Ce que l'on sait et les zones d'ombre

le 16 août 2009 à 16h03 , mis à jour le 16 août 2009 à 16h16

L'Arctic Sea a disparu ces deux dernières semaines, laissant dans son sillage de nombreuses interrogations. Retour sur une affaire bien mystérieuse.

[Expiré] [Expiré] Arctic Sea © AFP

La disparition du cargo Arctic Sea avec son  équipage russe, repéré au large du Cap-Vert et pour lequel une rançon a été  demandée en Finlande, suscite une mobilisation internationale qui donne à  l'affaire un parfum d'énigme digne du roman d'espionnage. Retour sur les différents rebondissements de cette mystérieuse affaire.

- Deux drôles d'attaques. Le 24 juillet dans les eaux territoriales suédoises en  mer Baltique, une dizaine d'hommes masqués se présentant comme des policiers à  la recherche de drogue prend le contrôle du vraquier armé par la société  finlandaise Solchart. Ils séquestrent l'équipage et fouillent le navire de fond  en comble pour le quitter une dizaine d'heures plus tard sans toucher ni au chargement ni aux marins qui racontent leur mésaventure à l'armateur. Celui-ci  prévient la police finlandaise mais la nouvelle n'est rendue publique que le 30  juillet par la police suédoise, elle-même prévenue la veille par les policiers  finlandais. Une seconde attaque, au large du Portugal, est portée à la  connaissance publique le 14 août depuis Bruxelles par la Commission européenne  qui précise, sans donner plus de détails, que ces attaques "ne sont pas des  actes de piraterie traditionnelle".

- Tout ça pour un vraquier chargé de bois ? Après l'alerte lancée  le 3 août par Interpol, la police finlandaise explique samedi coordonner et  centraliser l'enquête sur l'Arctic Sea et tenir informés "plus de 20 pays". La  veille, la Russie et l'Otan ont reconnu coopérer dans la recherche du vraquier,  alors que jusque-là, seule la Russie semblait le rechercher activement. Le  président russe Dmitri Medvedev a ordonné le 12 août de "prendre toutes les  mesures nécessaires pour retrouver et, si besoin est, libérer" le cargo et son  équipage russe. Samedi, un haut gradé de l'armée cap-verdienne affirme que la  Russie et l'Otan - dont les Etats-Unis - surveillent la progression du bateau  par des satellites et d'autres moyens. Dimanche, l'Autorité finlandaise de  sécurité nucléaire (Stuk) fait savoir qu'une mesure de radioactivité a été  effectuée, sans aucune raison, avant l'appareillage et s'est avérée négative. Officiellement, ce vraquier transporte un chargement de bois pour une valeur un  peu supérieure à un million d'euros.

- Les derniers contacts avec le navire. Outre le contact avec l'armateur pour relater la première attaque, l'Arctic Sea en route vers Béjaïa en Algérie répond à un appel  de routine des garde-côtes britanniques à son passage dans la Manche le 28  juillet. Cette conversation n'est rendue publique que le 11 août. Dans la nuit  du 29 au 30 juillet, le navire se signale lors du passage du rail d'Ouessant, au  large des côtes nord-ouest de la France. Lors de ces deux contacts, rien de  suspect n'est relevé. Toutefois, alors que le vraquier navigue dans l'océan  Atlantique loin de ses eaux territoriales, la police suédoise établit le 31  juillet un autre contact téléphonique. Elle refuse d'en dévoiler le contenu.  C'est le dernier contact avéré avec le vraquier.

-Où est l'Arctic Sea ? Vendredi, des sources militaires concordantes  affirment que le cargo a été localisé dans l'Atlantique au large du Cap-Vert.  Samedi, un militaire cap-verdien haut gradé affirme que l'Arctic Sea "progresse  toujours à une vitesse estimée entre 15 et 20 noeuds" en faisant route vers le  sud et qu'il a dépassé le Cap-Vert. Les Russes s'abstiennent de toute  confirmation officielle.

- La mafia, des pirates ou un différend commercial ? Après l'alerte d'Interpol, les garde-côtes  britanniques admettent que la personne avec qui le contact a été établi le 28  juillet aurait pu être un preneur d'otages ou un captif parlant sous la menace.  Les experts échafaudent des hypothèses de règlement de comptes mafieux, de  trafic de drogue, de différend commercial qui aurait mal tourné. Samedi, la  police finlandaise annonce, sans donner aucun détail, que l'armateur a reçu une  demande de rançon.



(D'après agence)

le 16 août 2009 à 16:03
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