28

    Pour une fois nous sommes bien avec les Anglais. Cest le moment de mettre les pendules à l'heure et l'EURO pour tout le monde. Merci Monsieur le Président.

Lire tous les commentaires

      logAudience