La pilule abortive RU486 mise sur le marché

le 31 juillet 2009 à 10h51 , mis à jour le 31 juillet 2009 à 12h11

Malgré les pressions de l'Eglise et les réticences du gouvernement, la pilule qui permet d'avorter sans intervention chirurgicale sera commercialisée.

[Expiré] [Expiré] pilule ru486 boite © AFP/G. Cacace

Au terme de deux ans de procédure, l'agence italienne du médicament (Aifa) a validé jeudi la mise en vente de la pilule abortive RU 486. Elle accède ainsi la demande du laboratoire français Exelgyn qui avait déposé sa requête en novembre 2007. Elle y met néanmoins plusieurs conditions : la pilule abortive, autorisée en France depuis 1998, ne pourra être administrée "que dans le cadre hospitalier" et "avant le 49e jour de grossesse, c'est-à-dire avant la septième semaine".   La RU486 -à ne pas confondre avec la pilule du lendemain, le Norlevo, commercialisée en Italie depuis 2000-permet de ne pas recourir à l'avortement chirurgical et d'interrompre par voie médicamenteuse une grossesse non désirée.
 
L'autorisation de la RU486 ne s'est pas faite sans mal. L'Eglise, qui défend les "droits" de l'embryon "dès sa conception", la droite conservatrice et plusieurs membres du gouvernement s'y sont en effet opposés.  Le président émérite de l'Académie pontificale pour la Vie du Vatican, Mgr Elio Sgreccia, a ainsi réaffirmé "l'excommunication pour le médecin, la femme et tous ceux qui poussent à l'utilisation" de la RU486. Cette pilule "n'est pas un médicament mais un poison mortel", tempête-t-il. "On prend une décision comme s'il s'agissait d'un quelconque anti-fièvre et non d'un instrument pour supprimer une vie, même si elle en est à son stade initial", souligne pour sa part le sous-secrétaire à l'Intérieur, Alfredo Mantovano. "C'est la culture de la mort qui triomphe", ajoute un député du parti UDC (centre-droit), Luca Volonté.
 
Selon des données rapportées ces derniers jours par le gouvernement, vingt-neuf femmes seraient mortes dans le monde depuis 1988 après avoir pris la RU486. "Il s'agit de cas dans lesquels notre mifépristone (ndlr : la molécule du RU486) n'a pas été pris selon les indications. C'est une accusation ridicule. Ces femmes ne sont pas mortes de l'avortement", réplique Exelgyn dans La Repubblica.

le 31 juillet 2009 à 10:51
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4 Commentaires

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  • HENRI, le 31/07/2009 à 16h47

    Une chose m'étonnera toujours. Comment en arriver "là" ??? ( à part pour des cas particulier, évidemment) La "pilule" existe depuis 1967, en France...Les personnes concernées ne sont-elles pas capables d'aller chez un médecin spécialisé, de lire des notices, d'aller dans un centre de planning familial ??? Je suis d'accord avec Gigi de Lyon dans la mesure où il énonce que c'est la femme la première concernée...Mais n'oublions pas que ce genre d' "opération" n'est, d'après ce que l'on entend dire, jamais neutre , sur le plan psychologique, pour une femme...En fait, ce médicament n'est pas du tout (à mon sens), une libération pour la Femme, mais le triomphe de l'Homme qui peut, à tire-larigot faire ce qu'il veut, sans se soucier le moins du monde si la femme est "contraceptivée"...J'attends les réactions.... " Vieux réac", passe ton chemin" !!! ........

  • Laeti, le 31/07/2009 à 16h44

    Je préfère la vie a la mort...je dis merci a ma maman de n'avoir pas avorté...elle aurait pu, elle a fait un choix de me garder non sans douleur. Je suis contente de vivre même avec un boulet. Sur ce, avoir le choix est primordial mais qui doit choisir.

  • Carole, le 31/07/2009 à 14h27

    De tout coeur d'accord avec ce qu'a écrit "Gigi" ! Et non ce n'est pas la culture de la mort qui triomphe : mais peut être ces messieurs bien pensant préfèreraient-ils l'abandon des enfants, avec tous les traumatismes que cela comportent, plutôt que l'interruption d'une grossesse (à un stade précoce rappelons le) ? Décidément rien n'est acquis et les femmes doivent être vigilantes pour leurs droits. Merci de me publier.

  • Gigi, le 31/07/2009 à 13h25

    Hourra! Encore un fait qui fait reculer les conservateurs! Mais qui sont ces gens qui décident pour les femmes. Ce sont des hommes qui prennent la parole, alors que c'est facile pour eux, ils n'apportent qu'une participation microscopique à la conception, et n'ont pas d'obligation biologique pour y participer physiquement ensuite... Merci donc de laisser les femmes disposer de leur corps mais attention , toujours sous contrôle médical, cela va de soi et soutenons le contrôle des naissances! Merci Mme Weill, merci Mme Badinther.... Merci de me publier.

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