© AFPLa Cour constitutionnelle a invalidé mercredi la loi d'immunité qui protégeait Silvio Berlusconi depuis son retour au pouvoir il y a un peu plus d'un an, relançant les procédures judiciaires contre le chef du gouvernement italien, a annoncé l'agence Ansa, citant des "sources informées". Sa participation au sommet de la FAO sur la sécurité alimentaire a permis au Premier ministre italien de sécher son procès pour corruption. Les débats, qui devaient reprendre ce lundi, sont repoussés en janvier. Le chef du gouvernement italien a dormi deux nuits dans son appartement de fonction, une première depuis 2003. La presse italienne évoque des raisons de sécurité.
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Les 15 magistrats ont jugé qu'il était nécessaire d'avoir recours à une loi constitutionnelle et non pas une loi ordinaire pour octroyer une immunité pénale aux quatre plus hautes fonctions de l'Etat italien, dont le président du Conseil. Ils ont également estimé que la loi Alfano, du nom du ministre de la Justice qui l'avait promue en juillet 2008, violait le principe constitutionnel d'égalité des citoyens devant la loi.
Cette décision a pour effet immédiat la relance de deux procès à l'encontre de Silvio Berlusconi : l'un pour corruption de témoin (l'affaire Mills) et l'autre pour la surfacturation de droits d'émissions télévisées par le groupe Mediaset qui lui appartient.
Prise de becs entre Silvio Berlusconi et le président Napolitano
L'arrêt de la Cour constitutionnelle déclarant contraire à la constitution italienne la loi sur l'immunité du président du Conseil est motivée par des considérations politiques, a déclaré mercredi le porte-parole de Silvio Berlusconi. Le chef du gouvernement ne démissionnera pas, a-t-il ajouté, avant que Silvio Berlusconi lui-même ne réagisse, en affirmant que la Cour était "un instrument de la gauche" italienne.
Ecoutez la réaction de Silvio Berlusconi
Les foudre de Berlusconi ne s'arrêtent pas là. Le chef du gouvernement italien a ensuite mis mercredi soir en cause l'impartialité du président de la République Giorgio Napolitano, s'attirant une réplique cinglante de celui-ci. "Le président, on sait de quel côté il se trouve", a lancé Silvio Berlusconi, les traits tirés et visiblement irrité, en sortant de sa résidence romaine, le Palais Grazioli.
Fait extrêmement rare, le Quirinal, résidence du chef de l'Etat, a aussitôt répliqué d'un communiqué cinglant et lapidaire : "Tout le monde sait de quel côté se trouve le président. Il est du côté de la Constitution, et il exerce ses fonctions avec une impartialité absolue, dans un esprit de collaboration loyale avec les intitutions". Réponse du berger à la bergère : "Je ne ne suis pas intéressé par ce qu'a déclaré le chef de l'Etat, je ne suis pas intéressé... J'ai l'impression qu'on se moque de moi et ça ne m'intéresse pas. Point final." Cette attaque contre le chef de l'Etat, rarissime en Italie, a en tous cas indigné l'opposition de gauche : "Ce sont des paroles inimaginables dans tout autre pays et aussi en Italie jusqu'à il y a quelques années", a déclaré le secrétaire du Parti démocrate Dario Franceschini.
(D'après agence)
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