Un imbroglio judiciaire entre la France et l'Espagne a conduit à la libération, par erreur, d'un membre de l'organisation terroriste ETA. Une jeune femme, poursuivie en Espagne pour "possession d'explosifs" et "destructions à caractère terroriste", avait été extradée le 25 août de France en Espagne et remise en liberté deux jours plus tard après s'être acquittée d'une caution de 12.000 euros, profitant d'une erreur de procédure. Mardi, la justice espagnole a donc lancé un mandat d'arrêt à l'encontre de Maité Aranalde.
Comment une telle erreur a-t-elle pu se produire ? Selon une source judiciaire espagnole, les autorités françaises n'ont remis à la justice espagnole que les documents concernant les poursuites de détention d'explosifs mais pas ceux relatifs au deuxième délit qui lui est reproché en Espagne, ce qui a favorisé sa remise en liberté. Aranalde est soupçonnée d'avoir posé des bombes dans plusieurs stations d'essence de Madrid en 2004.
La France regrette son erreur
Le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a déclaré mardi en conférence de presse qu'"une erreur bureaucratique a été commise en France" et que "tout le monde la regrette, les Français en premier". Cette erreur ne signifie pas pour autant que la coopération avec la France contre l'organisation indépendantiste basque armée fonctionne mal, bien au contraire, a-t-il souligné. Maité Aranalde, accusée d'appartenir au commando Donosti, s'était réfugiée en France en 2002 au moment du démantèlement du groupe. Elle avait été arrêtée en mars 2005 près de Montpellier (sud de la France).
En juin 2008, le tribunal de Grande Instance de Paris l'avait condamnée à six ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. L'ETA, organisation considérée comme terroriste par l'Union Européenne, est tenue pour responsable de 828 morts en 41 ans de lutte armée.
(D'après agence)







