Herman Van Rompuy, le 29 octobre 2009 © ReutersCertes, Herman Van Rompuy ne brille ni par son charme, ni par son charisme, et on ne peut pas dire qu'il se soit acquis pour l'heure une grande visibilité internationale en tant que président de l'Union Européenne - même si on peut porter à son crédit les premiers efforts concertés pour créer un véritable "gouvernement économique" européen. Mais nul ne le traitera impunément de "serpillère", et surtout pas un élu britannique pour lequel tout ce qui a trait à l'Union est suspect par nature. Ou alors, ce sera une serpillère de grand luxe... Pour avoir tenté l'expérience et avoir ainsi fait la démonstration, à la face du monde et de l'Europe, qu'en matière de politique européenne l'incorrection et le mauvais goût n'ont pas de limite, le député europhobe britannique Nigel Farage a été condamné à une amende d'environ 3000 euros.
Quand Van Rompuy se fait traiter de "serpillère"
Le chef de file des europhobes britanniques au Parlement a créé un esclandre mercredi en insultant le président du Conseil européen, à "l'apparence d'un petit employé de banque".
Publié le 25/02/2010
C'est notre président... mais il devra convaincre
Herman Van Rompuy, tout fraîchement nommé à la présidence de l'UE, concentre déjà sur lui les critiques. De même que Catherine Ashton, nommée aux Affaires étrangères.
Publié le 20/11/2009
Tout avait commencé mercredi dernier, lorsque, au cours d'une intervention au Parlement européen, Nigel Farage avait déclaré à l'adresse de Herman Van Rompuy : "Vous avez le charisme d'une serpillière humide et l'apparence d'un petit employé de banque". L'accusant de vouloir mettre fin aux Etats-nations, l'élu, chef du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, qui réclame la sortie de son pays hors de l'UE, lui avait lancé : "C'est peut-être parce que vous venez de Belgique, qui est un non-pays". Tollé parmi les élus européens ; et le Premier ministre belge, Yves Leterme, avait officiellement protesté après ces insultes proférées contre son pays par l'élu britannique.
Des excuses, oui... aux employés de banque
Le dénouement de ce mini-psychodrame dont les instances européennes sont friandes aura pris un peu moins d'une semaine. Convoqué dans la journée de mardi par le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, pour ses propos peu amènes visant l'ancien Premier ministre belge, Nigel Farage a refusé de présenter des excuses, se réclamant de la "liberté d'expression". En conséquence, Jerzy Buzek a décidé de suspendre pendant dix jours ses indemnités journalières parlementaires, qui s'élèvent à 298 euros par jour.
"Il espérait vraiment que je cède aujourd'hui, et je ne l'ai pas fait", a fièrement déclaré l'eurodéputé après cette rencontre, ajoutant qu'il comptait faire appel de cette amende. Et il a campé sur ses positions. "Si j'ai des excuses à présenter, elles sont destinées aux employés de banque. Si j'en ai blessé certains je suis vraiment désolé", a-t-il commenté. Réponse sobre du président du Parlement européen : "Je défends absolument le droit de M. Farage à exprimer son désaccord au sujet de la politique ou des institutions de l'Union européenne, mais pas celui d'insulter personnellement nos hôtes au sein du Parlement européen ou leur pays d'origine".
Jerzy Buzek s'est déclaré "déçu" par le comportement du chef de file des députés europhobes britanniques. "Je l'ai invité à s'excuser mais il a refusé", a regretté le président du Parlement. Mais on ne fait pas reculer comme ça Nigel Farage : "Je ne vais pas m'excuser auprès de Herman Van Rompuy. Je ne vais pas m'excuser auprès du Parlement européen et je ne vais certainement pas m'excuser auprès des Belges", a soutenu mordicus le chef du UKIP.
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