Première apparition de Radovan Karadzic devant le TPI pour l'ex-Yougoslavie le jeudi 31 juillet 2008 © DRL'ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic ne se présentera pas à son procès qui doit se poursuivre mardi devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, a déclaré lundi à l'AFP un de ses avocats. "Il dit qu'il ne comparaîtra pas demain", a déclaré à l'AFP Marco Sladojevic, l'un des avocats de Radovan Karadzic, qui se défend seul mais est assisté par des juristes, après avoir rencontré l'accusé au centre de détention de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye. "Il n'évite pas son procès, il ne boycotte pas son procès, il n'a pas renoncé à son droit d'être présent, il demande juste plus de temps pour se préparer", a expliqué Me Sladojevic.
Radovan Karadzic, qui se défend seul, avait annoncé mercredi au TPI qu'il n'était "pas prêt" et qu'il boycotterait par conséquent l'ouverture de son procès. Le juge a expliqué lundi que la chambre avait demandé par lettre à Radovan Karadzic de venir lundi au TPI assister à l'ouverture de son procès. Dans cette lettre, le TPI a prévenu Radovan Karadzic que si un accusé qui se défend seul montre "un comportement obstructif persistant", les juges peuvent lui imposer un avocat, a précisé le juge Kwon. Radovan Karadzic a, dans sa réponse, "réitéré" qu'il ne serait pas présent à l'ouverture de son procès, a souligné le magistrat. "Il n'y a pas de raison de ne pas entamer le procès", a de son côté estimé le procureur Hildegard Uertz-Retzlaff, à laquelle les juges demandaient la position de l'accusation.
Radovan Karadzic, 64 ans, est accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle durant la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés. Il plaide non coupable. Il avait été arrêté en juillet 2008 à Belgrade après treize ans de cavale et une longue traque. Radovan Karadzic encourt la prison à vie pour avoir voulu "chasser à jamais", selon l'accusation, les Musulmans et Croates des territoires de Bosnie convoités par les Serbes. Il est accusé notamment de génocide pour le massacre de plus de 7.000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica (est de la Bosnie) en juillet 1995, le pire commis en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que de crimes de guerre et crimes ontre l'humanité, pour le bombardement de Sarajevo entre 1992 et 1995.
(D'après agence)
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