John Demjanjuk sur une civière à la reprise de son procès © Reuters/M.RehleLundi matin, il est arrivé à son procès devant la cour d'assises de Munich en chaise roulante. En début d'après-midi, c'est sur une civière que John Demjanjuk a été amené à la reprise de son procès. Recouvert des pieds à la tête par une couverture blanche, l'accusé, âgé de 89 ans, a agité un bras pendant que des experts médicaux témoignaient qu'il était apte à être jugé pour son rôle présumé d'ancien garde au camp de Sobibor, en Pologne. Le juge a suspendu la séance au bout de 20 minutes, un responsable du tribunal affirmant que l'accusé souffrait de maux de tête.
Le garde de camp nazi Demjanjuk condamné, aussitôt libéré
La justice allemande a condamné jeudi John Demjanjuk à cinq ans de prison pour complicité dans l'extermination de 27.900 Juifs dans le camp de Sobibor, en 1943 en Pologne. Agé de 91 ans, Demjanjuk a été remis en liberté.
Publié le 12/05/2011
A 88 ans, l'ancien nazi sera jugé par un tribunal pour enfants
Samuel Kunz, aujourd'hui âgé de 88 ans, est un ancien gardien du camp de Belzec, en Pologne. Il était mineur lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Publié le 29/07/2010
L'ex-garde de camp nazi Demjanjuk sur le sol allemand
Le vieillard a été extradé des Etats-Unis lundi soir vers l'Allemagne où il est poursuivi pour son rôle présumé dans le meurtre de milliers de juifs.
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Ce vieillard qui ravive le passé nazi de l'Allemagne
Le procès de John Demjanjuk, accusé de complicité dans le meurtre de 27.900 Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale dans le camp nazi de Sobibor, s'est ouvert ce lundi à Munich.
Publié le 30/11/2009
Nazisme : John Demjanjuk arrive sur une civière à son procès
Le procès de John Demjanjuk, 89 ans, accusé de complicité dans l'extermination de 27.900 juifs dans le camp nazi de Sobibor, s'est ouvert lundi à Munich avec un retard dû à l'affluence.
Publié le 30/11/2009
28 minutes plus tard, il est revenu, toujours allongé sur sa civière, mais le visage cette fois à découvert pour la reprise du procès. Le docteur Albrecht Stein, qui l'a examiné plusieurs fois depuis son transfert en Allemagne et témoignait de sa capacité à comparaître, a indiqué lui avoir injecté un antalgique. Le docteur Christoph Nerl, hématologue, a ensuite rendu compte de la maladie du sang dont souffre Demjanjuk, le syndrome myélodysplasique, une maladie chronique qui n'est "en aucun cas une leucémie". Compte tenu de la lenteur de l'évolution de ce syndrome et de l'état actuel de sa formule sanguine, Demjanjuk est "tout en bas dans l'échelle des groupes à risques", a-t-il assuré. L'audience a ensuite été levée, pour reprendre mardi matin.
Mais un journaliste de l'AFP l'a vu plaisanté et rire avec son avocat en fin de séance. Son défenseur, Ulrich Busch, a assuré à l'AFP que son client était "très, très malade (...) Je ne pense pas que c'est du spectacle", a-t-il dit. L'expert médical qui le suit a cependant minimisé la gravité de ses maux.
Les sanglots des survivants
Il avait comparu pour la première fois à l'ouverture du procès lundi matin pendant 90 minutes. Il portait une casquette de baseball et une veste de cuir, avait une couverture bleu clair sur les genoux, et avait gardé la plupart du temps les yeux fermés derrière ses lunettes épaisses. Son arrivée à la cour d'Assises avait provoqué une bousculade telle que des survivants venus demander justice avaient éclaté en sanglots. L'audience de ce qui devrait être un des derniers grands procès des crimes commis sous le nazisme a commencé avec plus d'une heure de retard, les autorités ayant été incapables de canaliser la foule.
L'accusé, un apatride d'origine ukrainienne, risque la prison à perpétuité si la cour d'assises de Munich, dans le sud de l'Allemagne, décide qu'il a bien été garde pendant six mois en 1943 dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne.
"Deux poids deux mesures"
L'avocat du vieillard a récusé l'impartialité de la cour, reprochant à l'Allemagne de poursuivre un exécutant étranger, alors que des SS allemands qui étaient à Sobibor ont été acquittés. "Comment se peut-il que ceux qui donnaient les ordres aient été innocentés?", a demandé Me Ulrich Busch. "Du point de vue du droit et de la morale, il y a deux poids deux mesures dans ce tribunal". C'est la première fois que l'Allemagne juge un étranger pour crimes commis sous le nazisme.
L'avocat a affirmé que les gardes formés à Trawniki (Pologne), et dont Demjanjuk faisait partie d'après l'accusation, étaient des victimes au même titre que les Juifs morts dans les chambres à gaz de Sobibor. Il a même provoqué l'indignation dans l'assistance en comparant Demjanjuk à un survivant, l'Américain Thomas Blatt, 82 ans, une des parties civiles, qui a reconnu avoir été contraint d'aider ses tortionnaires à tuer d'autres Juifs.
Condamné à mort et acquitté
L'accusation a rejeté la motion de la défense comme sans fondement. La cour ne s'est pas encore prononcée. "Je ne veux pas de vengeance contre Demjanjuk, je veux juste qu'il dise la vérité", a déclaré Thomas Blatt. "S'il (Demjanjuk) y était, il a tué plus de cent personnes par jour, par jour! Ce serait le pire des crimes", s'est exclamé Robert Cohen, un Néerlandais de 83 ans, en montrant son tatouage de déporté. Cohen a survécu aux camps mais sa famille est morte à Sobibor.
Demjanjuk s'était établi aux Etats-Unis en 1952, après avoir vécu près de Munich, d'où la compétence du tribunal bavarois. Il a été déchu de sa nationalité américaine pour avoir caché son passé. Sa famille assure qu'il ne survivra pas à un procès, mais les justices américaine puis allemande l'ont estimé apte à être jugé, avec deux audiences de 90 minutes chacune par jour. Demjanjuk avait été condamné à mort en 1988 en Israël, où il était accusé d'avoir servi à Treblinka, un autre camp, mais acquitté en appel en raison de doutes sur son identité.
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