Blair sur le gril de sa guerre en Irak

Par F.A., le 28 janvier 2010 à 17h52 , mis à jour le 29 janvier 2010 à 10h25

L'ancien Premier ministre britannique, qui témoigne ce vendredi devant la commission d'enquête, devra justifier pourquoi il a engagé son pays dans le conflit.

soldats britanniques irakArchives : soldats britanniques en Irak © Reuters

Après avoir entamé ses travaux fin novembre, la commission Chilcot, qui étudie les conditions d'engagement du Royaume-Uni dans la guerre en Irak, auditionne ce vendredi son témoin le plus attendu : Tony Blair. L'ancien Premier ministre britannique tentera de justifier la décision la plus controversée prise lors de son passage à Downing Street. Il s'exprimera pendant toute la journée dans une petite salle du centre de Londres. Derrière lui, un public tiré au sort : 80 places au total pour 3.000 demandes. Parmi les spectateurs, une vingtaine de proches de soldats britanniques tués pendant l'intervention militaire.

Plus d'infos

 
A l'extérieur de la salle de conférences, des manifestations sont prévues, notamment à l'appel de la coalition pacifiste Stop the War. Cette même coalition faisait partie des organisateurs des défilés monstres à Londres, où en février 2003, deux millions de manifestants avaient hurlé leur opposition à une intervention militaire en Irak. Sept ans plus tard, nombre de Britanniques n'ont toujours pas pardonné à Tony Blair d'avoir envoyé 45.000 soldats au front aux côtés des troupes américaines, en l'absence d'un feu vert explicite de l'Onu et malgré l'opposition farouche de plusieurs pays comme la France, l'Allemagne ou la Russie.

Sûr de son fait ?

De leur côté, les témoins qui se sont succédé depuis novembre 2009 devant la commission ont brossé le portrait en filigrane d'un Tony Blair sûr de son fait, persuadé de la légalité et de la légitimité d'une intervention, désireux d'obtenir le soutien de la communauté internationale mais acquis très tôt aux thèses guerrières de George W. Bush. Et prêt à le suivre coûte que coûte. Tony Blair lui-même n'a rien fait pour dissiper le doute. Lors d'une interview à la BBC mi-décembre, il a reconnu que même s'il avait su que Saddam Hussein n'avait pas d'ADM, il aurait "employé et développé d'autres arguments" pour justifier la guerre.

La question

TF1/LCI : Saddam Hussein réagissant en plein tribunal à l'annonce de sa condamnation à mort

La guerre en Irak contre Saddam Hussein était-elle justifiée ?

Oui
Non

 
 

Un changement de régime en Irak était-il son objectif dès 2002 ? A-t-il volontairement pipé les dés en exagérant la menace irakienne pour "vendre" cette guerre à une opinion -et à une partie de ses propres députés- qui n'en voulait pas ?  A-t-il dès 2002 promis en secret à son "ami" George W. Bush de participer à l'invasion de l'Irak avec ou sans l'aval explicite de l'Onu ? A-t-il forcé la main de son principal conseiller juridique pour lui faire dire in extremis, après des hésitations, qu'une guerre serait légale même sans nouveau feu vert des Nations unies?  Autant de questions sur lesquelles il est très attendu.

Par F.A. le 28 janvier 2010 à 17:52
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