Ces scanners qui "déshabillent" les passagers © TF1/LCILes Etats-Unis pressent les Européens d'équiper leurs grands aéroports de scanners corporels pour les vols vers les Etats-Unis ; ces derniers traînent les pieds. Et le dossier commence à empoisonner quelque peu les relations transatlantiques. Signe de son aspect dérangeant pour l'UE, les ministres européens de l'Intérieur ont temporisé jeudi, au motif que la réflexion sur cette technologie controversée n'était pas mûre. "Ce thème n'a pas fait l'objet de débat. Nous attendons des rapports de la Commission européenne" concernant "l'efficacité, les effets sur la santé" de ces scanners et les questions de respect de "l'intimité" qu'ils posent, a ainsi plaidé le ministre espagnol de l'Intérieur. "Une fois que nous aurons ces rapports sur la table, nous prendrons une décision".
Les radiations des scanners d'aéroports ne seraient pas dangereuses
Plus d'un millier de scanners corporels sont en cours de déploiement dans les aéroports américains. Une étude sur les conséquences pour al santé se veut rassurante.
Publié le 29/03/2011
La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, était pourtant venue spécialement à Tolède pour tenter d'obtenir cet accord, jugé indispensable par les Etats-Unis après la tentative d'attentat perpétré à Noël sur un vol Amsterdam-Detroit par un jeune Nigérian qui portait sur lui des explosifs non décelés lors des contrôles. Cette tentative a engendré un climat de psychose illustré encore cette semaine à plusieurs reprises : mercredi, une fausse alerte à l'explosif a entraîné la fermeture partielle de l'aéroport de Munich. Ce jeudi, un passager a été arrêté à Philadelphie, là encore pour une alerte à la bombe dans un avion. L'homme avait apparemment, après le décollage, fixé à sa tête un engin doté de fils, partant de ses doigts. On ignore toujours quel était au juste cet engin qui a provoqué l'alerte.
Les risques d'une action en ordre dispersé
Consciente des réserves européennes, la représentante américaine, attendant une réponse rapide, comptait essayer de rallier certains des 27 ministres de l'Intérieur réunis à Tolède qui, à ses yeux, pourraient faire la décision, comme le Français Brice Hortefeux. La France est en effet prête à tester ces appareils dans les aéroports parisiens. L'Italie est également bien disposée. Deux pays, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, ont déjà franchi le pas et sont en train d'équiper leurs aéroports. En revanche l'Allemagne et l'Espagne sont plus réservées. La première a annoncé jeudi une possible décision l'été prochain, sous certaines conditions. Mais l'Espagne, qui assure la présidence semestrielle de l'UE, a donné un coup de frein à ces tractations en réclamant une position européenne commune avant de prendre une décision.
Aucune règle européenne n'empêche en théorie les Etats de mettre en place des scanners corporels dans leurs aéroports en l'absence de politique commune. Mais une action en ordre dispersé serait dommageable pour l'UE et surtout inefficace, estime la Commission européenne. "Une action purement nationale peut faciliter l'action des terroristes qui exploiteront toujours les failles d'un pays", a averti le commissaire sortant chargé de la Justice et de la Sécurité, le Français Jacques Barrot.
Inquiétudes sur la vie privée
La demande américaine a toutefois d'autres adeptes au niveau de l'UE. Elle est notamment défendue par le coordonnateur européen de la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove. Mais il y met des conditions. "On ne devrait pas forcément utiliser systématiquement les appareils pour tous les passagers sur toutes les liaisons. On pourrait choisir certains vols et scanner leurs passagers et peut-être une partie des autres voyageurs", avait-il ainsi expliqué début janvier. "Si la protection de la vie privée est garantie, si les droits à la protection des données sont respectés et si les appareils permettent un contrôle plus efficace, je serais pour une décision rapide".
Mais justement, ces exigences pourraient être embarrassantes pour les Américains. Les scanners corporels actuels sont équipés de mémoires et peuvent même les transférer, affirme l'Electronic Privacy Information Center (EPIC), un centre de recherches de Washington. "Notre besoin de sécurité ne peut justifier des violations de la vie privée. L'usage des scanners corporels ne doit se faire que sur une base volontaire et les images doivent être immédiatement détruites", a averti la nouvelle commissaire désignée à la Justice Viviane Reding.
| L'Europe plus frileuse sur ses données bancaires ? |
Le Parlement européen va demander la suspension d'un accord qui devait permettre aux autorités américaines d'accéder à partir de février aux données bancaires des citoyens européens au nom de la lutte anti-terroriste. L'accord controversé permettrait au département américain du Trésor de continuer - comme il le fait depuis les attentats de septembre 2001 - à accéder aux informations bancaires gérées par Swift, une société privée installée près de Bruxelles. Celle-ci traite les flux financiers de près de 8000 banques dans le monde. Mais lors d'un débat mercredi, les députés européens ont multiplié les critiques sur le fond de ce texte, dans lequel ils voient un danger pour la protection des données personnelles. Sur la forme, ils se sont également insurgés contre le fait que le texte, portant sur la période allant de février à octobre 2010, ait été adopté fin novembre par les ministres européens de l'Intérieur sans consultation préalable du Parlement. Or, le Traité de Lisbonne qui est entré en vigueur... le lendemain de la décision, confère au Parlement européen le pouvoir de codécision dans de tels dossiers. |
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Les radiations des scanners d'aéroports ne seraient pas dangereuses
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