© AFPAvant même l'annonce définitive des résultats, la droite s'est avouée vaincue. La gauche, elle n'a crié victoire que plusieurs heures plus tard. Le Premier ministre sortant conservateur Costas Caramanlis de la Nouvelle-Démocratie (ND) a reconnu dimanche la victoire du parti socialiste grec Pasok de Georges Papandréou, qui a largement remporté dimanche les élections législatives anticipées. Avec 43,7% des voix, selon des résultats partiels portant sur 58% des bureaux de vote, les socialistes obtiennent une majorité absolue de 159 sièges sur 300 au parlement monocaméral grec. La Nouvelle Démocratie enregistre son pire score, avec 34,8% des voix, soit 95 sièges.
"Il s'agit d'une grande victoire historique, d'une victoire personnelle de Georges Papandréou", a estimé Evangélos Vénizelos, un baron du parti devant une foule des partisans du Pasok, rassemblés devant le siège du parti dans le centre d'Athènes. "Nous sommes unis devant la grande responsabilité que j'assume nous appelons les Grecs à unir leurs forces, nous savons que nous allons réussir", a lancé Georges Papandréou à une foule de partisans en liesse. Dès l'annonce des résultats partiels, des centaines de voitures avaient commencé à klaxonner dans les rues d'Athènes, leurs passagers agitant des drapeaux du Pasok. Peu après avoir appellé son adversaire pour le féliciter, Costas Caramanlis a démissionné de la présidence de la Nouvelle-Démocratie. "J'assume la responsabilité de la défaite et déclenche la procédure pour l'élection d'un nouveau président du parti", a-t-il déclaré.
Popularité en forte baisse
Tous deux descendants des grandes figures politiques de l'après-guerre, Costas Caramanlis et Georges Papandréou rassemblent ces dernières années environ 80% des suffrages, laissant jusqu'ici la troisième place aux communistes (KKE), suivi par la coalition de la gauche radicale (Syriza) et l'extrême-droite (Laos).
Reconduit au pouvoir en 2007, Costas Caramanlis avait appelé à mi-mandat, début septembre, le peuple grec aux urnes, faisant valoir la nécessité d'un mandat clair pour adopter les mesures d'austérité qu'il préconise face aux conséquences de la crise économique mondiale. Mais la ND, qui ne disposait que d'une voix de majorité, subissait depuis plusieurs mois de vives critiques de l'opposition en raison d'une série de scandales de corruption et de la dégradation de l'état des finances publiques. Et la popularité de Costas Caramanlis était en forte baisse depuis les émeutes qui ont secoué la Grèce pendant plus d'un mois lorsque les jeunes sont descendus dans la rue en décembre 2008 après la mort d'un adolescent tué à Athènes au cours d'une bavure policière.
Royal félicite "chaleureusement" Papandréou |
Les socialistes Jean-Christophe Cambadélis et Ségolène Royal ont salué dimanche la "belle victoire" du parti socialiste grec. "Sans aucun doute, l'espoir renaît à Athènes", écrit le secrétaire national à l'Europe et à l'international. "L'espoir d'une autre politique en Grèce, plus précautionneuse avec les fonds publics, plus équilibrée dans les prélèvements fiscaux, plus sociale vers les moins riches et plus efficace en matière d'éducation", ajoute le député de Paris. "L'espoir renaît aussi pour la gauche après l'échec allemand et le succès mitigé portugais. La victoire de Georges Papandréou est une excellente nouvelle pour les socialistes européens", conlut le secrétaire national. De son côté, la présidente de la région Poitou-Charentes a félicité "très chaleureusement George Papandréou" et elle lui a adressé dans un communiqué "tous ses voeux de réussite". |
D'après agence
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