Des électeurs lassés, une gauche qui espère

le 04 octobre 2009 à 05h29 , mis à jour le 04 octobre 2009 à 07h46

La gauche grecque compte profiter de l'impopularité des conservateurs au pouvoir pour obtenir la majorité absolue lors des législatives anticipées de ce dimanche.

Electrice à Athènes lors des législatives en Grèce (4 octobre 2009)Electrice à Athènes lors des législatives en Grèce (4 octobre 2009) © TF1/LCI

Les socialistes grecs du Pasok espèrent remporter avec une majorité absolue les élections législatives anticipées de ce dimanche contre la Nouvelle démocratie (ND -droite), au pouvoir depuis cinq ans, misant sur le traditionnel bipartisme dans un pays où les petites formations peinent à convaincre. Profitant de l'usure des conservateurs au pouvoir, Georges Papandréou, chef du Pasok, qui rassemble également le centre-gauche, a appelé les Grecs à voter massivement pour son parti pour "lutter contre la corruption" et "relancer" l'économie. "Il faut un gouvernement de majorité absolue pour faire face à la situation critique" de l'économie, a-t-il martelé lors de sa campagne électorale.

Car ce n'est qu'avec au moins 151 sièges sur les 300 du Parlement monocaméral que le premier parti pourra former un gouvernement sans recourir à des coalitions, selon la constitution. Le Pasok était crédité de plus de 40% des voix, avec une avance de 5 à 7% sur la Nouvelle démocratie, par les derniers sondages datant du 19 septembre - la loi grecque interdisant toute publication des intentions de vote dans les 15 jours précédant le scrutin.

Des réformes promises mais jamais réalisées

Dominant le paysage politique depuis le retour de la démocratie en Grèce en 1974, la ND et le Pasok sont actuellement dirigés par le Premier ministre Costas Caramanlis et Georges Papandréou respectivement, tous les deux descendants des grandes figures politiques de l'après-guerre. Les deux principaux rivaux rassemblent ces dernières années environ 80% des suffrages, laissant jusqu'ici la troisième place aux communistes (KKE), suivi par la coalition de la gauche radicale (Syriza) et l'extrême-droite (Laos).

Reconduit au pouvoir en 2007, Costas Caramanlis a appelé à mi-mandat, début septembre, le peuple grec aux urnes, faisant valoir la nécessité d'un mandat clair pour adopter les mesures d'austérité qu'il préconise face aux conséquences de la crise économique mondiale. Mais la ND, qui ne disposait que d'une voix de majorité, subissait depuis plusieurs mois de vives critiques de l'opposition en raison d'une série de scandales de corruption et de la dégradation de l'état des finances publiques. Et la popularité de Costas Caramanlis était en forte baisse depuis les émeutes qui ont secoué la Grèce pendant plus d'un mois lorsque les jeunes sont descendus dans la rue en décembre 2008 après la mort d'un adolescent tué à Athènes au cours d'une bavure policière.

"Les électeurs veulent rejeter la droite plus par ras-le-bol que pour d'autres considérations, nous allons assister à un vote de rejet", a récemment affirmé Ilias Nikolakopoulos, directeur de recherche à l'Institut Opinion. Ce rejet a entraîné une dynamique en faveur du Pasok car "en Grèce, les citoyens souhaitent un gouvernement influent, un consensus large pour résoudre les problèmes", a renchéri le politologue Thomas Gérakis. Et même si Costas Caramanlis n'a cessé de répéter dans ses meetings que les promesses de son adversaire seront impossibles à financer, les électeurs ne l'ont pas vraiment écouté, car ils n'ont jamais vu aboutir aucune des grandes réformes qu'il avait promises en arrivant au pouvoir en 2004 et qu'il avait répétées lors de sa reconduction pour un deuxième mandat en 2007.

D'après agence

le 04 octobre 2009 à 05:29
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Michel, le 04/10/2009 à 12h21

    La situation de la Grèce, ne vient ni de la gauche ni de la droite, c'est un problème de fond.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience