L'affaire qui bouleverse le pays

Par , le 29 septembre 2009 à 16h45 , mis à jour le 29 septembre 2009 à 17h18

La police a présenté ses excuses pour n'avoir pas aidé une mère, qui s'est suicidée avec sa fille handicapée après près de 10 ans de harcèlement par des jeunes du quartier.

Fiona Pilkington FranceccaFiona Pilkington et sa fille Francecca © DR

Les jeunes du quartier avaient pris l'habitude d'uriner sur leur maison. De balancer sur leur façade, des œufs, de la farine, des pierres. Quand ils ne mettaient pas des pétards dans leur boîte aux lettres. Des années que le cauchemar durait, près de 10 ans. En toute indifférence. Sans aucune réaction des autorités. Un jour, Fiona Pilkington, 38 ans, et Francecca, sa fille de 18 ans handicapée, sont parties. Elles ont raconté qu'elles allaient faire une balade. Leur voiture a été retrouvée incendiée sur un parking non loin de leur maison située dans un village du Leicestershire, dans le centre de l'Angleterre. Exténuées, désespérées, les deux femmes avaient mis fin à leur jour. C'était le 23 octobre 2007.
 
L'année précédant son suicide, cette mère célibataire avait prévenu les autorités 13 fois du harcèlement. En sept ans de cauchemar, elle les avait appelées 33 fois. Il n'y a jamais eu ni interpellation, ni poursuites. Mardi, la police a présenté ses excuses à l'Angleterre pour ne pas avoir aidé cette mère. "Nous sommes extrêmement désolés, a dit, la voix grave, le chef de la police du Leicestershire lors d'une conférence de presse. L'affaire a ému tout le pays. Rétrospectivement, il y a des choses que nous aurions pu faire de manière différente", a déclaré Chris Eyre. Le ministre de l'Intérieur Alan Johnson a qualifié l'affaire de "choquante et extrêmement bouleversante", estimant qu'il "n'y a pas d'excuse" pour ce qui est arrivé.
 
La veille, l'enquête judiciaire chargée de déterminer les causes de la mort des deux femmes, avait rendu son rapport. Parmi les conclusions du juge : la famille était "en état de siège" dans son propre foyer. Fiona Pilkington, aide sociale de profession, y vivait seule avec Francecca et son fils, Anthony dyslexique. Dans un document retrouvé après sa mort et publié dans la presse britannique, elle y raconte ces violences quotidiennes. Anthony, 19 ans aujourd'hui, n'était pas épargné par ce harcèlement de jeunes, dont certain âgé de 10 ans seulement. Menaces de morts, jets de pierre... Un jour, selon l'enquête, le leader de ce gang avait hurlé en direction du domicile des Pilkington : "On peut vous faire tout ce qu'on veut, et vous n'y pouvez absolument rien". Aucun des appels de Fiona n'avait été jugé prioritaire.

Par Amélie Gautier le 29 septembre 2009 à 16:45
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59 Commentaires

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  • Vincent, le 06/10/2009 à 18h37

    Pourquoi s'enprennent ils ainsi sur des faibles,comment peut on pardonner ces voyous qui ont poussés l'enfant et sa mère à bout. Pourquoi se sont ils excusés maintenant alors qu'ils auraient pu empêcher tout ça depuis longtemps.Il fallait qu'ils traquent ces délinquants au lieu d'arrêter des ivrognes en conduite.

  • Onethemars, le 05/10/2009 à 08h51

    C est avant qu il fallait agir les excuses servent a rien

  • Valentin, le 04/10/2009 à 01h02

    Trop tard pour les excuses. C'est une faute grave maintenant il faut tirer les consequences ! Retrouver ces delinquants et leur faire bien comprendre qu'ils sont a l'origine de cette fin tragique. En esperant que Anthony sera aidé par le gouvernement qui assumera sa faute ! Mais y'en a marre de cette société qui donne plus de droits aux delinquants qu'aux victimes !!!

  • Nad, le 01/10/2009 à 23h38

    Comme tous le monde le dit, c'est trop tard pour des excuses. Mais n'oublions pas le principal, l'acharnement d'une bande de jeune sur une femme et sa fille qui memait un combat permanent et l'indifférence des tous les gens. Mais ou était les parents de ces jeunes... Nous qui avons des enfants, s'est notre responsabilité de bien les élevés, de leur apprendre le respect des autres. Arrêtons de dire que c'est le problème de tel gouvernement ou tel personnes, non s'est notre faute à tous qui baissons les bras fassent au difficultés de la vie. Comment peut-on accepter que pour avoir la paix , il faut y perdre la vie... Seigneur mais ou va-t-on....

  • Sylvaine, le 01/10/2009 à 15h36

    N'est désolé que la stupidité des gens.

  • Isa, le 01/10/2009 à 13h40

    Désolés, désolés c'est trop tard, c'est trop moche...

  • Martin Bridget, le 30/09/2009 à 19h28

    Une stéle prés de leur immeuble aussi, Anthony est un adulte triste, sans amis, qui va l'aider?

  • Martin Bridget, le 30/09/2009 à 19h26

    Plus jamais ça, pour que ...ne jamais oublier, une stéle pour elles.

  • Martin Bridget, le 30/09/2009 à 19h24

    Mais non cela a du commencé par une fugue et aprés le drame.

  • Martin, le 30/09/2009 à 19h22

    On vit dans le faux. Vivre dans le faux mais cette mére et sa fille sont tombés dans le faux. Une faute lourde pour le Royaume Unie et qui le reconnait vien hélas. Faut-il plus de morts sur Terre? La mére n'avait pas assez fait de bruit chez elle.

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