Obama et Medvedev tirent un trait sur l'ère Bush

le 06 juillet 2009 à 11h48 , mis à jour le 06 juillet 2009 à 22h31

Barack Obama et Dmitri Medvedev, ont signé lundi un accord préalable de désarmement nucléaire contenant des objectifs chiffrés de réduction de leurs arsenaux stratégiques.

Barack Obama et Dmitri Medvedev à Moscou (6 juillet 2009)Barack Obama et Dmitri Medvedev à Moscou (6 juillet 2009) © J. Young / Reuters

La première journée d'entretiens de Barack Obama avec son homologue russe Dmitri Medvedev au Kremlin s'est soldée par des accords importants, notamment sur le contrôle des armes nucléaires et le transit par la Russie des forces américaines combattant en Afghanistan. Lors d'une conférence de presse conjointe, les deux hommes ont exprimé la volonté de dépasser les divergences de vues bilatérales et de s'employer à coopérer au règlement de problèmes mondiaux comme la propagation des armes nucléaires. L'un et l'autre ont mentionné les points qui les séparent encore - l'opposition de Moscou au projet américain de bouclier antimissile en Europe centrale et la volonté de Washington de voir respecter l'intégrité territoriale de la Géorgie -, mais ils ont insisté en public sur les points positifs.
   
Après avoir salué en Medvedev un dirigeant "direct et professionnel" comprenant les intérêts du peuple russe et cherchant à comprendre ceux des Etats-Unis, Barack Obama a ajouté: "Nous avons décidé de remettre à zéro les relations américano-russes de façon à pouvoir coopérer plus efficacement."  Au cours d'une cérémonie de signature, Barak Obama et Dmitri Medvedev, vêtus à l'identique de costumes sombres, de chemises blanches et de cravates rouges, se sont engagés à mettre au point d'ici à la fin de l'année un traité réduisant les ogives nucléaires déployées dans chaque pays à 1.500-1.675 exemplaires, contre plus de 2.200 actuellement.

Transports de personnels et de militaires
 
Le nouveau traité est appelé à remplacer l'accord START, qui expire en décembre. Russes et Américains se sont déjà engagés à réduire leurs arsenaux à 1.700 et 2.200 ogives nucléaires en vertu du traité SORT qui court jusqu'en 2012. Mais SORT ne prévoit pas de mesures de vérifications détaillées comme START, contrairement au nouveau traité prévu avant la fin de l'année. Dmitri Medvedev a qualifié les entretiens de "conversations très utiles, ouvertes et franches", ajoutant qu'elles visaient à établir des relations bilatérales dignes du XXIe siècle. La Russie autorisera par ailleurs jusqu'à 4.500 vols pour le transit par son territoire de personnels militaires, d'armements et de matériel de guerre américains devant gagner l'Afghanistan.
La partie américaine y voit une promesse de participation de Moscou à la guerre contre les taliban.

D'autres accords couvrent la reprise de la coopération militaire russo-américaine, la création d'une nouvelle commission gouvernementale mixte et un échange de prisonniers de guerre, selon des documents diffusés par des responsables. Avant la venue d'Obama, des responsables russes avaient prévenu que Moscou ne signerait pas de traité sur les armements en fin d'année sans concessions de Washington sur son projet de bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque. Le chef de la Maison blanche a demandé un réexamen du projet et les deux dirigeants ont minimisé ce différend au Kremlin en déclarant s'être entendus pour continuer à évaluer conjointement les menaces internationales découlant des missiles balistiques. Notant qu'Obama avait attentivement écouté les objections russes en matière de défense antimissile, Medvedev a évoqué cette question en termes nettement plus modérés que ceux qu'employaient jusqu'ici les dirigeants russes. "Nul ne dit que la défense antimissile soit préjudiciable en soi, ni qu'elle menace quelqu'un", a-t-il dit devant la presse.

