Le plus célèbre voleur d'Angleterre libéré

le 07 août 2009 à 17h02 , mis à jour le 07 août 2009 à 17h47

Gravement malade, Ronnie Biggs, qui avait participé à l'attaque du train postal Glasgow-Londres en 1963, a été libéré pour "raisons de santé".

ronnie biggsRonnie Biggs, lors de son arrestation en 2001 © Reuters

Il s'agit d'un des braquages les plus célèbres de l'histoire. Dans la nuit du 8 août 1963, un gang d'une quinzaine de malfaiteurs avait réussi à attaquer le train postal Glasgow-Londres en arrêtant le convoi après avoir trafiqué la signalisation. Blessant grièvement un employé, ils s'étaient emparés de 120 sacs de billets de banque usagés, se partageant la somme record pour l'époque de 2,6 millions de livres - ce qui équivaudrait aujourd'hui à plusieurs dizaines de millions d'euros. Le fait divers avait ensuite inspiré le scénario du "Cerveau", un film avec Jean-Paul Belmondo et David Niven. La vie de Buster Edwards, l'un des brigands, a également été adaptée sur grand écran avec Phil Collins dans le rôle principal.
 
Dans un premier temps, Ronnie Biggs ne profitera pas de sa part. Il est en effet arrêté en septembre 1963, avant d'être condamné puis incarcéré. Quinze mois plus tard, fin 1964, il s'évade de sa prison de manière rocambolesque en sautant sur un matelas à l'arrière d'un camion bâché.

Cavale 

Commence alors une cavale débridée, émaillée d'une invraisemblable succession de coups de chance. Après un passage en France où une opération de chirurgie esthétique lui donne un nouveau visage, Ronnie Biggs part se reposer deux mois en Espagne. Repéré par Scotland Yard, il s'enfuit en Australie puis gagne le continent sud-américain, traverse la jungle jusqu'en Argentine et en Bolivie. Il décide de poser ses valises au Brésil en 1970, ce pays n'ayant pas signé d'accord d'extradition avec le Royaume-Uni. Dans ses poches, sa part du pactole lui permet de mener un temps la vie oisive d'un play-boy fortuné et un peu bohème.
 
En 1974, la police britannique retrouve sa trace à Rio et menace de mettre fin à son exil. Mais Ronnie Biggs lui file encore entre les doigts, cette fois parce que le fait qu'il ait un fils né au Brésil le protège de toute extradition. Sa maison, sur les hauteurs de Rio, deviendra quasiment un détour obligé pour nombre de touristes anglais ravis de se faire photographier à ses côtés -moyennant finances- ou de rentrer au pays avec un T-shirt à son effigie. Pour arrondir ses fins de mois, il participera également à plusieurs campagnes publicitaires. A la fin des années 1970, son registre éclectique l'amène à enregistrer avec le sulfureux groupe punk des Sex Pistols une chanson au titre révélateur : No one is innocent (Personne n'est innocent).


En 1981, une bande de mercenaires le kidnappe à Rio, avec l'objectif de le rapatrier au pays : bâillonné, ligoté, enfermé dans un sac portant la mention "serpent vivant", il est transporté par bateau vers l'île de la Barbade avant d'être déféré devant les autorités locales. Mais la demande d'extradition n'ayant pas été présentée dans les formes, la justice de la Barbade ordonne son renvoi... au Brésil.

Hôpital

C'est finalement en 2001 qu'affaibli par la maladie, ruiné, il décide de rentrer au Royaume-Uni pour purger sa peine de prison à perpétuité. "Je suis un homme malade, ma dernière volonté est d'entrer dans un pub de Margate (ndlr : une station balnéaire du sud-est de l'Angleterre) pour y boire une pinte de bière en tant qu'Anglais", avait-il confié au quotidien The Sun, qui avait orchestré son rapatriement hautement médiatisé.
 
Après plusieurs refus, la Justice a donc décidé jeudi de libérer Ronnie Biggs, mourant, pour raisons de santé. Il a été formellement remis en liberté ce vendredi à la veille de son 80e anniversaire. Dans un premier temps, il restera à l'hôpital où il se trouvait déjà, simplement sans présence policière désormais. La décision concernant son éventuelle sortie de l'hôpital ne devrait pas être prise avant une semaine.

le 07 août 2009 à 17:02
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

8 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Arsène, le 08/08/2009 à 22h57

    Finalement, Mister Biggs, vous auriez mieux fait d'être banquier, traider, financier, que sais je encore ? Vous auriez pu profiter de votre fric en toute impunité! :)

  • Didou54, le 08/08/2009 à 18h30

    Châpeau Monsieur Biggs..!

  • Yann, le 08/08/2009 à 14h13

    Depuis quand: célèbre veut dire sympathique? Truand qui a aussi blessé grièvement une personne qui ne s'est jamais remise de cette blessure, ne l'oublions pas!

  • Chips, le 08/08/2009 à 10h16

    En tout cas, il est malin ce type ! chapeau :)

  • Denis, le 07/08/2009 à 22h30

    Un gangster oui ! mais un gangster qui a eu une vie formidable !

  • Eric, le 07/08/2009 à 20h02

    Tous mes respects Monsieur Biggs !

  • Caatz, le 07/08/2009 à 19h30

    Whaou!! Quelle vie!!

  • Mamienou, le 07/08/2009 à 19h10

    ça m'amuserais, s'il n'avait pas blessé grièvement un employé. On ne va quand même pas en faire un héros, c'est un vulgaire gangster, voilà tout.

Lire tous les commentaires

      logAudience