Le feu stoppé près d'Athènes

le 23 août 2009 à 17h01 , mis à jour le 25 août 2009 à 06h28

Il n'y a désormais plus de front important dans la région de la capitale grecque, et les pompiers s'efforcent d'éviter les reprises des feux.

[Expiré] [Expiré] Pompier grec luttant contre les flammes à Pikermi, à l'est d'Athènes (24 août 2009) © AFP / L. Gouliamaki

Les flammes ont enfin reculé. "La situation s'améliore, il n'y a plus de front actif important dans la  région d'Athènes", à l'exception du feu de Porto Germeno, en Béotie, à 60 km à  l'ouest de la capitale, annonçaient lundi soir les pompiers grecs. Les soldats du feu, qui restent déployés sur toute la zone, sont régulièrement  confrontés à de petites reprises de feu, mais les maîtrisent très vite.  A Porto Germeno, en dépit d'un ordre d'évacuation, de nombreux habitants ont refusé de quitter leur maison, pour pouvoir défendre leurs biens, comme c'est  souvent le cas quand il y a de tels feux en Grèce. A l'arrivée de la nuit, tandis que les huit hélicoptères mobilisés avaient  cessé d'opérer, ce feu ne menaçait plus de zones habitées, tandis que les vents  violents qui soufflaient dans la zone étaient tombés, selon la cellule des  pompiers. Les flammes avaient aussi cessé de progresser à Pikermi, en contrebas du  mont Pentélique, dernier rempart avant les faubourgs d'Athènes.

Plus tôt, des  dizaines d'habitants de cette agglomération de 1300 âmes avaient été regroupés  par la police près du cimetière municipal, pour laisser les avions intervenir. "Mon mari est dans notre maison et on ne me laisse pas le contacter",  s'inquiétait une femme en agitant un fagot de branches de figuier. "C'est  l'habitude", se justifiait-elle, expliquant qu'elle avait utilisé des branches  "toute la journée de dimanche pour éteindre les flammes". Le feu avait aussi été maîtrisé dans la région d'Agios Stéfanos, au nord de  la capitale, où il faisait rage dimanche. Les pompiers ont contenu la  progression des flammes dans la grande banlieue d'Athènes à Nea Makri, Ekali et  Daou Penteli, où de vastes moyens ont été déployés pour sauver le monastère  historique du Pantocrator.

Plus de 500 hommes et 132 véhicules sont sur place. Chypre a aussi annoncé  l'envoi de 100 nouveaux pompiers en renfort, avec six véhicules, en sus des 42  hommes déjà dépêchés dimanche, selon M. Kapakis. A la suite d'un appel lancé par la Grèce, deux avions italiens, quatre  partis de France, un hélicoptère chypriote et un avion turc participent aux  opérations, au titre de l'aide bilatérale ou dans le cadre du mécanisme  communautaire de protection civile. L'Autriche a aussi annoncé l'envoi de six avions et hélicoptères  anti-incendie, et deux appareils espagnols sont attendus mardi.

"Une catastrophe écologique"

L'armée a pour sa part chiffré à un millier les soldats mis à la disposition  des autorités pour contribuer à la lutte.   "Ils sont juste ici pour qu'on les voie (...) moi aussi j'ai été envoyé dans  ce genre de situation lorsque j'étais dans l'aviation, et nous ne savions pas  quoi faire", ironisait Nikos Contellis, un retraité de 60 ans, à Néa Makri, à la  vue d'une troupe de marins en train de déjeuner dans la rue. La Protection civile grecque a fait appel au service européen SAFER de  réponse aux catastrophes naturelles pour disposer d'images satellite permettant  de suivre l'évolution de la situation sur le terrain et d'évaluer l'étendue des  dégâts.

Dans un premier bilan provisoire pour l'Attique, le ministère de  l'Environnement et des Travaux publics a chiffré à "environ 150" le nombre des  habitations endommagées. Des équipes doivent entamer mardi l'inventaire exact  des dégâts.   Plus de 15.000 hectares de forêt ont été dévastés, selon les autorités  régionales. Le préfet d'Athènes, Yannis Sgouros, a parlé d'une "indescriptible  catastrophe écologique". Attisés par des vents de force 7 sur l'échelle de Beaufort (de 50 à 60  km/h), ces incendies sont les plus graves depuis ceux de l'été 2007, qui avaient  fait 77 morts et ravagé plus de 250.000 hectares, principalement dans le  Péloponnèse et sur l'île d'Eubée.

Sur les télévisions, des habitants et des responsables locaux ont dénoncé  des secours trop tardifs et mal coordonnés, tandis que la presse jugeait que les  autorités "n'avaient pas tiré les leçons du passé" faute de "mesures élémentaires de prévention". En province, un front continuait pour la troisième journée consécutive de  ravager des forêts, près de Karystos, dans le sud de l'île d'Eubée (nord-est  d'Athènes), mais sans menacer de zones habitées, a fait savoir la cellule des  pompiers.

