Silvio Berlusconi votant lors des régionales italiennes (28 mars 2010) © TF1/LCIIl Cavaliere s'en sortira-t-il indemne ? Les Italiens ont voté dimanche au premier jour des élections régionales partielles, un scrutin que Silvio Berlusconi souhaite transformer en plébiscite pour son gouvernement mais sur lequel plane l'ombre de l'abstentionnisme. Près de 41 millions d'électeurs étaient appelés à voter sur deux jours pour les présidents de 13 des 20 régions du pays. Les quelque 50.000 bureaux de vote, fermés dimanche à 21 heures, ouvriront de nouveau lundi de 6 heures à 14 heures lorsque commencera le dépouillement des bulletins. Les premières projections des résultats sont attendues lundi vers 14 heures.
Très cher divorce pour Berlusconi
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Selon des chiffres provisoires du ministère de l'Intérieur portant sur neuf des treize régions en jeu, les quatre autres gérant de manière indépendante les résultats, le taux de participation à 21 heures était d'environ 47,5%, en baisse de neuf points par rapports aux régionales de 2005 (56,4% à la même heure), ce qui confirmait les craintes de la droite d'une hausse importante de l'abstention. Le scrutin est, "à première vue, surtout un maxi-sondage sur le gouvernement de Silvio Berlusconi", relève le principal quotidien de la péninsule, Corriere della Sera, dans son éditorial.
En effet, comme à chaque échéance électorale, le chef du gouvernement italien "a transformé ce vote en plébiscite" en s'impliquant à la première personne dans la campagne des régionales, note le politologue français Marc Lazar, spécialiste de l'Italie. Le scrutin a pris valeur de test national pour le gouvernement Berlusconi, au pouvoir depuis deux ans, car ce sera le seul avant les législatives de 2013. Avec une popularité en recul, mais encore à 44% et que "beaucoup de leaders européens lui envient", note Marc Lazar, le magnat des médias s'est dépensé sans compter : interviews à la télévision et à la radio, participation à des meetings du nord au sud de l'Italie. Objectif : éviter que les électeurs ne désertent les urnes, en particulier ceux de sa formation, le Peuple de la liberté (PDL).
Scandales et cafouillages
Le PDL a en effet été discrédité par l'arrestation en février d'élus surpris en train de toucher des pots-de-vin. Puis début mars, les dépôts de listes du PDL en Lombardie et dans le Latium ont fait l'objet de cafouillages : signatures non authentifiées, remise hors délai. Nando Pagnoncelli, de l'institut Ipsos, confirme "un risque de montée de l'abstention", dû à "la forte préoccupation pour l'emploi et à l'impression que la classe politique et les médias parlent de toute autre chose que de la crise". Toutefois, selon l'éditorialiste du Corriere della Sera Massimo Franco, la majorité "veut croire à une inversion de tendance" depuis sa grande manifestation à Rome et anticipe un recul de la participation limité à "4 ou 5 points" (71,4% en 2005).
Silvio Berlusconi a d'ores et déjà revu à la baisse ses ambitions : s'il visait initialement 6 régions contre 7 pour l'opposition de gauche, il mise désormais sur 4 victoires (la Lombardie et la Vénétie, deux fiefs de la droite, auxquelles viendraient s'ajouter la Campanie et la Calabre). Cinq, dont la Toscane et l'Emilie-Romagne, devraient rester dans l'escarcelle du centre-gauche, dont la principale force, le Parti démocrate, "voit son indice de confiance remonter", note Nando Pagnoncelli. Quatre autres actuellement aux mains de l'opposition peuvent basculer : le Piémont, suivi de la Ligurie, des Pouilles et du Latium, selon les politologues.
Mais les regards seront braqués lundi sur le Piémont, où le candidat de la droite, Roberto Cota, un quadragénaire de la Ligue du Nord, est au coude à coude avec sa rivale de gauche Mercedes Bresso. Dans une interview, le chef de ce mouvement anti-immigrés, Umberto Bossi, a jugé "assez logique" que sa formation progresse et puisse dépasser le PDL dans le nord (Vénétie, Piémont, Lombardie). Au risque de faire tanguer la coalition gouvernementale "car la Ligue fera payer très cher l'addition" à Berlusconi, observe Marc Lazar, notamment pour accentuer l'autonomie régionale déjà forte.
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