© AFPLa disparition du cargo Arctic Sea avec son équipage russe, repéré au large du Cap-Vert et pour lequel une rançon a été demandée en Finlande, suscite une mobilisation internationale qui donne à l'affaire un parfum d'énigme digne du roman d'espionnage. Retour sur les différents rebondissements de cette mystérieuse affaire.
- Deux drôles d'attaques. Le 24 juillet dans les eaux territoriales suédoises en mer Baltique, une dizaine d'hommes masqués se présentant comme des policiers à la recherche de drogue prend le contrôle du vraquier armé par la société finlandaise Solchart. Ils séquestrent l'équipage et fouillent le navire de fond en comble pour le quitter une dizaine d'heures plus tard sans toucher ni au chargement ni aux marins qui racontent leur mésaventure à l'armateur. Celui-ci prévient la police finlandaise mais la nouvelle n'est rendue publique que le 30 juillet par la police suédoise, elle-même prévenue la veille par les policiers finlandais. Une seconde attaque, au large du Portugal, est portée à la connaissance publique le 14 août depuis Bruxelles par la Commission européenne qui précise, sans donner plus de détails, que ces attaques "ne sont pas des actes de piraterie traditionnelle".
- Tout ça pour un vraquier chargé de bois ? Après l'alerte lancée le 3 août par Interpol, la police finlandaise explique samedi coordonner et centraliser l'enquête sur l'Arctic Sea et tenir informés "plus de 20 pays". La veille, la Russie et l'Otan ont reconnu coopérer dans la recherche du vraquier, alors que jusque-là, seule la Russie semblait le rechercher activement. Le président russe Dmitri Medvedev a ordonné le 12 août de "prendre toutes les mesures nécessaires pour retrouver et, si besoin est, libérer" le cargo et son équipage russe. Samedi, un haut gradé de l'armée cap-verdienne affirme que la Russie et l'Otan - dont les Etats-Unis - surveillent la progression du bateau par des satellites et d'autres moyens. Dimanche, l'Autorité finlandaise de sécurité nucléaire (Stuk) fait savoir qu'une mesure de radioactivité a été effectuée, sans aucune raison, avant l'appareillage et s'est avérée négative. Officiellement, ce vraquier transporte un chargement de bois pour une valeur un peu supérieure à un million d'euros.
- Les derniers contacts avec le navire. Outre le contact avec l'armateur pour relater la première attaque, l'Arctic Sea en route vers Béjaïa en Algérie répond à un appel de routine des garde-côtes britanniques à son passage dans la Manche le 28 juillet. Cette conversation n'est rendue publique que le 11 août. Dans la nuit du 29 au 30 juillet, le navire se signale lors du passage du rail d'Ouessant, au large des côtes nord-ouest de la France. Lors de ces deux contacts, rien de suspect n'est relevé. Toutefois, alors que le vraquier navigue dans l'océan Atlantique loin de ses eaux territoriales, la police suédoise établit le 31 juillet un autre contact téléphonique. Elle refuse d'en dévoiler le contenu. C'est le dernier contact avéré avec le vraquier.
-Où est l'Arctic Sea ? Vendredi, des sources militaires concordantes affirment que le cargo a été localisé dans l'Atlantique au large du Cap-Vert. Samedi, un militaire cap-verdien haut gradé affirme que l'Arctic Sea "progresse toujours à une vitesse estimée entre 15 et 20 noeuds" en faisant route vers le sud et qu'il a dépassé le Cap-Vert. Les Russes s'abstiennent de toute confirmation officielle.
- La mafia, des pirates ou un différend commercial ? Après l'alerte d'Interpol, les garde-côtes britanniques admettent que la personne avec qui le contact a été établi le 28 juillet aurait pu être un preneur d'otages ou un captif parlant sous la menace. Les experts échafaudent des hypothèses de règlement de comptes mafieux, de trafic de drogue, de différend commercial qui aurait mal tourné. Samedi, la police finlandaise annonce, sans donner aucun détail, que l'armateur a reçu une demande de rançon.
(D'après agence)
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