Michel Daerden (à droite), lors de sa prestation de serment comme ministre fédéral belge des Pensions, le 17 juillet 2009 © ReutersLa Daerdenmania, c'est reparti... Difficile d'imaginer l'homme politique socialiste belge Michel Daerden ailleurs qu'en Belgique. Personnalité haute en couleurs, qui répète souvent qu'il aurait aimé être chanteur, Michel Daerden, 60 ans, vient d'atteindre la consécration pour un responsable politique wallon : devenir ministre fédéral en charge d'un sujet qui cristallise les tensions communautaires : le portefeuille des retraites. Et oui, en Belgique, le sujet est tellement sensible qu'il a fallu en faire un ministère à part entière. Christian Van Eyken, seul élu francophone du Parlement régional de Flandre, se bat pour abolir le règlement demandant aux acheteurs de prouver un lien avec la commune où le bien se situe.
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Michel Daerden, c'est cette star d'internet qui a fait le buzz en 2006 en apparaissant sur les écrans visiblement ivre lors d'une soirée électorale où il commentait sa réélection comme maire. Lui assure que c'est une dyslexie qui est à l'origine d'une certaine lenteur dans la diction. Oui mais bon, de nombreux témoins -et pas forcément des adversaires politiques- confirment que le ministre belge n'aime pas que l'eau de source des Ardennes -lui admet plutôt un problème avec la cigarette. Et ajoutent que ce n'était pas la première fois...
L'extrait de l'émission concernée :
En 2008, on se rappelle également sa "joie communicative" après le titre de champion de Belgique obtenu par le Standard de Liège, le club dont il est un fervent supporter. Là aussi, ses détracteurs ont pointé son penchant pour la boisson.
Autre fait de gloire : son "roupillon" lors d'une conférence.
Bref, en Wallonie, on ne fait guère plus pittoresque. L'homme a en effet le verbe haut, le propos fleuri, la répartie immédiate, le sens de la formule et un "patriotisme" wallon chevillé au corps. Doué également d'une véritable compétence en économie, il est devenu incontournable depuis plus de 30 ans en terre wallonne. La maîtrise des chiffres, il l'a transmise à son fils Frédéric, commissaire aux comptes de nombreuses sociétés belges. Il a d'ailleurs été épinglé par la justice pour conflit d'intérêt puisque le fiston était en même temps élu politique et commissaire aux comptes d'entreprises publiques dépendant de sa circonscription électorale. Quant aux talents musicaux qu'il revendique, il semble que ce soit sa fille, célèbre DJ outre-Quiévrain, qui en ait hérité.
"Belgique à papa"
En résumé, pour ses pires ennemis, il est le symbole d'une "Belgique à papa" où le PS clientéliste et népotiste n'en fait qu'à sa tête. Pour ses amis, c'est le symbole de cette Belgique conviviale, bonne vivante, qu'on apprécie avoir à sa table. Problème : confier à cet homme le dossier des retraites alors que le pays traverse une crise communautaire, c'est pour les Flamands la provocation de trop. La presse n'a d'ailleurs pas fait dans la dentelle, en parlant du "clown Daerden" intégrant le "cirque fédéral". La communauté flamande a le sentiment de financer un trou wallon sans fond. Le dossier des retraites -"pensions" dit-on en version belge- est encore une compétence fédérale que les Flamands aspirent à régionaliser. Et devinez qui s'y oppose : les socialistes wallons. CQFD.
En ce 21 juillet, jour de fête nationale, les sourires étaient donc plutôt crispés pour la première sortie officielle du nouveau gouvernement belge. Et on imagine que lors de la garden party, le nouveau ministre allait être très surveillé par son entourage...
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