Elections isoloir © TF1/LCILa victoire du parti Fidesz était attendue - et elle est écrasante : le parti d'opposition de droite est sorti grand vainqueur du premier tour des législatives dimanche en Hongrie, avec près de 53% des suffrages, et est déjà assuré de détenir au moins 206 sièges sur les 386 du parlement monocaméral. Le premier tour de scrutin a permis de répartir un total de 265 sièges entre les quatre partis représentés. Il faudra cependant attendre le deuxième tour le 25 avril pour savoir si le Fidesz disposera de la majorité des deux tiers dans la nouvelle assemblée, ce qui lui permettrait de réviser la Constitution.
Son charismatique dirigeant, l'ex-Premier ministre Viktor Orban, âgé de 46 ans, a ainsi réussi à prendre sa revanche sur les socialistes et à mettre un terme à son purgatoire de huit années dans l'opposition. "Les Hongrois ont choisi l'union, la sécurité et l'ordre, ils ont voté pour la Hongrie, pour l'avenir", a-t-il lancé sous les applaudissements de plusieurs centaines de ses fidèles dans le centre de Budapest dimanche soir. "Aujourd'hui les Hongrois ont vaincu le désespoir" a-t-il ajouté, tout en reconnaissant qu'il était conscient de "l'immense défi auquel (il allait) devoir faire face".
L'extrême droite talonne le parti socialiste
L'extrême droite hongroise du parti Jobbik, créé seulement en 2003, a, elle, réussi une percée en atteignant 16,71% pour son entrée au parlement national. Le parti, connu pour ses prises de position racistes, antisémites et contre les Roms, améliore donc son score des élections européennes en juin 2009 (près de 15%). Le Jobbik a remporté "un bon résultat car nous sommes devenus un parti du même poids que le MSZP" (socialiste), s'est réjoui son élu européen Zoltan Balczo à la télévision.
Grand perdant, le Parti socialiste MSZP se maintient toutefois à la deuxième place avec 19,29% des voix, une chute spectaculaire par rapport à 2006. "Nous sommes maintenant la force la plus importante de l'opposition et nous allons défendre nos résultats obtenus dans la gestion de la crise" économique, a souligné sa présidente, Ildiko Lendvai. Dernier arrivé dans l'arène politique, le petit parti de la gauche écologiste LMP, créé en 2009, a réussi, contrairement aux prévisions des sondages, à franchir la barre des 5% des voix nécessaires pour être représenté au Parlement. Avec une campagne axée sur le mot d'ordre "la politique peut être différente", il a obtenu un succès d'estime de 7,42% des suffrages.
Un vote sur fond de pénible sortie de crise
Très affectée par la crise financière, la Hongrie a été sauvée de justesse de la faillite en octobre 2008 par un prêt de 20 milliards d'euros du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de l'Union européenne. Dix-huit mois plus tard, le pays compte parmi ceux dont les finances ont été les mieux assainies grâce à une politique drastique d'économies budgétaires, imposée par le FMI et l'UE.
Les dernières élections législatives en 2006 avaient été remportées par les socialistes avec 43,21% contre 42,03% aux conservateurs du Fidesz. Les socialistes avaient alors formé une coalition gouvernementale avec les libéraux du SZDSZ. Toutefois les ministres libéraux ont quitté le gouvernement en avril 2009 laissant le pouvoir à un gouvernement socialiste minoritaire, conduit depuis un an par un Premier ministre technocrate et sans parti, Gordon Bajnai. Ce dernier, qui s'était engagé à ne rester à la tête du gouvernement que pendant un an jusqu'à ces élections, a ramené le déficit public à 4% du Produit intérieur brut l'an dernier et stabilisé le forint, la devise hongroise, afin de regagner la confiance des marchés financiers. Il a si bien réussi que le gouvernement a pu récemment se passer des dernières tranches du prêt international. Mais au prix de sacrifices qui se paient sans doute aujourd'hui dans les urnes.
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