Pour tout abonnement au magazine, un gigolo offert

Par , le 23 avril 2010 à 17h11 , mis à jour le 23 avril 2010 à 18h14

Le mensuel néerlandais Linda offre à ses nouvelles lectrices la possibilité de passer deux heures avec un amant de passage. L'offre est controversée.

Linda gigoloLa couverture du numéro 69 de Linda © DR

La lectrice qui s'abonne à un magazine féminin se voit offrir en guise de bienvenue une cohorte de cadeaux. Parapluie, sac de voyage, serviette de plage... L'été arrivant, les présents se font parfois plus olé olé : en tête, le sempiternel petit canard qui fait du bien. Aujourd'hui, un magazine va plus loin dans le coquin. Jusqu'à frôler le scabreux.
 
A l'occasion de son numéro 69, le mensuel néerlandais Linda offre à ses nouvelles abonnées la possibilité de passer deux heures avec un gigolo. Pour cela, il ne suffit pas simplement de signer un chèque et de souscrire pour un an, il faut motiver son envie d'avoir un rendez-vous avec un amant de passage. Il y aura 25 gagnantes. Les autres abonnées se verront offrir un sac en cuir. Sans doute moins drôle, mais plus pratique car le sac, elles pourront le garder.

Un godemichet dans la table de chevet
 
Jointe par TF1 News, la rédactrice en chef de Linda, Jildou van der Bijl s'explique : "Le thème de ce numéro est l'adultère. Avec cette promotion, nous avons voulu briser le tabou de femmes qui paient pour le sexe. Pourquoi est-ce si admis pour un homme d'aller voir une prostituée, tandis que pour les femmes c'est beaucoup plus rare ?" Et la journaliste précise qu'au sein de la rédaction, qui compte aussi des hommes, cette idée a tout de suite été bien reçue. "Du côté de la morale, comme de l'éthique". Le journal interviewera après anonymement ces nouvelles lectrices afin de recueillir leur expérience.
 
Le sexe comme instrument promotionnel n'a rien de nouveau au Royaume des Bataves : cela fait des années que l'hebdomadaire féminin Viva offre un vibromasseur aux nouvelles abonnées. "Aujourd'hui, presque chaque Néerlandaise a son godemichet Viva dans sa table de chevet", raconte Stefan de Vries, correspondant néerlandais à Paris. Pour ce journaliste, l'action n'a donc rien d'étonnant : "Cela s'inscrit dans la longue tradition mercantile du pays. Ici, la prostitution est considérée comme un service, donc légalement il n'y a pas de différence entre une prostituée, un avocat ou un plombier, tant que chacun respecte les règles."

"Cela s'apparente à du proxénétisme"
 
Mais du côté des péripatéticiennes, l'engouement est moindre. Ainsi, Metje Blaak, porte-parole du syndicat des prostitués Le Fil Rouge à Amsterdam, est catégorique: "C'est idiot ! Mais qu'est-ce qu'ils veulent atteindre ? C'est de l'exploitation de ces hommes. C'est du racolage et en plus un prostitué doit toujours pouvoir refuser un client. Que fera ce gigolo face à une dame qui a 103 ans ?" Selon la rédactrice en chef de Linda, ces messieurs faisant commerce de leur corps peuvent très bien refuser les clients. Le coût de ce plaisir payant ? La bagatelle de 450 euros les deux heures.

L'offre a causé la rupture temporaire du site web, mais les nouvelles abonnées se font encore désirer : "jusqu'à jeudi après-midi, nous n'avons reçu que sept lettres de nouvelles abonnées candidates pour le gigolo, avoue Van der Bijl un peu déçue. Peut être qu'elles n'osent pas..."
 
Reste une zone d'ombre à éclaircir. "Le fait que le magazine profite des prostitués s'apparente à du proxénétisme, qui est sévèrement puni aux Pays-Bas", explique le journaliste Stefan de Vries. Interrogée sur cette question la rédactrice en chef de Linda s'étonne : "Ah oui... En effet, nous n'avons pas consulté nos juristes. Je vais le faire tout de suite pour être sûre que l'on respecte la loi !"

Le magazine Linda vend chaque mois 175.000 exemplaires. Il porte le prénom de Linda de Mol, une animatrice de télé très connue aux Pays-Bas et en Allemagne, également sœur de John, le fondateur d'Endemol et l'inventeur des émissions telles que Big Brother, Le loft... Linda de Mol fait la couverture de chaque numéro. Aux Pays-Bas de nombreuses personnalités ont leur propre mensuel qui porte leurs prénoms. Ces magazines connaissent depuis quelques années un très grand succès public. Avec ou sans cadeau d'abonnement.

Par Amélie Gautier le 23 avril 2010 à 17:11
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28 Commentaires

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  • lfpl, le 25/04/2010 à 10h39

    Mais ça l'est toujours! cela ne dépend que de soi

  • spounge_bob, le 24/04/2010 à 21h18

    Pas moi, j'étais pas née...

  • ffej78, le 24/04/2010 à 20h01

    Le sexe était un amusement il y a pas mal d'années, avant la Renaissance, sans distinction homme ou femme, mais qui s'en souvient?

  • fgi, le 24/04/2010 à 19h33

    Ils ont eu raison de le faire puisque manifestement ce Tabou existe encore : brisons tous les tabous, parlons de tous ouvertement.

  • inspatatrac, le 24/04/2010 à 17h42

    Si vous confondez decadence et avance alors oui ils sont plus avances...mais ne vous inquietez pas nous ne sommes pas loin derriere...bientot les pays emergents vous dicteront ce que vous devez faire pour gagner votre vie...en effet la decadence n a jamais permis a un pays de rester maitre de son destin !!!

  • isatis54, le 24/04/2010 à 17h27

    Les hommes ont leurs besoins loll et les femmes non ?

  • did004785, le 24/04/2010 à 15h58

    C'est Claudia sur la couverture. Qu'est-ce qu'elle est belle!!!

  • agnes9999, le 24/04/2010 à 11h33

    Mais ça se fait déjà très cher, quant on adhère à un club de foot ! ah, vous n'êtes pas footballeur, vous, ça se voit !!!

  • ulyse-31, le 24/04/2010 à 10h48

    Je trouve cette idee extra ordinaire, bon si j etais un mec et que ma copinne s abonne je me poserai quand meme qq questions ;-) lol, a quand la meme en France

  • lenicois55555, le 24/04/2010 à 09h02

    Une femme qui veut se payer un homme n'a pas besoin d'un magazine. Un magazine qui propose des prostitués à des femmes est un proxénète : il tire un bénéfice financier en faisant commerce des corps. Un rappel à la loi devrait s'imposer. Ceci est aussi valable pour quiconque propose une femme à un homme pour de l'argent ou un autre avantage. Les médias sont elles au-dessus des lois, voilà la vraie question...

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