D'après agence

le 23 août 2009 à 17:01
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12 Commentaires

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  • Pilepoil, le 26/08/2009 à 01h25

    Patrick de Brest, bien sur qu'en France nous avons tendance à donner des leçons à nos voisins, mais je vis dans une régions très concernée par les incendies et je peux vous affirmer que si, effectivement, quelques pompiers ont pu parfois allumer un feu, ils sont, par contre, TOUJOURS là pour l'éteindre, et en prenant tous les risques. Si vous parcourrez un jour notre région, vous trouverez des strèles ici et là, leur rendant hommage...

  • Thierry, le 25/08/2009 à 13h33

    Le problème grec est différent de ce que nous imaginons. Les autorités grecques disposent du matériel et des hommes nécessaires pour lutter contre ces gigantesques incendies. Ces incendies sont une pure affaire de spéculation immobilière qui se pratique depuis 30 ans. Dans les mois qui viennent, des constructions illégales vont apparaitre. Elles recevront l'eau et l'électricité des autorités locales, ce qui est parfaitement illégal, et elles seront légalisées dans quelques années, moyennant finance. Le premier incendie a démarré à Grammatiko, dans un village proche d'Athènes où il y a un grand projet de gestion des déchets pour toute la région. Cette décharge suscite de nombreuses tensions et oppositions. Elle contrarie de nombreux projets immobiliers dans cette zone. Ce n'est pas un hasard si les volontaires qui surveillaient le site ont été priés de quitter les lieux?la veille de l'incendie. C'est ensuite au niveau administratif que tout bloque par de profonds antagonismes entre le corps des pompiers, le service des incendies et des forêts. Les uns dépendent du Ministère de l'agriculture, les autres des communes. Un maire qui débroussaille ou ouvre des chemins coupe feu sera attaqué en justice par les services forestiers. Enfin c'est l'absence de planification et de prise de décision au niveau du commandement des pompiers. Les pompiers suivent une discipline très stricte du genre 14-18 qui interdit toute prise d'initiative. En temps normal, les chefs ne vont pas en reconnaissance sur les sites exposés pour apprécier la situation et planifier les engagements potentiels. Ainsi, l'autorité politique n'a pas d'image claire des risques (et elle ne la demande pas). Ainsi, lorsque l'incendie ou le tremblement de terre arrivent, tout le système est pris au dépourvu avec les drames que l'ont connait. Bien entendu, aucun responsable politique n'a jamais démissionné, même dans les cas flagrants de corruption. Officiellement, c'est la faute du vent ?et des pins.

  • Ludo, le 24/08/2009 à 23h59

    Bonsoir à l'heure où l information circule de plus en plus vite je trouve assez bizarre que les autres pays ne ce réveille seulement aujourd'hui ,moi aussi je rejoint les propos de Pat de Dijon ,ce serait plus utiles des pompiers européens plutôt qu'une armée

  • Patrick, le 24/08/2009 à 22h58

    Marre des gens qui critiquent les pompiers grecs, si vous viviez dans un pays si sec en été avec des résineux sur tout le territoire vous ririez moins, mais il est vrai que la France est aux yeux des français le meilleur pays du monde à tout niveau... Sauf qu'en France, lesi ncendies, ce sont parfois les pompiers qui les allument. Belle mentalité.

  • Zorro, le 24/08/2009 à 17h24

    En grece il est interdit aux promoteurs immobilier de couper des arbres pour construire. Je me demande bien a qui font profiter ces feux??? De plus pour connaitre un peu le pays par le biais de plusieurs séjours, il faut quand même dire que les grecs sont sympa, accueillants etc mais énormément laxiste!!!Je pense qu'il faudrait penser a les obliger a nettoyer les forets etc

  • Nickel, le 24/08/2009 à 13h42

    Depuis le temps que je lis les réactions d'internautes sur divers sujets, je peux vous dire que j'en ai vu des absurdités ! Tellement, que je n'ai jamais réagis... Aujourd'hui, c'est au contraire pour saluer la remarque de "Pat de Dijon" ! Si seulement une majorité pouvait penser comme cet internaute. Merci de votre publication, Monsieur. Prions pour que les dirigeants européens aient un jour le même avis que vous. Bravo. MERCI DE ME PUBLIER : IL FAUT ENCOURAGER LES REACTIONS INTELLIGENTES !!!

  • Thierry, le 24/08/2009 à 11h04

    Helas c souvent des feux d'origine criminelle car en Bulgarie , Albanie et Turquie pays frontalier de la Grèce, ik fait aussi chaud et il y a peu de feux.

  • Louloute, le 24/08/2009 à 10h50

    Je vais en grece toutes les années j'ai de man famille la-bas pays magnifique

  • Jean bernard, le 24/08/2009 à 07h52

    Il faut tout faire pour sauver ce merveilleux pays ou j ai tant de bons souvenirs laissons de cote nos miniproblemes franchouillards et agissons.

  • Titi, le 24/08/2009 à 06h34

    D'accord avec toi tipoussy. Il faut de plus débroussailler et entretenir les forêts, créer des coupe -feux comme on fait en vaucluse et bouches du rhône. Et quand on arrête un incendiaire, que la peine soit exemplaire.

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