Droite-droite ou droite-gauche pour Merkel ?

Par , le 27 septembre 2009 à 05h45 , mis à jour le 27 septembre 2009 à 17h03

A l'issue d'une campagne terne et peu passionnante, la chancelière sortante est quasi-assurée d'être reconduite lors des législatives de ce dimanche.

Angela Merkel Allemagne chancelière La chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, le 27 septembre 2009 © REUTERS

LE VOTE

  • Gifle électorale pour Angela Merkel

    La coalition conservateurs-libéraux de la chancelière a perdu dimanche le scrutin en Rhénanie du Nord-Westphalie, et donc la majorité à la chambre haute du parlement fédéral, selon les sondages sortie des urnes.

    Publié le 09/05/2010 Gifle électorale pour Angela Merkel
  • Allemagne : un scrutin test pour Angela Merkel

    Les électeurs de Rhénanie du nord - Westphalie, le plus peuplé des Etats allemands renouvellent leur Parlement. lors d'un scrutin qui pourrait avoir des conséquences nationales pour la chancelière Angela Merkel.

    Publié le 09/05/2010 Allemagne : un scrutin test pour Angela Merkel
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62 millions d'électeurs allemands sont appelés aux urnes ce dimanche lors des législatives destinées à renouveler le Bundestag. Les députés, élus pour quatre ans, sont désignés selon un scrutin mixte à dominante  proportionnelle. Un imbroglio juridique et la complexité du mode de scrutin ne permet pas de dire combien de députés siègeront dans le 17e Bundestag  : a priori, entre 598 et 612, voire 614.

La participation accusait en début d'après-midi une nette baisse par rapport au précédent scrutin de 2005, selon les estimations de la commission électorale. A 14h, 36,1% des inscrits avaient ainsi voté, contre 41,9% il y a quatre ans.
 
LE CONTEXTE POLITIQUE
Depuis le résultat très serré des élections de septembre 2005 entre la CDU-CSU (droite) d'Angela Merkel et le SPD (Parti social-démocrate, gauche), l'Allemagne est dirigée par une "grande coalition" droite-gauche. Angela Merkel dirige le gouvernement tandis que le leader du SPD, Frank-Walter Steinmeier, est à la fois vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères.
 
Cette coalition antinomique a abouti à plusieurs succès comme la baisse du chômage (voir le reportage vidéo ci-dessous), du moins avant la crise économique mondiale ou la réforme des retraites avec un départ retardé de 65 à 67 ans d'ici 2029. En revanche, les divergences idéologiques classiques droite-gauche ont notamment entraîné l'échec de la réforme de l'assurance-santé malgré son déficit abyssal. 
 
LES ENJEUX DE L'ELECTION
Ils ne situent pas sur l'identité du vainqueur. Avec un bilan globalement jugé positif et face à la faiblesse des propositions du SPD et au manque de charisme de Frank-Walter Steinmeier, Angela Merkel semble assurée de sa réélection au poste de chancelière.
 
Reste à savoir la marge d'avance dont elle disposera sur le SPD et le score du FDP, les libéraux de droite. Selon ces résultats, Angela Merkel pourra former, comme elle le souhaite, une coalition droite-droite avec le FDP en appui ou alors sera contraindre de reconduire la "grande coalition" droite-gauche, ce qu'elle désire par dessus tout éviter.
 
Pour prendre le pouvoir, le SPD devrait quant à lui former un gouvernement très hypothétique incluant les Verts et le parti de gauche, Die Linke. Mais même s'il est allié avec lui au niveau régional, il refuse pour l'instant toute alliance avec Die Linke au niveau fédéral. Oskar Lafontaine, l'un de ses dirigeants, s'est en effet montré critique sur son action depuis 2005.
 
LA CAMPAGNE
Elle a été jugée très terne et peu passionnante. Au point que le personnage fictif créé par Hans-Peter Kerkeling, l'un des comiques les plus populaires outre-Rhin, en a été le principal animateur. Angela Merkel a tout misé sur sa personnalité et a évité au maximum de "se mouiller" avec des propositions concrètes sur les sujets les plus tendus, comme la lutte contre le chômage et les impôts. Elle a en revanche utilisé ses rendez-vous internationaux (G20, climat...) pour parfaire sa stature.
 
Quelques scandales sont venus rythmés ici ou là les débats, comme le vol de la voiture de fonctions de la ministre de la Santé Ulla Schmidt (SPD) en Espagne, où elle passait ses vacances. La question de l'Afghanistan s'est invitée à la dernière minute après la décision d'un officier allemand d'autoriser un bombardement qui a fait de nombreux morts civils à Kunduz.
 
LES SONDAGES
La CDU-CSU a longtemps disposé de plus d'une dizaine de points d'avance sur le SPD. Mais, comme c'est souvent le cas en Allemagne, l'écart s'est resserré dans les dernières semaines de campagne. Les dernières enquêtes prédisent environ 34-35% à la CDU, 26-27% au SPD et 12-13% au FDP. Cela serait tout juste suffisant à Angela Merkel pour gouverner avec le FDP, désormais au centre de l'attention des médias en raison de son rôle pivot. Les Verts et Die Linke sont quant à eux tous les deux crédités d'environ 11%. En théorie, cela pourrait aussi permettre de former une coalition de gauche.  Tout ceci confirme en fait la perte d'influence des deux grands partis et l'émiéttement de la vie politique allemande.

Cliquez ci-dessous pour voir
le reportage de Magali Barthes,
envoyée spéciale de LCI,
sur la lutte contre le chômage dans l'Est de l'Allemagne

Par Fabrice Aubert le 27 septembre 2009 à 05:45
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2 Commentaires

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  • Maïckou, le 27/09/2009 à 18h02

    La Grande Coalition a plutôt bien fonctionné pendant le dernier mandat. Les Allemands montrent toujours un pragmatisme que nous ne connaissons pas en France. Mais il est intéressant de noter que les électeurs ne se sont pas précipités aujourd'hui pour aller voter. Le désintérêt pour la Politique telle qu'elle est conduite par les hommes/femmes politiques, et la crise, y sont sans doute pour quelque chose, On observe le même phénomène chez nous. Preuve des "limites de la Démocratie"?

  • Michel, le 27/09/2009 à 10h25

    Angela Merkel est La première femme la plus puissante du monde. Dans ce domaine, nous avons beaucoup de leçons à recevoir de la part de nos voisins allemands.

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