Ces scanners qui "déshabillent" les passagers © TF1/LCIIls existent déjà aux Etats-Unis, où ils sont testés dans 19 aéroports. Mais aussi dans une poignée de palais de justice ou de prisons, selon l'autorité américaine des transports. Ils ont pourtant généré une polémique sévère. Hors du territoire américain, ils étaient jusqu'à présent considérés avec méfiance, voire avec amusement, mais l'attentat manqué qui a visé la semaine dernière un Airbus de la Northwest Airlines pourrait les remettre au goût du jour. "Ils", ce sont les scanners corporels. Plus précis que les portiques de sécurité, ils se présentent sous la forme de cabines dans lesquelles doivent passer les passagers lors de l'embarquement. Ils transmettent des fréquences dont les ondes traversent les vêtements et dessinent sur l'écran le corps dévêtu, en trois dimensions. Si l'image ne fait pas apparaître tous les détails du corps, elle reproduit néanmoins très fidèlement, par exemple, la courbure d'un sein...
Les radiations des scanners d'aéroports ne seraient pas dangereuses
Plus d'un millier de scanners corporels sont en cours de déploiement dans les aéroports américains. Une étude sur les conséquences pour al santé se veut rassurante.
Publié le 29/03/2011
Bientôt des scanners corporels dans les aéroports français
La DGAC a annoncé mercredi qu'ils seront bientôt expérimentés "dans les meilleurs délais". Ils permettent de repérer les objets interdits dissimulés sous les vêtements sans palpation des passagers.
Publié le 07/01/2010
Hortefeux veut toujours plus de contrôles avant l'envol
Après l'attentat raté contre un avion de la Northwest Airlines, le ministre de l'Intérieur réclame un contrôle accru de l'identité des passagers avant même leur arrivée à l'aéroport.
Publié le 29/12/2009
Dans la prude Amérique, ce détail a choqué. Sans empêcher pour autant un début de mise en service des fameux scanners. En Europe, lundi, le ministre britannique de l'Intérieur, Alan Johnson, a indiqué qu'il envisageait d'installer "aussi rapidement que possible" ces scanners corporels dans les aéroports du Royaume-Uni pour pouvoir éviter tout risque d'attaque par des méthodes similaires à celui employé par le candidat à l'attentat suicide du vol 253, indétectables avec les moyens conventionnels. Le même jour, la Travel Industry Association a demandé dans un communiqué la mise en place de "nouvelles techniques pour scanner" les passagers comme "les scanners corporels", "une technologie prometteuse".
Course d'innovation entre terroristes et aéroports
Pour l'heure, la demande britannique est restée isolée au niveau gouvernemental. L'appareil testé dans plusieurs aéroports d'Europe devait être expérimenté pour la première fois en France, à Nice. Le projet avait été enterré suite aux réserves émises par Bruxelles, qui avait écarté fin 2008 l'idée de recourir à ces scanners dans tous les aéroports de l'Union européenne. L'eurodéputée Martine Roure avait salué la décision, jugeant "disproportionné de soumettre tous les passagers à ce type de contrôle au nom de la lutte contre le terrorisme". Mais là encore, l'attentat manqué de vendredi pourrait rapidement changer la donne. Et la controverse née aux Etats-Unis sur cette technologie intrusive qui "déshabille" passagères et passagers pourrait naître aussi sur notre continent. Quelles barrières culturelles supplémentaires ne risque-t-elle pas de créer avec certaines communautés où la nudité est davantage taboue - que l'on songe par exemple aux musulmans, aux Sikhs ?
Mais les attentats ou tentatives d'attentat en vol appellent souvent une innovation technique : les portes de cockpit blindées après le 11-Septembre; les chaussures passées aux rayons X et les briquets confisqués après la tentative de Richard Reid d'allumer l'explosif dissimulé dans sa chaussure ou l'interdiction des liquides en cabine suite à la mise au jour en 2006 d'un complot destiné à faire sauter des avions avec des explosifs liquides.
Expert en terrorisme à l'université de Georgetown, Bruce Hoffman estime aujourd'hui que les "scanners corporels" sont les seuls capables de détecter le type de dispositif utilisé par l'apprenti terroriste du vol 253. Si le penthrite était "hermétiquement emballé dans du plastique, même des chiens n'auraient pas pu le détecter", dit-il. Même son de cloche chez Douglas R. Laird, l'ancien directeur de la sécurité de Northwest, selon lequel "si vous n'utilisez pas un scanner corporel, vous ne pouvez pas savoir ce qu'une personne a sous ses vêtements". Sérieux barrage toutefois : les scanners corporels coûtent plus d'un million de dollars, quand un rayon X vaut moins de 50.000 dollars.
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