Une affiche pour le "non" au référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne, juin 2008 © TF1/LCIUn "non" retentissant il y a quinze mois et un nouveau vote ce vendredi avec cette fois une avance dans les sondages du "oui" qui débloquerait la réforme des institutions européennes. Le "oui" recueille de 48% à 68% dans les derniers sondages publiés en fin de semaine dernière, contre 17% à 33% pour le "non", mais pour autant, le camp du "oui" met en garde contre un excès de confiance.
Pour les Français, l'Irlande n'est plus un Eldorado
Beaucoup de Français s'installaient jusqu'ici en Irlande. Mais la situation économique s'est dégradée et la vie est devient difficile pour les expatriés Français.
Publié le 02/10/2009
"Toutes les voix compteront vendredi" : le Premier ministre irlandais Brian Cowen a sonné le rappel, mercredi. Son allié du "oui", Eamon Gilmore, leader du parti travailliste, a évoqué "un degré de complaisance chez ceux qui sont disposés à voter oui mais qui croient que c'est déjà chose faite". La situation cependant n'a rien à voir avec la panique à quelques jours du premier référendum, quand un sondage donnant le "non" gagnant avait réveillé le spectre du rejet de la Constitution européenne en 2005 par la France et les Pays-Bas. Les 4,3 millions d'Irlandais, soit moins d'1% des Européens, avaient finalement rejeté Lisbonne à 53,4%, le 12 juin 2008, plongeant l'UE dans la paralysie. Par ailleurs, le vote intervient alors que la crise mondiale a frappé de plein fouet l'économie d'une île dépendante de l'extérieur, qui importe ce qu'elle consomme et exporte ce qu'elle produit. Les Irlandais voient donc dans l'Union une bouée de sauvetage.
"Spécificités celtiques"
L'Irlande, seul pays tenu par sa Constitution à organiser un référendum, a accepté de faire revoter la population moyennant des contreparties. L'UE a assuré qu'elle ne toucherait pas aux "spécificités celtiques": l'interdiction de l'avortement, la neutralité militaire et un faible taux d'imposition. De plus, si le traité est adopté, l'Irlande continuera à disposer de "son" commissaire européen. "Ces garanties sont irréfutables... et ont modifié de manière substantielle la dynamique du référendum", a assuré le Premier ministre Cowen.
"En votant oui, vous aiderez l'Irlande à rétablir son économie", a asséné Brian Cowen, recevant l'appui marqué de certains des plus grands hommes d'affaires du pays. Le patron de Ryanair, Michael O'Leary, achète des pleines pages de journaux barrées d'un grand "oui à l'Europe".
Les "nonistes" dénoncent une campagne du "oui" alarmiste et estiment que les garanties ne changent "pas une seule virgule" au traité, selon le mot de Gerry Adams, leader du parti nationaliste Sinn Féin.
Les bureaux de vote ouvriront à 7 heures locales pour fermer à 22 heures. Les résultats sont attendus samedi après-midi. Le traité de Lisbonne ambitionne de faire mieux fonctionner l'Europe élargie, grâce notamment à la création d'un poste de président et à un renforcement du Parlement.
(D'après agence)
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