Archives : supporters de l'équipe de football de Serbie, 15 octobre 2008 © ReutersEvidemment, il y a eu la Yougoslavie, demi-finaliste de la Coupe du Monde 1962 et deux fois finaliste du Championnat d'Europe dans les années soixante. Après l'explosion du pays et les différentes indépendances souvent par la force, la Serbie-Monténégro pris le relais pour la Coupe du monde 2006. Le Monténégro devenu indépendant à son tour pendant la compétition, c'est donc désormais la Serbie seule qui représente le pays dans les différentes fédérations sportives.
Et évidemment, cela change tout pour les Serbes, dont le nationalisme a toujours été une marque de fabrique. Ils n'avaient jamais en effet véritablement supporté l'équipe nationale de Yougoslavie, reportant leur ferveur sur les clubs. L'Etoile rouge de Belgrade leur avait notamment apporté la Coupe d'Europe des clubs champions, ancêtre de la Ligue des champions actuelle, en battant Marseille en finale en 1991. Les prémices de l'explosion de la Yougoslavie avaient ainsi eu lieu dans les stades, avec des batailles rangées contre des supporters croates.
Guerre du Kosovo
Depuis 2006, les supporters serbes peuvent transférer leur ferveur sur l'équipe nationale. Après avoir raté l'Euro 2008, la formation de Radomir Antic est donc aux portes de la Coupe du monde 2010. Il lui "suffit" pour cela de battre la France ce mercredi soir à Belgrade. D'où l'attente que suscite le match dans le pays. Le mot "historique" ne serait pour une fois pas galvaudé si la Serbie se qualifie pour l'Afrique du Sud.
Cerise sur le gâteau pour le nationalisme serbe, la France n'est pas n'importe quel adversaire. Sur le plan politique et diplomatique, Paris a été un allié historique de la Serbie, notamment pendant la 1re Guerre Mondiale. A la fin du siècle dernier, les Serbes ont ainsi perçu comme une trahison la présence française dans les forces de l'Otan lors de la guerre du Kosovo. On se souvient notamment des images des aviateurs français capturés par l'armée de Slobodan Milosevic, enchaînés et utilisés comme otages et boucliers humains. Même si les relations se sont bien sûr apaisées depuis avec le changement de régime -la Serbie est candidate à l'Union européenne-, une qualification aux dépens de la France n'en serait que plus symbolique. Tout ceci promet donc une chaude ambiance, voire un "enfer", pour les Bleus.
Conférence de presse Domenech-Henry :
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Conférence de presse Domenech-Henry :
l'analyse de Christian Jeanpierre
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