5 juin 2009 : capture d'écran du site d'El Pais montrant les photos de réceptions privées organisées par Silvio Berlusconi © El PaisCe sont des documents parfois bien embarrassants pour Silvio Berlusconi. Certaines des photos concernées sont mêmes interdites de publication en Italie. Et son auteur a tenu à les placer sous haute protection. Selon Antonello Zappadu, à l'origine du scandale, les 5000 clichés qu'il a pris des fêtes du président du Conseil italien se trouvent dans un coffre-fort en Colombie.
Une précaution compréhensible de sa part, lorsqu'on sait que plusieurs centaines d'exemplaires de photos de Zappadu ont été saisies par la justice italienne, sur requête de Silvio Berlusconi, et que le photographe a été placé sous enquête pour violation de la vie privée. L'autorité italienne chargée de la protection de la vie privée a estimé que sur un total de 43 photos qu'elle a examinées "27 montraient l'intérieur du parc de la villa, prises depuis l'extérieur, sans que les personnes reprises en soient conscientes" et qu'elles étaient donc illégales.
"Mes photos font plus peur que les enregistrements"
Ces photographies de la villa sarde du Cavaliere mais aussi de l'aéroport où débarquent ses hôtes ont été prises entre 2007 et janvier 2009, a expliqué le photographe lors d'une conférence de presse. Ces clichés appartiennent à l'agence Eco Prensa, créée par Antonello Zappadu - marié à une Colombienne - avec d'autres photographes et dont le siège se trouve en Colombie. "Il y a beaucoup d'intérêt pour mes photographies, a-t-il expliqué, après les enregistrements" mis sur le site de l'hebdomadaire L'Espresso lundi et mardi, et qui seraient des extraits de conversation entre Silvio Berlusconi et une escort-girl payée pour passer la nuit à son domicile.
"Je ne sais pas exactement ce que contiennent ces photos. Je ne connais pas le nom des personnes qui y apparaissent", a-t-il assuré. Pourtant, juge-t-il, "mes photos font plus peur que les enregistrements car on y voit des personnes et des situations concrètes". Certains des hôtes célèbres du Cavaliere ont néanmoins déjà été identifiés : l'une de ces photos montre notamment l'ex-Premier ministre tchèque Mirek Topolanek nu. Mais ce dernier a affirmé être victime d'un photomontage.
Certains de ces clichés ont été publiés en juin par le quotidien espagnol El Pais, dont ceux de l'homme nu et de jeunes femmes bronzant les seins nus en string. Face à ceux qui dénoncent ses méthodes, Antonello Zappadu se justifie : "Je ne suis pas un paparazzo mais un journaliste qui veut montrer la vie indécente du chef du gouvernement", a déclaré le photographe qui présentait le livre que lui a consacré son frère, Salvatore, Antonello Zappadu. Le cauchemar de Berlusconi. Il soutient que la majorité des photographies qu'il a prises l'ont été légalement.
D'après agence
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