© JOHN D MCHUGH /AFPAvec 41,44 % d'abstention aux dernières municipales, les villes néerlandaises sont prêtes à tout pour inciter leurs habitants à voter le 3 mars prochain. "Nuit des élections", bureaux de vote dans un bus ou textos : elles débordent d'idées pour lutter contre l'abstention. "Nous voulons toucher un maximum de gens en rendant les élections plus ludiques et plus amusantes", explique Tina Erhami, porte-parole de la municipalité de La Haye, qui détenait au dernier scrutin le taux le plus élevé d'abstention parmi les grandes villes.
Une "nuit des élections", la première organisée en Europe selon la mairie, proposera des concerts, des spectacles de danse et aussi des débats électoraux dans le centre de La Haye durant la nuit de mardi à mercredi."Nous essayons d'attirer les jeunes", souligne Tina Erhami. A minuit précise, un bureau de vote ouvrira ses portes dans un centre culturel à deux pas de la Grand-Place.
Mais les jeunes ne sont pas les seuls visés à La Haye. Deux bureaux de vote mobiles seront installés dans un tram et un bus des années 60 et 70. Objectif : " toucher la nostalgie des habitants âgés".
Des dépliants en turc et en arabe
A Amsterdam, il était possible de s'inscrire pour recevoir ce mercredi un texto de rappel. "Tu as une si bonne voix, ce serait dommage de ne pas l'utiliser", indiquera le message. La municipalité a voulu impliquer les jeunes dans l'organisation du scrutin. Une formation d'assesseur a été offerte à 500 étudiants qui officieront dans les 617 bureaux de vote de la ville. A Rotterdam, des bureaux de vote seront installés à la gare centrale pour permettre aux voyageurs de voter en allant travailler ou en rentrant chez eux.
Certains partis politiques ont également voulu innover afin de toucher un électorat plus large. Par exemple, le parti travailliste PvdA d'Amsterdam a imprimé au dos de ses dépliants la traduction en turc et en marocain du texte en néerlandais se trouvant au recto. "C'est pour les vieux habitants d'Amsterdam d'origine turque ou marocaine qui ne parlent pas toujours bien néerlandais", explique Simone van Geest, une porte-parole du parti travailliste. Une initiative qui ne devrait pas être du goût du Parti pour la Liberté, qui se dit investi d'une "mission" : "lutter contre l'islamisation des Pays-Bas". Selon les derniers sondages, ce parti d'extrême droite, dirigé par Geert Wilders pourrait rafler la mise. A trois mois des législatives anticipées, il ferait alors figure d'épouvantail.
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