© AFPLa télévision, c'est connu, exerce une certaine influence sur l'opinion publique. Toutefois, en abuser peut s'avérer contre-productif. En témoigne l'avalanche de critiques qui s'est abattue dimanche sur un reportage de Canale 5, chaîne de télévision contrôlée par le président du Conseil Silvio Berlusoni. En cause, un sujet au ton ultra-partial qui prend pour cible le juge milanais Raimondo Mesiano, auteur de la sentence condamnant le groupe d'édition Mondadori, également propriété du chef du gouvernement, dans une affaire de corruption.
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Dans le reportage en question, diffusé jeudi et filmé à l'insu du juge à l'aide d'une caméra cachée, on voit ce dernier se rendre chez son coiffeur, fumer cigarette sur cigarette ou encore assis sur un banc. L'auteur du reportage, une journaliste débutante de 29 ans en contrat à durée déterminée, commente ces images volées en parlant de comportement "extravagant" du juge, auquel "nous sommes désormais habitués", mettant notamment l'accent sur ses chaussettes couleur turquoise.
Quelques extraits du reportage de la chaîne Canale 5 :
"Connerie retentissante"
Evidemment, ce genre de commentaires n'a pas manqué de faire réagir. A commencer par les journalistes et notamment l'ancien directeur de l'information de Canale 5. "Ce reportage n'a rien à voir avec du journalisme", a ainsi estimé Enrico Mentana dans un entretien à La Repubblica (journal centre-gauche). A gauche justement, Ignazio Marino, candidat au secrétariat du Parti démocrate, a qualifié de "procédé honteux" le fait d'"utiliser l'information comme instrument pour gêner, suivre ou espionner un magistrat". Et même du côté des alliés de Berlusconi, on a peu goûté le reportage. "Il s'agit d'une connerie retentissante (...) On a atteint les limites de la décence", a commenté le ministre de la Simplification des lois Roberto Calderoli (Ligue du Nord, parti anti-immigrés allié de Berlusconi) sur la chaîne d'information en continu Sky TG24.
Le 5 octobre, le juge Mesiano avait estimé que Silvio Berlusconi était "coresponsable dans l'affaire de corruption" qui a entaché dans les années 1990 sa reprise de l'éditeur Mondadori. La holding de Berlusconi, Fininvest, a été condamnée à verser 750 millions d'euros de dédommagement au groupe CIR de Carlo De Benedetti, grand rival du chef du gouvernement.
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