Il les avait pourtant prévenus: "ça va cramer ce soir". L'affaire révélée par le journal suisse Le Matin laisse planer le doute sur les gardiens et la police suisses après que Skander Vogt, un détenu âgé de 30 ans, est mort le 11 mars dernier, asphyxié dans sa cellule de prison du canton de Vaud. Le 10 mars, les gardiens lui confisquent sa radio, Skander Vogt s'énerve et décide de mettre le feu à son matelas. Alerté par le détenu lui-même, les gardiens n'interviennent pas immédiatement.
Pire, ils auraient délibérément choisi de ne pas secourir le détenu, le laissant pendant une heure et demie dans sa cellule envahie par la fumée. Le journal suisse Le Matin avait publié un compte-rendu accablant des conversations téléphoniques attribuées aux responsables du pénitencier de Bochuz (ouest), où il avait été incarcéré, et aux services de secours.
Des propos "malheureux" selon les autorités suisses
De son côté, RTL diffuse dimanche des extraits sonores de cette même conversation. Une voix présentée comme celle du gardien explique: "Il peut cramer, ça fait cinquante minutes qu'il respire la fumée", un agent répond: "ouais, ben cela lui fait du bien". Demandant une intervention des forces spéciales, les interlocuteurs parlent du détenu en le qualifiant de "connard" auquel il faut mettre "une démerdée". Le détenu sera retrouvé mort dans sa cellule.
Selon Le Matin, le gouvernement vaudois regrette les propos "inadéquats" prononcés par les fonctionnaires lors du décès du détenu. Le commandant de la police Jacques Antenen a aussi regretté des propos "malheureux". "Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances qui ont amené au décès de (Skander) Vogt", a indiqué à l'AFP le substitut du juge d'instruction du canton de Vaud, Daniel Stoll. L'enquête doit permettre de "savoir minute par minute comment les faits se sont passés dans la prison, et après on en tirera les conséquences", a-t-il poursuivi.
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