Geert Wilders, leader du PVV, le parti de la droite populiste néerlandaise © ReutersA trois mois d'élections législatives anticipées, les municipales néerlandaises se présentaient comme un scrutin test. Elles ont été marquées mercredi par le score du parti d'extrême droite du député néerlandais Geert Wilders, dont le fond de commerce est la volonté affichée de "lutter contre l'islamisation des Pays-Bas". Le Parti pour la liberté (PVV), créé en 2006, qui participait pour la première fois à des élections locales, et dans deux villes seulement, est arrivé en tête avec 21,6% des suffrages à Almere, une ville dortoir à l'est d'Amsterdam. Il devance même le parti travailliste (PvdA), arrivé en tête aux précédentes municipales en 2006, qui obtient 17,6%. Dans cette ville, il totalise 9 sièges sur un total de 39. A La Haye, siège du gouvernement, le parti de Wilders est arrivé en deuxième position, derrière le PvdA qui reste le premier parti. Le PVV y détient désormais 8 sièges de conseillers municipaux, contre 10 pour le PvdA.
Législatives néerlandaises : percée de l'extrême-droite
Selon un sondage sorti des urnes, le parti anti-islam de Geert Wilders arrive deuxième aux élections législatives anticipées des Pays-Bas, juste derrière le parti libérale et les travaillistes arrivés en tête avec 31 sièges chacun.
Publié le 09/06/2010
Pays-Bas : "la crise a montré les limites de l'extrême-droite"
<b> Interview -</b> Laurent Chambon, spécialiste des Pays-Bas, décrypte pour TF1 News les enjeux des législatives anticipées de ce mercredi. Le score de l'extrême-droite, qui tient un discours anti-islam, sera scruté à la loupe.
Publié le 09/06/2010
Les préoccupations locales dominent traditionnellement les élections municipales mais, à l'approche du scrutin national de juin, des thèmes plus généraux comme l'immigration, la sécurité et l'économie s'étaient invités dans la campagne. Geert Wilders, placé sous haute sécurité mercredi après avoir déjà reçu des menaces de mort, et qui compare l'islam au fascisme et le Coran à Mein Kampf d'Hitler, peut pavoiser. "Ce qui est possible à La Haye et Almere est possible dans tout le pays. C'est un tremplin pour notre victoire", a-t-il lancé.
Quel gouvernement naîtra des législatives ?
Un sondage réalisé mercredi à la sortie des urnes peut l'encourager : mené par l'institut Synovate pour la télévision publique et l'agence de presse ANP, il montre que si le scrutin avait été une élection législative, le PVV arriverait en troisième position, avec 24 sièges, contre 9 actuellement. Le CDA resterait le premier parti avec 29 sièges de députés mais perdrait 12 sièges. Il continuerait de devancer le parti travailliste qui obtiendrait 27 sièges contre 33 actuellement. L'extrême droite s'installerait ainsi dans une position incontournable au milieu du paysage politique.
Aux élections européennes de juin 2009, le parti de Wilders avait obtenu 16,7% des voix, deuxième derrière le CDA du Premier ministre démissionnaire Jan Peter Balkenende, et avait fait son entrée au parlement européen. Il détient 9 sièges de députés sur 150 à la chambre basse du parlement néerlandais. Désormais, le Parti de la liberté devance ou talonne dans les sondages le CDA, principal parti de la coalition de centre-gauche qui avait démissionné le 20 février, victime de ses dissensions sur une éventuelle prolongation de la mission des Pays-Bas en Afghanistan, souhaitée par l'Otan. Du coup, les prochaines législatives pourraient déboucher sur une situation politique complexe et contraindre les chrétiens-démocrates du CDA à composer avec le PVV pour constituer un gouvernement.
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