Rencontre avec Poutine

Reste à voir si Barack Obama recevra le même message mardi lors d'un petit déjeuner de travail avec l'homme politique le plus puissant de Russie, le Premier ministre Vladimir Poutine, qui a choisi Medvedev pour prendre sa suite au Kremlin. Durant la conférence de presse, Barack Obama n'a pas évité une bévue courante chez les visiteurs du Kremlin déroutés par ce pouvoir à deux têtes : il a parlé de son entrevue à venir avec le "président" Vladimir Poutine, mais il s'est vite repris. Poutine ne se trouvait pas à Moscou lundi. Il visitait une usine de moissonneuses-batteuses dans le sud de la Russie.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov avait accueilli Barack Obama, son épouse Michelle et leurs deux filles à leur descente d'Air Force One à l'aéroport de Moscou-Vnoukovo par un temps plutôt froid et nuageux. Le convoi du président américain a quitté l'aéroport pour la Tombe du Soldat inconnu, où a eu lieu un dépôt de gerbe. Dans la banlieue de Moscou, quelques curieux agitaient les mains en souriant, mais la plupart des badauds regardaient sans réagir.

(D'après agences)

le 06 juillet 2009 à 11:48
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9 Commentaires

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  • Cedric, le 07/07/2009 à 10h45

    Juste une chose...la Russie possède a ce jour la plus puissante bombe nucléaire au monde...je ne me rapelle plus de la taille en méga-tonne exact, mais c'est tout bonnement monstrueux...) Hiroshima, a coté, c'est un pet de moustique. Donc réduire le nombre d'ogives me fait sourire...jaune.

  • Philippe, le 07/07/2009 à 09h46

    Tout ne peut pas être résolu en une fois. Le président Obama a cherché à rompre la glace dans un premier temps. Ce n'est que progressivement qu'il pourra réparer les dégâts causés par l'idiot qui l'a précédé pendant 8 ans. Surtout face à un interlocuteur aussi rusé que la bande de Medvedev-Poutine. Courage, M. Obama.

  • Didier, le 06/07/2009 à 23h03

    Ce president americain nous montre deja sont vrais visage , les droits de l homme pfffffff .

  • Robert, le 06/07/2009 à 20h49

    C'est du bidon. Le nucléaire n'est que disuasif, tout le monde le sait. Personne (sauf peut être la corée du nord ou l'iran) n'oserait utiliser leur missible. C'est même du vent, quand on sait que ces deux pays travaillent depuis des années sur des bombes nucléaires miiniatures qu'on pourrait transporter dans une valise. Et pire encore, les bombes bactériologiques font depuis des années l'objet de recherche de part et d'autres, et de ce côté là ils n'ont que l'ambarras du choix. D'ailleurs, comme ca en passant, c'est tout de même étrange que la grippe mexicaine n'ait pas impacté la russie..

  • Ratgemini, le 06/07/2009 à 19h50

    Avant son arrivée à Moscou, Barack Obama a-t-il été pressé par une partie de son opinion ou, ne devrait-on pas dire plus exactement, par certains lobbies de ne pas oublier en route les droits de l'Homme et le respect de l'Etat de droit en Russie... Cynisme de leur part : Irak, Balkans, Guantanamo etc. En tout cas, le désarmement nucléaire nous épargnera peut-être de tragédies historiques telles qu'Hiroshima, Nagasaki, Hanoï etc.

  • Lionel, le 06/07/2009 à 17h50

    Pas de controle car aucun comptage possible, intention dans le temps, rien sur l'iran, et on nous fait avaler la pilulle du tout va bien avec 2 jeunes quadra dynamiques, car il n'y a que çà qui a changé le reste n'est que blablablablablablab

  • Gringo, le 06/07/2009 à 17h31

    Cela ne reste que des accord...un pays comme la Russie n'a pas hésité à violer les droits internationaux lorsqu'ils sont entré en Georgie... et ils n'ont strictement rien eu ! Le jour où ils souhaiteront appuyer sur le bouton... ils appuieront et deux fois plutôt qu'une....

  • Maxime, le 06/07/2009 à 16h30

    Il est vrai que baisser les arsenaux sont une bonne idee, 1ere cause : Volonte de montrer apaisement, 2ement : il est tt a fait inutile de possederr des milliers de bombes atomiques car il n;en faudrait que qq une pour rayer toute vie sur la planete ET 3eme : le cout faramineux de l'entretien et de la securite!!! QUe de bonnes raisons pour baisser ces arsenaux donc!

  • Drey-drey, le 06/07/2009 à 13h18

    Enfin un peu moins de Hiroshima au-dessus de nos têtes ! Si tous les pays pouvaient faire pareil, ce serait idéal. Ceci dit entre pouvoir et vouloir, il y a une grande marge. Qui contrôle ce qui va être vraiment fait ?

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