John Demjanjuk a assisté à son procès sur un brancard ou en chaise roulante. © REUTERSAu vu de l'âge de l'accusé, et du temps nécessité par son rapatriement pour être jugé, le procès qui s'est ouvert ce lundi à Munich sera probablement le dernier grand procès pour crimes de guerre nazis que connaîtra l'Allemagne. L'accusé, John Demjanjuk, 89 ans, a déjà passé sept années en détention en Israël. Dans ce pays, il avait été condamné à mort en 1988 pour avoir été gardien au camp de Treblinka sous le sobriquet d'Ivan le Terrible. Puis il avait ensuite été acquitté en raison de doutes sur son identité.
A 88 ans, l'ancien nazi sera jugé par un tribunal pour enfants
Samuel Kunz, aujourd'hui âgé de 88 ans, est un ancien gardien du camp de Belzec, en Pologne. Il était mineur lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Publié le 29/07/2010
Complicité dans l'Holocauste : Demjanjuk comparaît sur une civière
Le procès de cet homme d'origine ukrainienne pour complicité d'assassinat de près de 28.000 Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale s'est ouvert lundi devant le tribunal de Munich.
Publié le 30/11/2009
L'ex-garde de camp nazi Demjanjuk sur le sol allemand
Le vieillard a été extradé des Etats-Unis lundi soir vers l'Allemagne où il est poursuivi pour son rôle présumé dans le meurtre de milliers de juifs.
Publié le 12/05/2009
Un ancien officier nazi condamné à perpétuité
En 1944, Josef Scheungraber, aujourd'hui âgé de 90 ans, avait participé au massacre de 14 civils en Italie.
Publié le 11/08/2009
Un chasseur de nazis sur les traces du Dr Heim
Efraïm Zuroff, membre du centre Simon Wiesenthal, s'est lancé, mercredi, à la recherche d'un ancien médecin autrichien, membre des SS, qui pourrait être installé au Chili.
Publié le 10/07/2008
Un criminel nazi parmi les spectateurs de l'Euro
Georg Aschner, alias Milivoj Asner, criminel de guerre croate, a été photographié dans une ville autrichienne au milieu de supporteurs venus pour l'Euro 2008.
Publié le 19/06/2008
Opération "dernière chance" contre d'anciens nazis
Depuis des décennies, le centre Simon Wiesenthal traque les ex-nazis. Mais nombre d'entre eux restent introuvables et pourraient mourir dans leur lit.
Publié le 25/11/2007
L'avocat du vieillard, qui a comparu, livide, en chaise roulante, a immédiatement récusé l'impartialité de la cour, reprochant à l'Allemagne de poursuivre un exécutant étranger alors que des SS allemands qui étaient à Sobibor ont été acquittés.
John Demjanjuk, d'origine ukrainienne, était soldat dans l'Armée rouge lorsqu'il avait été fait prisonnier par les Allemands en 1942. Recruté par les nazis, il avait été affecté à la garde de plusieurs camps de prisonniers jusqu'en 1944. Le parquet général allemand pense que Demjanjuk, qui était numéro un sur la liste des criminels de guerre les plus recherchés établie par le Centre Simon-Wiesenthal, a été complice du meurtre de 27.900 Juifs dans le camp de Sobibor, en Pologne, où au total 250.000 Juifs auraient été tués pendant la guerre. Il s'était installé en 1951 aux Etats-Unis, où il avait acquis sept ans plus tard la nationalité américaine et travaillait dans l'industrie automobile. Extradé vers l'Allemagne en mai dernier, après quatre ans de marathon judiciaire, il nie les accusations portées contre lui.
Une carte d'identité établie par les SS
Aucun des très rares survivants du camp présents au procès ne dit avoir vu personnellement Demjanjuk, et les témoignages directs dont dispose l'accusation sont ceux de rescapés aujourd'hui décédés. Les parties civiles, une trentaine, sont majoritairement des enfants de déportés gazés à Sobibor. Mais l'accusation affirme pouvoir éviter une réédition du procès israélien, avec les doutes qui l'avaient entouré. En particulier, l'identité du gardien de Sobibor semble cette fois bien établie. L'accusation est en possession d'une carte d'identité établie par les SS au nom de Demjanjuk, faisant état de son transfert depuis Trawniki, où étaient formés des gardiens de camp de concentration, à Sobibor. En outre, le tribunal israélien puis la justice américaine, lorsqu'elle l'a privé de sa nationalité pour avoir menti sur son passé, ont estimé qu'il avait été gardien dans plusieurs camps de concentration, notamment celui de Sobibor.
John Demjanjuk affirme, quant à lui, avoir passé le restant de la guerre après sa capture par l'armée allemande dans des camps de prisonniers avant d'émigrer aux Etats-Unis. L'un de ses trois enfants, son fils John Jr, clame haut et fort qu'il n'existe "pas la moindre preuve que (son) père ait fait le moindre mal à qui que ce soit, ou qu'il ait assassiné qui que ce soit où que ce soit".
Son avocat munichois Ulrich Busch a néanmoins fait une étrange déclaration, expliquant que si l'accusé avait été à Sobibor c'était contre son gré, et qu'il ne pouvait donc être tenu responsable des crimes qui y ont été commis. La défense a demandé en vain que le procès se tienne à huis-clos afin d'éviter que l'accusé, qui souffrirait de nombreux maux, dont une maladie de la moëlle osseuse, ne coure le risque d'être contaminé par des virus. Les audiences ont cependant été limitées à deux séances de 90 minutes chacune, trois jours par semaine au plus. "Malheureusement (...) du fait de son état de santé, mon père ne survivra probablement pas physiquement au procès", a commenté John Jr.
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A 88 ans, l'ancien nazi sera jugé par un tribunal pour enfants
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