Les restes de la centrale hydroélectrique de Saïano Chouchenskaïa © LCIOnze personnes sont mortes et des dizaines d'autres ont été portées disparues lundi après un spectaculaire accident sur l'une des plus grandes centrales hydroélectriques de Russie. L'activité de la centrale hydroélectrique de Saïano Chouchenskaïa, dans la région de Khakassie en Sibérie, près de la frontière mongole et à environ 4.300 kilomètres de Moscou, a été totalement interrompue après la catastrophe. Celle-ci a été provoquée par une brusque élévation de la pression de l'eau dans l'une de ses dix turbines, dont l'origine n'est pas encore connue, ont indiqué des responsables.
La centrale, située sur le fleuve Iénisseï, est l'une des plus puissantes du monde, avec une capacité de 6,4 millions de kilowatts/heure. Son barrage, qui culmine à 245 mètres de hauteur, est long de 1.074 mètres. L'irruption de l'eau a provoqué un "choc" qui a détruit la turbine et une partie du plafond et du mur de la salle des turbines, a expliqué un porte-parole du ministère local des Situations d'urgence. Selon le dernier bilan donné par le ministère, "onze personnes sont mortes, 14 ont été blessées et plus d'une cinquantaine de personnes sont portées disparues", a rapporté l'agence Interfax.
Selon Andreï Mitrofanov, ingénieur en chef de la centrale, cité par l'agence Itar-Tass, "environ 300 personnes" se trouvaient sur son territoire au moment de l'accident. Le président russe Dmitri Medvedev a exprimé lundi soir ses condoléances aux employés de la centrale. "On va soigneusement enquêter sur les circonstances de cette catastrophe et apporter une assistance nécessaire aux blessés", a déclaré M. Medvedev, selon le service de presse du Kremlin. Le ministre de l'Energie, Sergueï Chmatko, s'est rendu sur place et le Premier ministre Vladimir Poutine est arrivé lundi soir au siège du centre national de gestion des crises, ont annoncé les agences russes.
Les autorités locales et nationales ont insisté sur le fait que le barrage restait solide et que les populations vivant en aval n'étaient nullement menacées. "Le barrage est sec, il n'est pas atteint", a souligné Vassili Zoubakine, le patron par intérim du groupe public Rushydro, qui gère la centrale. Des entreprises de la région ont dû interrompre leur activité ou recourir à des sources d'énergie extérieures, à l'instar du géant de l'aluminium Rusal, qui y gère deux importantes fonderies. Les autres centrales électriques de la région ont augmenté leur production pour compenser.
En début d'après midi, le courant a été rétabli pour "tous les consommateurs" de cinq régions de Sibérie affectés par l'accident et les restrictions levées, a indiqué le vice-Premier ministre russe Igor Setchine, cité par l'agence Itar-Tass. Mais la reconstruction de la centrale risque de prendre "quatre ans ou plus", a déclaré M. Zoubakine. Son arrêt va coûter cher à Rushydro: 1,5 milliard de roubles (32 millions d'euros) de pertes par mois, a-t-il souligné. Les consommateurs finaux de Sibérie eux-mêmes ne sont pas à l'abri "d'une hausse des prix de 5 à 7%" de l'électricité, a prévenu M. Chmatko.
De son côté, Rusal pourrait réduire la production de l'aluminium de 500 milles tonnes par an, si l'approvisionnement ininterrompu en électricité n'est pas assuré, a déclaré un haut responsable de la compagnie, Artiom Volynets, à l'agence Dow Jones Newswires. En 2008, Rusal a produit 4,4 million de tonnes d'aluminium et prévoyait produire 3,9 million de tonnes en 2009, selon l'agence Itar-Tass. En outre, le Service fédéral des tarifs n'a pas exclu que la Russie toute entière soit contrainte de revoir son programme énergétique: "Nous n'excluons pas que l'assiette énergétique de 2010 soit revue puisqu'elle avait été établie en prenant en compte la production de la centrale", a déclaré une porte-parole, Anna Martynova, citée par Interfax.
D'après agence
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