Le repenti qui accuse Berlusconi de liens avec la mafia

Par F.A. (d'après agences), le 04 décembre 2009 à 16h26 , mis à jour le 04 décembre 2009 à 17h16

Après avoir incriminé le Premier ministre italien dans ses premières dépositions, Gaspare Spatuzza a réitéré vendredi son témoignage lors du procès d'un des proches de Silvio Berlusconi. Ce dernier dément.

Gaspare Spatuzza témoignageGaspare Spatuzza, un repenti, témoigne au procès Dell'Utri, un proche de Berlusconi (4/12/09). © Reuters

Gaspare Spatuzza est un ancien mafioso repenti de Cosa Nostra, la mafia sicilienne. Fin 2008, dans ses déclarations à la justice italienne, il avait affirmé que Silvio Berlusconi et Marcello Dell'Utri, un proche du Premier ministre italien, étaient, en 1992 et 1993, les interlocuteurs privilégiés dans le monde politique de Giuseppe Graviano, l'un des chefs de Cosa Nostra. A cette même période, la mafia avait perpétré une série d'attentats sanglants qui avait entraîné la naissance d'un climat sécuritaire en Italie. A quelques jours du procès en appel de Marcello Dell'Utri pour collusion mafieuse, la presse italienne avait révélé ces informations la semaine dernière.

Plus d'infos

  

Ce vendredi, Gaspare Spatuzza était donc appeler à témoigner à la barre. Pour l'occasion et afin de garantir une sécurité maximum, la Cour d'appel de Palerme avait été déplacée à Turin, dans le Nord du pays. Afin de ne pas être reconnu, Gaspare Spatuzza a comparu masqué et protégé par une vitre blindée.

"Le sérieux de ces personnes"

Pour la première fois publiquement, il a été réitéré ses accusations. Il a notamment déclaré que Giuseppe Graviano s'était félicité en 1994 d'"avoir tout obtenu grâce au sérieux de ces personnes", avant de citer nommément Silvio Berlusconi Marcello Dell'Utri.  Selon lui, le patron de Costa Nostra s'était vanté d'avoir "le pays entre ses mains" et que "tout le monde en tirerait profit, y compris ceux qui sont en prison". Le repenti a ajouté que Giuseppe Graviano "était content comme quelqu'un qui vient de gagner au loto ou d'avoir un enfant". A l'époque, Silvio Berlusconi était devenu Premier ministre pour la première fois, après avoir notamment fait campagne sur le sentiment d'insécurité né des attentats commis par la mafia.

"Serein et tranquille"

Avant même le témoignage du repenti, Marcello Dell'Utri, présent à Palerme, avait nié catégoriquement connaître ou avoir jamais rencontré Giuseppe Graviano. Il avait ensuite accusé la mafia de "vouloir faire tomber le gouvernement".

Sans surprise, Silvio Berlusconi, qui avait qualifié ces accusations "d'ignobles" dimanche dernier, les a également une nouvelle fois démenties. Dans un communiqué, il souligne qu'"il est tout à fait logique que la mafia  utilise un de ses membres pour faire des déclarations contre le chef d'un gouvernement qui a agi de façon déterminée et concrète contre le crime organisé". Selon des sources gouvernementales citées par les médias italiens, "Il Cavaliere" se dit "serein et tranquille". Il aurait même fait des plaisanteries sur le sujet en conseil des ministres.

Samedi, "un jour sans Berlusconi" ?

Un groupe de bloggeurs organise samedi une manifestation, baptisée "No Berlusconi day" ("Le jour sans Berlusconi") à Rome pour demander le départ du Premier ministre. Ils attendant au moins 350.000 personnes. D'autres défilés sont prévus en Italie, et même dans le monde, notamment à Londres, Paris et Sydney

La question

silvio berlusconi

Si vous étiez Italien, participeriez-vous au "No Berlusconi day" ?

Oui
Non

 

Les organisateurs, qui ont lancé leur initiative via le site Internet Noberlusconiday.org, affirment être indépendants de tout parti et qu'ils ne bénéficient que d'une aide logistique de certains. Ils n'acceptent la participation de personnalités politiques qu'à titre personnel. Ils disent également "respecter" le vote populaire qui a porté de nouveau Silvio Berlusconi au pouvoir en avril 2008. Mais ils affirment que cette victoire était uniquement due à "l'anomalie italienne où un seul homme contrôle trois télés privées et tout le réseau public".
 
A l'issue de la marche, les manifestants porteurs d'un objet violet ("seule couleur encore libre") écouteront des prises de parole sur le poids du "berlusconisme" dans la culture, la justice, l'éducation, l'entreprise, la vision du rôle des femmes, avant un concert.

Par F.A. (d'après agences) le 04 décembre 2009 à 16:26
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